Peuton se voir tel que l'on est ? La conscience est-elle source d'illusions ? L'homme est-il condamnĂ© Ă  se faire des illusions sur lui-mĂȘme ? La conscience peut-elle nous cacher ce que nous sommes ? Pourquoi vouloir se connaĂźtre ? La conscience de soi est-elle trompeuse ? Peut-on ĂȘtre en conflit avec soi-mĂȘme ?
N'oubliez pas de cliquer sur les liens des diffĂ©rentes problĂ©matiques, afin d'accĂ©der Ă  un choix de textes relatifs Ă  cette problĂ©matique particuliĂšre. - Est-ce par la conscience qu'il faut dĂ©finir l'homme ? I. Origine et caractĂ©ristiques de la conscience - Que faut-il entendre par "ĂȘtre conscient" ? - Qu'est-ce que prendre conscience ? - Comment sait-on qu'un autre ĂȘtre est conscient ? - La duplicitĂ© de la conscience rend-elle inutile l'hypothĂšse de l'inconscient ? - Est-ce que l'attention est la caractĂ©ristique essentielle de la conscience ? - N'exprime-t-on que ce dont on a conscience ? - Quelle relation la conscience entretient-elle avec ses objets ? - La conscience est sĂ©lective - La phĂ©nomĂ©nologie husserlienne a. La thĂšse de l'attitude naturelle analysĂ©e par Husserl b. La phĂ©nomĂ©nologie husserlienne proprement dite c. La phĂ©nomĂ©nologie husserlienne par les exemples 3. SubjectivitĂ© et objectivitĂ© de la conscience - La conscience peut-elle ĂȘtre objective ? - La conscience nous montre-t-elle la rĂ©alitĂ© telle qu'elle est ? a. Conscience et subjectivitĂ© b. La conscience de la rĂ©alitĂ© - Quels sont les obstacles Ă  la prise de conscience de la rĂ©alitĂ© ? 4. La conscience mĂ©diate ou immĂ©diate ? - Dans quelle mesure peut-on affirmer que la conscience n'est pas un donnĂ© mais une tĂąche ? - "Croyant possĂ©der la conscience, les hommes se sont donnĂ© peu de mal pour l'acquĂ©rir." Quel sens donner Ă  cette rĂ©flexion ? - Sommes-nous conscients ou avons-nous Ă  nous rendre conscients ? - Quelle relation la conscience entretient-elle avec ses objets ? - La conscience ne s'exprime-t-elle que dans la nĂ©gation ? - Est-ce dans la solitude que l'on prend conscience de soi ? - La conscience de soi suppose-t-elle autrui ? - Pour ĂȘtre soi-mĂȘme, faut-il se diffĂ©rencier des autres ? - Les autres nous aident-ils Ă  nous connaĂźtre ou nous en empĂȘchent-ils ? - Puis-je attendre d'autrui qu'il m'apporte une vĂ©ritĂ© sur moi-mĂȘme ? - Suffit-il d'ĂȘtre diffĂ©rent des autres pour ĂȘtre soi-mĂȘme ? a. Conscience et sociĂ©tĂ© - La conscience de l'individu n'est-elle que le reflet de la sociĂ©tĂ© Ă  laquelle il appartient ? - Est-on fondĂ© Ă  affirmer l'existence d'une conscience collective ? II. La conscience de soi - Le moi est-il ce qui se cache ou ce qui se manifeste ? - Comment comprendre la notion de vie intĂ©rieure ? - Suis-je dans mon corps "comme un pilote dans son navire" ? - Comment sait-on que quelqu'un est conscient de ce qu'il fait ? - La conscience n'est-elle tournĂ©e que vers elle-mĂȘme ? - "La conscience enferme un refus de soi ; on ne connaĂźt de soi que ce qu'on change." Quelles rĂ©flexions vous suggĂšre cette pensĂ©e d'Alain ? - La question "qui suis-je ?" admet-elle une rĂ©ponse exacte ? - Être conscient de soi est-ce ĂȘtre maĂźtre de soi ? - Pourquoi chercher Ă  se connaĂźtre soi-mĂȘme ? - La conscience immĂ©diate de soi est-elle connaissance de soi ? - "Connais-toi toi-mĂȘme." À quels obstacles se heurte cette exigence ? - Peut-on se connaĂźtre soi-mĂȘme ? - Est-il plus facile de connaĂźtre autrui que de se connaĂźtre soi-mĂȘme ? - Comment puis-je savoir qui je suis ? - Que peut-on savoir de soi ? - L'homme est-il condamnĂ© Ă  se faire des illusions sur lui-mĂȘme ? - La maĂźtrise de soi dĂ©pend-elle de la connaissance de soi ? - Si la connaissance de soi est utopique, devons-nous pour autant y renoncer ? - Est-il vrai de dire que "l'observation directe de soi est loin de suffire pour apprendre Ă  se connaĂźtre " ? - La connaissance de soi peut-elle ĂȘtre sincĂšre ? - La conscience de soi est-elle une connaissance ? b. La conscience vĂ©ridique ou trompeuse ? - La conscience peut-elle ĂȘtre objective ? - La conscience peut-elle nous tromper ? - Suis-je ce que j'ai conscience d'ĂȘtre ? - Suis-je ce que je crois ĂȘtre ? - Toute conscience de soi est-elle une illusion sur soi ? - La conscience est-elle source d'illusions ? - Peut-on se mentir Ă  soi-mĂȘme ? - Le moi s'identifie-t-il Ă  la conscience ? - Peut-on ne pas ĂȘtre soi-mĂȘme? - Suffit-il d'ĂȘtre diffĂ©rent des autres pour ĂȘtre soi-mĂȘme ? - Doit-on apprendre Ă  devenir soi-mĂȘme ? - Suis-je le mieux placĂ© pour savoir ce que je suis ? - L'expression " ĂȘtre soi-mĂȘme " a-t-elle un sens ? - Mon identitĂ© dĂ©pend-elle de ma culture ? - Prendre conscience de soi, est-ce devenir Ă©tranger Ă  soi-mĂȘme ? - Qu'est-ce qu'une personne ? - Y a-t-il continuitĂ© de l'ĂȘtre vivant Ă  la personne ? - Pourquoi dois-je respecter la personne ? - Le respect n'est-il dĂ» qu'Ă  la personne ? - Toutes les personnes ont-elles droit Ă  un Ă©gal respect ? - Respecter l'autre, est-ce respecter en lui la personne humaine ? d. La dimension temporelle de l'identitĂ© - Suis-je ce que mon passĂ© a fait de moi ? - Peut-on dire qu'on change avec le temps ? - Peut-on dire que je change avec le temps ? - Peut-on changer avec le temps ? - Qu'est-ce que rester soi-mĂȘme ? 4. Conscience et libertĂ© - La conscience est-elle source de libertĂ© ou de contrainte ? - Toute prise de conscience est-elle libĂ©ratrice ? III. La conscience morale - Qu'est-ce qui, en moi, me dit ce que je dois faire ? - Quelle origine assignez-vous Ă  la mauvaise conscience ? - La conscience morale est-elle naturelle Ă  l'homme ? - La conscience morale n'est-elle que le rĂ©sultat de l'Ă©ducation ? - Agir selon sa conscience, est-ce agir selon ses valeurs personnelles ? - Écouter la voie de la conscience, est-ce Ă©couter celle de la raison ? - La conscience morale ne provient-elle que de l'Ă©preuve de la faute ? - Sur quoi ma conscience morale fonde-t-elle sa lĂ©gitimitĂ© ? - Peut-on dire que toute conscience est une conscience morale ? - Qu'y a-t-il Ă  reprocher Ă  la bonne conscience ? - Suffit-il d'avoir bonne conscience pour ĂȘtre innocent ? - Etre maĂźtre de soi, est-ce une visĂ©e illusoire ? - Peut-on Ă©chapper aux exigences de la conscience ? - Suffit-il d'avoir bonne conscience pour ĂȘtre innocent ? - La conscience peut-elle ĂȘtre un obstacle pour l'action ? - Peut-on ĂȘtre immoral sans le savoir ? - Suis-je responsable de ce dont je n'ai pas conscience ? - Suffit-il d'ĂȘtre conscient de ses actes pour en ĂȘtre responsable ? - Pourquoi l'homme peut-il parfois dĂ©sirer l'inconscience ? - La conscience peut-elle ĂȘtre un fardeau ? - Quel sens peut-on donner Ă  l'expression c'est plus fort que moi ? - L'indignation morale dispense-t-elle de l'analyse ? IV. La conscience en rapport aux autres notions du programme - La conscience de ce que nous sommes peut-elle faire obstacle Ă  notre bonheur ?- L'expĂ©rience de l'oeuvre d'art modifie-t-elle la conscience que nous avons du monde ? Date de crĂ©ation 09/12/2005 1701 DerniĂšre modification 08/07/2019 1222 CatĂ©gorie Page lue 22037 fois
Laconscience de soi est-elle trompeuse ? Par 4 Novembre 2019 ‱ Commentaire de texte ‱ 2 465 Mots (10 Pages) ‱ 1 037 Vues.
1 la vĂ©ritĂ© de la reprĂ©sentation de soi On a dĂ©jĂ  indiquĂ© plusieurs fois que la vĂ©ritĂ© de la reprĂ©sentation de soi ne pouvait pas ĂȘtre simplement pensĂ©e Ă  partir de l’idĂ©e d’une adĂ©quation entre une image intĂ©rieure et une rĂ©alitĂ© extĂ©rieure et qu’elle devait aussi et avant tout ĂȘtre pensĂ©e Ă  partir de la place de la reprĂ©sentation de soi dans l’accomplissement de son essence. Toute reprĂ©sentation qui n’en participe pas peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme trompeuse, car elle me dĂ©tourne de ma vĂ©ritĂ©. Il s’agit donc cette fois de la vĂ©ritĂ© de l’existence, de sa capacitĂ© Ă  ĂȘtre en vĂ©ritĂ©, Ă  laquelle est subordonnĂ©e toute objectivation de soi. DĂšs lors, la question de la vĂ©ritĂ© ou de la non-vĂ©ritĂ© de la reprĂ©sentation de soi n’est pas purement gnosĂ©ologique, mais elle est Ă©galement pratique, puisqu’elle engage le sens de mon action, et Ă©thique, puisqu’elle dĂ©termine mon devoir ĂȘtre. On comprend alors que ce fut peut-ĂȘtre un tort de trop limiter l’interrogation sur le caractĂšre trompeur ou non des reprĂ©sentations de moi-mĂȘme Ă  la seule sphĂšre solipsiste et qu’il n’y a peut-ĂȘtre de rĂ©ponse Ă  cette question qu’à partir de notre ĂȘtre au monde. Notamment, l’interdit Ă©thique du mensonge, qui est au cƓur de la rĂ©flexion morale de saint Augustin Ă  Kant mĂȘme si ensuite Nietzsche va le mettre en cause, mĂȘme quand il passe du statut de reprĂ©sentation subjective Ă  celui de reprĂ©sentation objective universelle que toute subjectivitĂ© doit vouloir, demeure tout de mĂȘme une auto-dĂ©termination dont on peut douter de la force d’obligation. La reprĂ©sentation de son soi Ă©thique ne vient-elle que de soi ou bien ne trouve-t-elle pas plus de force quand elle vient du monde ou quand elle vient d’autrui qui me demande, dans une situation concrĂšte, qui je suis ? Certes, dans la reprĂ©sentation de moi-mĂȘme, je peux ĂȘtre dans le mensonge, dans l’illusion volontaire, dans le bavardage de celui qui ne cesse de mettre sa vie en scĂšne et finit par oublier de la vivre, ou encore dans cette vaine curiositĂ© qui me fait m’attacher Ă  tout ce qui en moi est Ă©trange, particulier, Ă  tout ce qui me sort de l’ordinaire, mais qu’est-ce qui peut me libĂ©rer de cela si ce ne sont les devoirs que le monde et autrui me donnent ? Tant que je ne fais que m’obliger moi-mĂȘme ma reprĂ©sentation de moi-mĂȘme ne risque-t-elle pas d’ĂȘtre toujours trompeuse, car me dĂ©tournant de la vĂ©ritĂ© de mon existence. ? Selon cette nouvelle perspective, la reprĂ©sentation peut sans doute s’éloigner de son sens latin, voire romain disent certains, de la maĂźtrise de soi, pour prendre la signification, dĂ©jĂ  suggĂ©rĂ©e avec la dimension temporelle, d’un acte de prĂ©sence, d’une ouverture Ă  ce qui s’annonce, d’une ouverture Ă  l’avenir, dans la mesure oĂč le monde et autrui me donnent mon avenir en me requĂ©rant, en appelant ma prĂ©sence toujours vigile, ma prĂ©sence toujours renouvelĂ©e, ma re-prĂ©sentation au sens purement verbal du terme cette fois. DĂšs lors, se voir, ce n’est ni seulement se voir tel que l’on fut, ce n’est ni seulement se voir dans le pur prĂ©sent du je pur, mais c’est Ă©galement se prĂ©-voir, non au sens de figer l’avenir dans des reprĂ©sentations dĂ©jĂ  lĂ , mais au sens d’ĂȘtre disponible Ă  ce qui s’annonce, Ă  la nouveautĂ© de ce qui ne donne, Ă  ce qui se donnant Ă  l’état naissant me permet de renaĂźtre Ă  moi-mĂȘme sans cesse, car le rĂ©el en moi est Ă  la fois ce qui est au fond de moi et ce que je n’attendais pas. Tant que mes objectivations passĂ©es sont la vĂ©ritĂ© de mon avenir j’ai Ă©tĂ© lĂąche et je le resterai, je n’ai pas d’avenir. Je n’ai vraiment un avenir, au sens de ce qui n’est pas encore lĂ , au sens de capacitĂ© que je ne connais pas encore, que si la source de ma reprĂ©sentation de moi-mĂȘme n’est pas moi-mĂȘme, mais ce qui se donne Ă  moi hors de toute attente. La disponibilitĂ© Ă  l’imprĂ©visible deviendrait ce qui rend la reprĂ©sentation de soi non trompeuse. Mais ce sera bien alors la ruine de la reprĂ©sentation » au sens kantien, pour reprendre la formule de Levinas, car cette fois je ne suis pas simplement ce que je mets en moi et ce sont les autres et le monde qui me constituent pour que je puisse me constituer. 2 Agir et non pas se raconter Il est important d’envisager la dimension pratique de la question dans la mesure oĂč la reprĂ©sentation de soi relevant de la vaine curiositĂ© peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un rapport inauthentique Ă  soi qui paralyse l’action. On a insistĂ© dans la deuxiĂšme partie sur l’idĂ©e que le rĂ©cit de soi, sous certaines conditions tout de mĂȘme, peut devenir une dimension de son existence, ce qui donne une consistance Ă  son ĂȘtre. Autrement dit, on a dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© l’idĂ©e que ce n’est pas simplement parce que l’on est que l’on se reprĂ©sente, mais qu’il est nĂ©cessaire de se reprĂ©senter pour ĂȘtre. Mais il est possible maintenant d’envisager la dimension plus nĂ©gative du rĂ©cit de soi, au-delĂ  mĂȘme de la question de la mauvaise foi et de l’orgueil, dans la mesure oĂč le danger est rĂ©el de se raconter au lieu de vivre. DerriĂšre ce renversement il y a une autre figure du soi », puisqu’on peut se demander si le vrai soi est le soi thĂ©orique ou le soi pratique. Qu’est-ce qui est le plus moi-mĂȘme le moi empirique, le je pur, ou bien ce que j’ai Ă  faire ou encore l’ensemble de mes actes libres, de mes rĂ©solutions ? Sartre propose justement une alternative existentielle dans La nausĂ©e, car si l’homme aime se raconter et transformer l’évĂ©nement le plus banal en aventure, si tout homme est pris dans ses histoires et dans celles d’autrui, Mais il faut choisir vivre ou raconter », comme il a pu Ă©galement montrer dans L’imaginaire que le moi rĂ©el et le moi imaginaire par essence ne peuvent coexister. Pour revenir Ă  La nausĂ©e, c’est l’histoire d’un homme qui se rend compte du vide de son histoire et mĂȘme de l’inanitĂ© de toute histoire. Quelque part dans une ville de province, le jeune Roquentin, historien, existe sans avoir ce qu’est sa propre existence. Il est absorbĂ© dans des histoires qu’il raconte, dans des reprĂ©sentations passĂ©es dĂ©pourvues de toute actualitĂ©, et il comprend alors que sa propre vie est au passĂ© », qu’elle est une vie sans vie, et qu’il est incapable de se reprĂ©senter ce qu’il doit ĂȘtre au prĂ©sent. Il fait alors face au vide de son existence, incapable de s’appuyer sur la reprĂ©sentation de son propre passĂ©. Il est littĂ©ralement jetĂ© dans le prĂ©sent, mais dans un prĂ©sent vide sans aucune possibilitĂ© de maĂźtrise liĂ©e Ă  la reprĂ©sentation d’un chez soi, d’une place dans le monde qui serait la sienne. Finalement transformer sa banalitĂ© quotidienne en aventure dans un bavardage sur soi, c’était une autre façon de tenter de fuir cette expĂ©rience terrible de la contingence radicale de notre existence que dĂ©crit justement La nausĂ©e. Pour Sartre aucune explication historique, ni thĂ©ologique, ne pourra me dire qui je suis et il faut sans doute passer par cette expĂ©rience de l’absurde, qui a valeur de rĂ©duction phĂ©nomĂ©nologique chez Sartre. Exister, c’est ĂȘtre simplement lĂ  et aucune reprĂ©sentation de son passĂ© ne donnera une consistance au cogito et pire encore elle Ă©loignera le moi de lui-mĂȘme. C’est le projet de reprĂ©sentation de soi qui est en lui-mĂȘme trompeur et conduit Ă  cette situation limite du monologue de Roquentin Je suis, j’existe, je pense donc je suis ; je suis parce que je pense, pourquoi est-ce que je pense ? Je ne veux plus penser, je suis parce que je pense que je ne veux pas ĂȘtre ». Sartre durcit le trait afin de souligner le caractĂšre vain, voire obscĂšne, de la reprĂ©sentation de soi qui finit par ĂȘtre une glu pour l’existence, pour la libertĂ©. Le rĂšgne de la reprĂ©sentation, c’est l’homme capturĂ© par lui-mĂȘme et enfermĂ© dans la prison de ses fantasmes ; c’est l’homme enfermĂ© dans l’immanence. Or, dans ce roman philosophique, Sartre dĂ©crit comment depuis l’expĂ©rience du vide de notre ĂȘtre il est possible de se donner une consistance, de transformer une existence d’abord absurde en une existence sensĂ©e. Le sens de son existence n’est donc pas ce qui serait toujours dĂ©jĂ  lĂ  et disponible dans une reprĂ©sentation de soi, mais il est ce que l’on se donne par ses actes, ce que l’on ne doit cesser de se donner. De ce point de vue, le nĂ©ant est bien un mode de la donnĂ©e Ă  soi-mĂȘme, puisqu’il ouvre Ă  l’avoir Ă  ĂȘtre non anticipable dans une reprĂ©sentation. Sartre donne bien alors Ă  penser qu’il y a deux types d’existence l’existence qui se fige dans des reprĂ©sentations de son passĂ©, qui est obsĂ©dĂ©e Ă  l’idĂ©e de dĂ©gager un en soi » de soi, et celle qui se libĂšre d’elle-mĂȘme, qui se nĂ©antise, qui dĂ©couvre la transcendance de l’ego, pour ĂȘtre toujours crĂ©atrice d’elle-mĂȘme en agissant dans les situations que le monde nous impose. La libertĂ© est une tĂąche Ă  renouveler sans cesse que Sartre dĂ©finit ainsi dans L’Être et le NĂ©ant La libertĂ© qui se manifeste par l’angoisse se caractĂ©rise par une obligation perpĂ©tuellement renouvelĂ©e de refaire le Moi qui dĂ©signe l’ĂȘtre libre ». p. 70. La libertĂ© du moi est de se donner son propre futur par ses actes libres et il n’y a que de cette maniĂšre, et non par la reprĂ©sentation du passĂ©, que l’on peut surmonter la contingence de son existence. La thĂšse classique de Saint Thomas d’Aquin est operari sequitur esse, l’agir suit l’ĂȘtre, mais lĂ  il est possible de renverser la proposition et dire que l’ĂȘtre suit l’agir ; il y a un rejaillissement du vĂ©ritable agir sur l’ĂȘtre qui en est l’agent. Ainsi la libertĂ© fonde la reprĂ©sentation vraie. 3 La re-prĂ©sentation de soi par et pour autrui La reprĂ©sentation de soi ne possĂ©dera jamais la certitude de la reprĂ©sentation des mathĂ©matiques, non parce qu’il n’y a pas de certitude, mais parce que sa certitude est d’une tout autre nature que la certitude d’entendement des mathĂ©matiques liĂ©e Ă  la transparence de l’esprit Ă  lui-mĂȘme dans la considĂ©ration d’un objet produit par le sujet. La certitude de soi est d’une autre nature et relĂšve plus de ce qu’on appelait une certitude morale. Mais comme on l’a vu la certitude de la reprĂ©sentation de ce que je dois faire a certes avant tout une signification Ă©thique, celle de la conscience de ma responsabilitĂ© insubstituable, mais on peut pour terminer se demander si cette reprĂ©sentation de soi comme responsable, si cette veille du soi Ă©thique qui ne cesse de tenter de ne pas s’endormir, vient des seules forces du sujet ou bien si elle ne trouve pas sa source dans l’appel d’autrui, dans l’appel du monde. Cette reprĂ©sentation comme veille Ă©thique serait alors une prĂ©sence sans transparence, puisque dans une situation qui m’interpelle je sais que c’est Ă  moi d’agir, sans pouvoir me dĂ©lester sur un autre de cette tĂąche, mais sans savoir nĂ©cessairement ce que j’ai concrĂštement Ă  faire. L’injonction me surprend sans pour autant m’apprendre ce que je dois faire et c’est du coup ce qui me pousse Ă  tenter de me reprĂ©senter ce que je dois faire dans la circonstance prĂ©sente. L’appel d’autrui dans sa dĂ©tresse me convoque et est la vraie source d’une reprĂ©sentation de soi qui ne serait pas trompeuse en ce qu’elle rĂ©pond Ă  une situation concrĂšte me demandant qui je suis suis-je celui qui dĂ©tourne la tĂȘte ou suis-je celui qui s’engage ? C’est une façon de dire qu’on ne peut accĂ©der Ă  son essence, qu’on ne peut se voir, que de maniĂšre indirecte en passant par le monde et par autrui. C’est en rĂ©pondant Ă  autrui, en agissant, que je peux me connaĂźtre et ainsi accĂ©der Ă  une reprĂ©sentation de mon essence. Toute reprĂ©sentation directe de soi, mĂȘme celle du je pur, serait alors trompeuse, dans la mesure oĂč c’est en m’ouvrant au monde et en me risquant dans le monde, donc en tant que sujet exposĂ©, que je peux savoir qui je suis. Tout le reste n’est peut-ĂȘtre que littĂ©rature. Autrement dit, je ne peux me comprendre que si je m’oublie en me donnant, et c’est en tant que je me donne dans ma rĂ©ponse que je peux approcher de mon vrai soi. Levinas radicalise cette thĂšse en partant d’une critique de la reprĂ©sentation dans son sens kantien en ce qu’elle s’en tient Ă  l’identitĂ© qui ramĂšne tout au mĂȘme et manque l’ipsĂ©itĂ©. Si Kant dans la prĂ©face de la seconde Ă©dition de la Critique de la raison pure B XVIII fait du terme de reprĂ©sentation un concept central de la mĂ©taphysique de la subjectivitĂ© par un changement de mĂ©thode dans la façon de penser c’est que nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mĂȘmes », Levinas veut lui effectuer une contre-rĂ©volution copernicienne afin de sortir d’une pensĂ©e de la reprĂ©sentation qui ne fait que rĂ©duire l’Autre au MĂȘme. Il Ă©crit dans TotalitĂ© et infini L’intelligibilitĂ©, le fait mĂȘme de la reprĂ©sentation, est la possibilitĂ© pour l’Autre de se dĂ©terminer par le MĂȘme, sans dĂ©terminer le MĂȘme, sans introduire d’altĂ©ritĂ© en lui, exercice libre du MĂȘme. Disparition, dans le MĂȘme, du moi opposĂ© au non-moi ». p. 129 Justement Levinas montre qu’il est impossible de dĂ©tacher le moi de la reprĂ©sentation des conditions oĂč il prend naissance, comme le visage, la souffrance ou la fraternitĂ©, et qu’il est possible d’envisager une autre intelligibilitĂ© du moi dans laquelle il est autre chose qu’une totalisation continue de soi dans le prĂ©sent. Finalement, Levinas montre que la reprĂ©sentation de soi au sens de Kant et aussi de Hegel est trompeuse parce qu’elle est aliĂ©nante en rĂ©duisant toute altĂ©ritĂ© en soi. Telle est la nouveautĂ© de sa thĂšse il veut mettre en lumiĂšre que seul le moi exposĂ© Ă  l’altĂ©ritĂ© et dĂ©pouillĂ© de lui-mĂȘme n’est pas aliĂ©nĂ©, comme il l’écrit dans L’intrigue de l’infini p. 192. Il ne s’agit pas pour Levinas de renier toute reprĂ©sentation de soi, mais de donner Ă  voir qu’elle ne possĂšde une vĂ©ritĂ© que par rapport Ă  un exil de soi et que l’expĂ©rience de soi ne se rĂ©duit pas Ă  la reprĂ©sentation de soi. Contrairement Ă  la perspective ouverte par Sartre, il ne s’agit pas de dĂ©cider de s’oublier pour se dĂ©couvrir dans l’action, mais d’entendre un Ignore-toi toi-mĂȘme » qui vient du visage toi-mĂȘme d’autrui, d’autrui comme visage, et qui me libĂšre de ma reprĂ©sentation pour me donner Ă  voir dans ma rĂ©ponse, dans ma responsabilitĂ© illimitĂ©e antĂ©rieure Ă  mon moi libre. Ainsi Levinas critique la Vorstellung, c’est-Ă -dire selon lui la reprĂ©sentation au sens kantien qui enferme le sujet en lui-mĂȘme, et mĂ©nage la VergegenwĂ€rtigung, c’est-Ă -dire la reprĂ©sentation au sens husserlien, mĂȘme si le rassemblement de soi dans le prĂ©sent qu’elle effectue manque la responsabilitĂ© pour l’autre. Il veut ainsi montrer que la reprĂ©sentation de soi dans le prĂ©sent ne vit que par un commandement rĂ©vĂ©lĂ© avant toute prĂ©sentation devant un sujet. Avant tout engagement, je suis responsable, otage dit Levinas dans une formule hyperbolique. DĂšs lors, si la conscience est bien re-prĂ©sentation, c’est-Ă -dire rĂ©tention, mĂ©moire rĂ©miniscence selon Levinas, si elle est la libertĂ© du sujet en acte, ce rassemblement de soi qu’est la conscience de soi ne vit que de l’exode de soi qu’est l’effraction d’autrui, qui nous fait exister au-delĂ  de l’essence. Il Ă©crit dans Autrement qu’ĂȘtre ou au-delĂ  de l’essence Le problĂšme consiste seulement Ă  se demander si le commencement est au commencement ; si le commencement comme acte de la conscience n’est pas dĂ©jĂ  prĂ©cĂ©dĂ© par ce qui ne saurait se synchroniser, c’est-Ă -dire parce qui ne saurait ĂȘtre prĂ©sent – par l’irreprĂ©sentable ; si une anarchie n’est pas plus ancienne que le commencement et la libertĂ© » p. 257. L’anarchie est ici ce qui ne peut pas entrer dans l’ordre venant de la conscience, mais c’est bien cet infini qu’est autrui, qui me rĂ©vĂ©lant mon propre infini, fait vivre mes reprĂ©sentations finies de moi-mĂȘme en les maintenant ouvertes Ă  l’excĂšs de ce que je peux devenir sur ce que je suis au prĂ©sent. C’est dans cette ouverture que la reprĂ©sentation de moi n’est pas trompeuse. Ainsi, ce troisiĂšme temps a pu montrer que la reprĂ©sentation de soi n’est pas trompeuse quand elle ne cesse d’ĂȘtre dĂ©faite par un appel qui est mon avenir absolu. Conclusion Les trois moments de ce travail ont permis de mettre en lumiĂšre en quoi la reprĂ©sentation de soi n’est pas trompeuse Ă  la condition de commencer par se libĂ©rer de tout ce qui relĂšve de la Vorstellung frauduleuse, de la mise en scĂšne de soi dans laquelle je ne vois de moi-mĂȘme que ce que je veux y mettre, mĂȘme si cette Vorstellung a son utilitĂ© dans la vie sociale, puisqu’elle rend possible les rapports de rĂŽle Ă  rĂŽle, voire de masque Ă  masque. Cela a conduit au projet d’une prĂ©sentification de soi, de la reprĂ©sentation de soi par un rassemblement dans le prĂ©sent de sa vie, notamment dans le rĂ©cit, Ă  la condition de ne jamais figer un tel rĂ©cit. Mais pour concevoir une vĂ©ritĂ© de la reprĂ©sentation de soi comme moi empirique, une adĂ©quation entre rĂ©cit et rĂ©alitĂ©, il a Ă©tĂ© nĂ©cessaire de montrer que cette reprĂ©sentation de soi doit s’enraciner dans un vrai commencement, celui du je pur, celui du libre regard sur le monde et sur soi. C’est donc bien un autre soi qui peut porter la reprĂ©sentation de son moi empirique, notamment dans le souvenir, mais il faut alors souligner que le sens de la reprĂ©sentation de soi change, car on est alors passĂ© de la question quoi » Ă  la question qui ». Le je pur dĂ©gagĂ© par le doute et la rĂ©duction est, comme dit Levinas dans Hors sujet, une veille antĂ©rieure Ă  tous les rĂ©veils ; ce n’est pas une mise en scĂšne de soi comme voyant, mais une prĂ©sence continue Ă  soi dans l’acte de voir le monde, une nouvelle prĂ©sence toujours recommencĂ©e au sens d’une renaissance continuelle. Mais le dernier moment a voulu montrer que ce commencement dans sa dimension pratique et Ă©thique suppose toujours un autre commencement, celui du monde toujours dĂ©jĂ  lĂ  et dans lequel je dois agir, et l’effraction d’autrui qui me force Ă  me poser la question qui suis-je ? ». Or c’est
Cesdeux parties sont reliĂ©es par l’antakarana, le fil de la conscience. Nous allons donner quelques Ă©lĂ©ments sur les constituants de ces deux parties pour bien en comprendre l’implication sur la connaissance et la maĂźtrise de soi. La partie la plus accessible intellectuellement est le quaternaire. Il est composĂ© de 4 vĂ©hicules (qui

/ 05/09/2018 Comment amĂ©liorez votre vie personnelle avec la conscience de amĂ©liorer votre conscience de soi, vous devez d’abord vous concentrer sur votre passĂ© et vos Ă©motions. Comment ĂȘtes-vous arrivĂ© lĂ  oĂč vous ĂȘtes maintenant, et comment pouvez-vous arriver lĂ  oĂč vous voulez ĂȘtre dans la vie? Tirer les ressources dans votre esprit vous aidera Ă  devenir familier avec faire personne a besoin de savoir, et de se faire confiance avant de pouvoir faire confiance aux autres. Ne comptez pas sur le jugement des autres, utilisez plutĂŽt votre propre jugement et cela vous fera vous sentir comme une nouvelle personne. Vous devriez toujours vous arrĂȘter et rĂ©flĂ©chir, pour que vous appreniez Ă  vous faire confiance et Ă  savoir qui vous ĂȘtes. Avec le monde en Ă©volution rapide dans lequel nous vivons maintenant, vous mettez probablement beaucoup de choses de cĂŽtĂ©, et parce que vous n’avez pas le temps. Prenez le temps pour vous et rĂ©flĂ©chissez avant de le vous regardez en arriĂšre sur votre vie, cherchez les choses qui vous ont fait que vous soyez comme vous ĂȘtes aujourd’hui. Essayez de travailler sur une attitude positive afin de devenir complĂštement vous-mĂȘme et retrouver cette conscience de Ă  faire des choses qui vous rendent heureux et qui vous ont rĂ©ussi. Apportez du bonheur Ă  vous-mĂȘme et aux autres, cela vous fera vous sentir bien, et vous apportera de la joie dans votre vie. Lorsque vous ĂȘtes heureux, vous aurez aussi moins de de la le yoga et mĂ©ditez pour vous aider Ă  vous dĂ©velopper. La mĂ©ditation demande beaucoup de pratique, alors soyez patient lorsque vous utilisez des pratiques de yoga, et ne vous attendez pas Ă  ce que les rĂ©sultats se produisent pendant la vos de vous redĂ©couvrir en Ă©crivant un journal. Écrivez sur ce que vous ressentez, ce que vous voulez dans la vie; enregistrer tout cela. Écrivez les rĂ©sultats pour voir votre progression. Cela vous aidera Ă  dĂ©cider ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Savoir ce qui est important et ce qui ne l’est pas fera ressortir la valeur en vous. ConnaĂźtre vos valeurs dans la vie est la clĂ© de la conscience de soi, et votre croissance personnelle, et votre bonheur. Vos valeurs parieront mieux chaque des des objectifs et des Ă©chĂ©ances lorsque vous voulez les accomplir. Agissez immĂ©diatement pour vous permettre d’apprendre et d’ĂȘtre flexible. Ayez une Ă©tude d’esprit ouvert et apprenez des autres personnes. Trouver quelqu’un pour vous soutenir dans vos objectifs, et vous Ă©couter lorsque vous avez besoin de parler de l’endroit oĂč vous voulez aller, vous aidera Ă  les rendre plus facilement devez changer la façon dont vous avez fait les choses dans le passĂ©. De ce fait, vous apprenez par des erreurs, et ces erreurs se reproduiront plus. Vous voulez de nouveaux rĂ©sultats ? Ne faites plus les mĂȘmes grandit toujours en tant que personne une fois qu’on construit sa conscience de soi. Vous accepterez vous-mĂȘme et les autres. Vous deviendrez plus autonome et motivĂ©. Lorsque votre conscience de soi grandira, vous bĂ©nĂ©ficierez davantage en tant que personne, et vous aurez plus de succĂšs dans tout ce que vous voulez faire dans votre de sa maĂźtre de votre vie. Ne laissez pas votre vie prendre le dessus et vous contrĂŽler. En vous comprenant vous-mĂȘme et votre esprit, vous apprenez Ă  vous retrouver, Ă  savoir ce qui a mal tournĂ© et Ă  le rĂ©parer. Garder votre vie dans l’équilibre est trĂšs important pour garder votre conscience de soi, lĂ  oĂč elle doit ĂȘtre, afin d’ĂȘtre heureux. Cela ne peut qu’ajouter de la valeur Ă  votre vie pour vous sentir gens heureux sont gĂ©nĂ©reux, et mĂȘme trĂšs gĂ©nĂ©reux. Donnez autant de vous-mĂȘme que possible, et poussez-vous Ă  donner plus. Plus vous donnez le meilleur, plus vous le sentirez, et vous serez en mesure d’oublier les moments difficiles. Pensez que quand NoĂ«l arrive, essayez de choisir un cadeau spĂ©cial, enveloppez-le Ă  une personne qui n’a conscience de soi pdf, la conscience de soi dĂ©finition, la conscience de soi est elle trompeuse, conscience de soi psychologie, conscience de soi Descartes, la conscience de soi est elle une connaissance de soi, conscience de soi citation, conscience de soi Hegel

Ainsidonc, parce que l'ĂȘtre humain est conscience de soi et que c'est lĂ  son trait distinctif par rapport aux autres animaux, il est par lĂ -mĂȘme, tant qu'il existe, conscience de ce qu'il est. Cependant force est de prendre en compte les donnĂ©es de l'expĂ©rience qui semblent contredire, de fait, une telle Ă©vidence : l'expĂ©rience
Introduction conscience et subjectivitĂ©. Selon Descartes, la conscience assure la liaison entre l’ñme et le corps, elle est la condition de toute connaissance. C’est donc de ce point de vue que la conscience a d’abord partie liĂ©e avec la mĂ©moire. La conscience s’exprime par la pensĂ©e qui est soit directe, si elle dĂ©signe l’objet de son expĂ©rience extĂ©rieure, soit rĂ©flĂ©chie, si elle est conscience de soi. La conscience est Ă©tymologiquement un savoir » du latin scientia accompagnant cum, avec » l’existence, la pensĂ©e et l’action d’un sujet. Comme prĂ©sence Ă  soi et aux choses, la conscience est dite psychologique. En se distanciant des objets sur lesquels elle porte, la conscience peut les juger elle peut Ă©valuer ce qui est les faits d’aprĂšs ce qui doit ĂȘtre les valeurs. En ce sens, la conscience est morale. La dĂ©duction du cogito Descartes MĂ©ditations mĂ©taphysiques ; Magnard p 22 I Être conscient de l’attention Ă  des faits de conscience II Avoir conscience de la prise en compte s’un obstacle, d’une difficultĂ© III Prendre conscience de l’éveil Ă  une rĂ©alitĂ© nouvelle IV La conscience humaine privilĂšge de l’homme ou Ă©piphĂ©nomĂšne ? La conscience, un effet de surface des instincts Nietzsche VolontĂ© de puissance, Hatier1 p 49-50 V L’identitĂ© de soi est dĂ©posĂ©e dans la mĂ©moire - Locke le proprioceptif - Leibniz ; BrĂ©al p 22 Conclusion les pathologies de la conscience et la luciditĂ© a la nĂ©vrose b la psychose c la fausse conscience et l’aliĂ©nation d la luciditĂ© e l'attention 1. La conscience peut-elle nous tromper ? 2. Avoir conscience, est-ce juger ? Conscience psychologique. La conscience est Ă©tymologiquement un savoir » du latin scientia accompagnant cum, avec » l’existence, la pensĂ©e et l’action d’un sujet. Comme prĂ©sence Ă  soi et aux choses, la conscience est dite psychologique. Conscience morale. En se distanciant des objets sur lesquels elle porte, la conscience peut les juger elle peut Ă©valuer ce qui est les faits d’aprĂšs ce qui doit ĂȘtre les valeurs. En ce sens, la conscience est morale. La conscience peut elle se tromper ? La conscience, illusion du sujet ? La conscience est ambiguĂ« si rien n’est connaissable sans elle comment savoir quelque chose sans en avoir conscience ?, elle n’en est pas moins sujette Ă  l’erreur et Ă  l’illusion. En effet, le sujet tend Ă  prendre ce dont il a conscience son point de vue particulier pour la seule rĂ©alitĂ© existante, et ainsi Ă  s’illusionner sur le rĂ©el. Le sujet, illusion de la conscience ? Or, l’illusion fondamentale du sujet conscient ne porte-t-elle pas sur lui-mĂȘme ? La conscience d’ĂȘtre un sujet vĂ©ritable n’est-elle pas la plus grande illusion ? Kant nous assure du contraire Le je prouve que j’agis par moi-mĂȘme, que je suis un principe et non un rĂ©sultat ». Se dire libre c’est se poser comme le sujet de ses actions et de sa pensĂ©e c’est moi qui agis et qui pense. C’est avoir conscience de soi comme d’un ĂȘtre ayant une identitĂ© personnelle unifiĂ©e, stable, et capable de se dĂ©terminer lui-mĂȘme. Mais cette conscience est-elle fiable ? La conscience d'exister comme sujet pensant prouve-t-elle vraiment l'existence d'un tel sujet, ou n'est-elle qu'une illusion ? Faut-il dire cogito je pense » avec Descartes, ou cogitatur ça pense » avec Nietzsche ? Mais si le sujet n’existe pas comme principe, disparaĂźt-il alors moralement, c’est-Ă -dire comme valeur ? L’idĂ©e de sujet conscient perd-elle toute valeur ? La conscience de soi est indubitable Descartes " Je pense, donc je suis. " Descartes, Discours de la mĂ©thode 1637, IVe partie. ProblĂ©matique La conscience de soi prouve-t-elle l’existence du sujet pensant, ou n’est-elle qu’une illusion ? Explication Le doute retournĂ© contre le scepticisme. C’est pour vaincre le scepticisme, donc pour fonder le dogmatisme Ă©tablir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences », que Descartes entreprend de douter de tout. En effet, il voit dans le doute le moyen d’atteindre l’indubitable une pensĂ©e absolument certaine rĂ©sistant absolument au doute. Ce doute mĂ©thodique repose principalement sur les arguments du rĂȘve ne produis-je pas moi-mĂȘme toutes mes pensĂ©es ? et du malin gĂ©nie ne serais-je pas le jouet d’un ĂȘtre trompeur ?. Quelle garantie ai-je d’ĂȘtre bien rĂ©glĂ© » ou bien calibrĂ© » comme on le dit d’un instrument de mesure ? Qu’est-ce qui me prouve que ce Ă  quoi je pense existe vraiment et que mes idĂ©es correspondent Ă  la rĂ©alitĂ© ? Le cogito je pense donc je suis. Descartes dĂ©couvre qu’une pensĂ©e rĂ©siste au doute c’est qu’il est vrai que j’existe, moi qui pense en latin cogito, — si je n’existais pas, je ne pourrais ni penser ni douter de mon exis- tence ! Je ne peux pas ne pas ĂȘtre, quand je pense que je suis. L’existence du sujet pensant ou doutant est une Ă©vidence indubitable. Mais que suis-je ? Je suis une chose pensante », une substance pensante et consciente2 un sujet absolu, un esprit, une Ăąme. La conscience est l’évidence fondamentale, la connaissance constituant le fondement et le modĂšle de toute vĂ©ritĂ© 3. DĂ©bat et enjeu L’évidence est-elle une preuve ? Selon Descartes, nous ne saurions nous empĂȘcher de croire que cette conclusion Je pense, donc je suis, ne soit vraie ». Mais que prouve cette impossibilitĂ© psychologique de douter ? Le fait d’ĂȘtre convaincu l’intensitĂ© subjective d’une conviction montre sans doute qu’on n’arrive ni Ă  douter ni Ă  penser diffĂ©remment — mais il ne prouve pas que l’on a raison de n’y pas arriver ! L’évidence ou la certitude sont des sentiments, des Ă©tats mentaux de fait. La certitude qu’il y a des certitudes de droit n’est jamais qu’une certitude de fait », conclut Marcel Conche, ajoutant que lorsque le philosophe prĂ©tend parler des choses, il ne fait que parler de lui-mĂȘme » il ne dit pas ce qui est, mais ce qui lui apparaĂźt avec le plus de force. Nul n’échappe Ă  sa conscience, c’est-Ă -dire Ă  son propre point de vue — toujours relatif ! Y a-t-il vraiment un sujet pensant ? Il y a certes de la pensĂ©e. Mais est-ce vraiment celle d’un sujet substantiel le mot latin pour sujet », subjectum, vient de subjacere, se tenir sous » ? Le je » ego cartĂ©sien est-il vraiment le sujet de la pensĂ©e ? Le sujet conscient n’est-il pas l’effet ou le produit de quelque chose d’autre, qui n’est pas conscient ? N’est-il pas une illusion perceptive...Pour l'empiriste David Hume, le sujet substantiel est une croyance, certes vive et forte, mais qui ne correspond Ă  rien de rĂ©el Ă  rien dont on puisse faire l'expĂ©rience. C'est notre habitude de percevoir un flux incessant et trĂšs rapide d'impressions intĂ©rieures discontinues qui nous fait croire en la simplicitĂ© et en la stabilitĂ© d'un moi ». Le sujet est donc une fiction substantialiste, un effet de langage ce que j'appelle moi ». ...ou grammaticale ? Nietzsche affirme de mĂȘme que la croyance au sujet dĂ©rive de la grammaire le sujet grammatical. Or, que le verbe penser » ait besoin d’un sujet grammatical ne prouve pas son existence substantielle ou rĂ©elle ! Quelque chose pense, mais que ce quelque chose soit justement l’antique et fameux “je”, ce n’est Ă  tout le moins qu’une supposition, une allĂ©gation, ce n’est surtout pas une “certitude immĂ©diate”. » Le sujet conscient non plus principe, mais rĂ©sultat. Plus gĂ©nĂ©ralement, ne faut-il pas expliquer le sujet conscient » par des phĂ©nomĂšnes dont il n’a pas conscience ? N’est-il notamment pas le produit de conditions matĂ©rielles, sociales et historiques ? Karl Marx montre comment le sujet conscient est dĂ©terminĂ© et mĂȘme aliĂ©nĂ© par les reprĂ©sentations sociales dominantes, corrĂ©lĂ©es aux conditions matĂ©rielles infrastructures Ă©conomiques. N’est-il pas aussi dĂ©terminĂ© par l’inconscient psychique Freud ? Bref, le sujet conscient est dĂ©sormais vu comme le rĂ©sultat d’une histoire Ă  la fois naturelle Darwin
, sociale Marx
 et psychologique Freud
. Mais s’il n’est plus un principe mĂ©taphysique, le sujet conscient peut cependant demeurer une valeur, c’est-Ă -dire une exigence et un combat. Avoir conscience, est ce juger ? Une relation de soi aux choses et de soi Ă  soi. Selon l’étymologie latine conscientia, la conscience est un savoir scientia accompagnant cum quelque chose. Elle signifie donc que quelque chose est su par le sujet ; le sujet se sait en relation avec une rĂ©alitĂ©, perçue plus ou moins clairement. Conscience psychologique et conscience morale. La conscience peut porter sur des faits ce qui est ou sur des valeurs ce qui doit ĂȘtre. Dans le premier cas, la conscience est dite psychologique. Elle est spontanĂ©e et/ou rĂ©flĂ©chie. Son objet est extĂ©rieur les choses ou intĂ©rieur la vie subjective ; prĂ©sent attention..., passĂ© souvenir, regret... ou futur attente, projet... ; possible hypothĂšse... ou impossible imagination, illusion.... Elle Ă©met des jugements de fait ou d’existence il y a ceci, ceci est cela
. Dans le second cas, la conscience est dite morale elle Ă©met des jugements de valeur. Elle est alors comme un juge intĂ©rieur, Ă©valuant ce qui est faits, actes, pensĂ©es
 d’aprĂšs ce qui doit ĂȘtre, c’est-Ă -dire d’aprĂšs des valeurs ou des normes morales, religieuses, politiques, juridiques, esthĂ©tiques.... Toute conscience est-elle morale ? Mais faut-il vraiment sĂ©parer la conscience psychologique de la conscience morale ? Ne serait-ce pas, comme le dirait Descartes, prendre une distinction formelle valable seulement en pensĂ©e pour une distinction rĂ©elle valable dans la rĂ©alitĂ© ? En effet, toute conscience est toujours un certain Ă©cart par rapport Ă  ce qui est. Or, toute prise de distance n’implique-t-elle pas une certaine Ă©valuation et un certain choix ? La conscience n’est-elle pas alors essentiellement morale ? La conscience est toujours morale Alain " Toute conscience est d’ordre moral, puisqu’elle oppose toujours ce qui devrait ĂȘtre Ă  ce qui est. " Alain, Histoire de mes pensĂ©es 1936, chap. Abstractions ». ProblĂ©matique La conscience psychologique et la conscience morale sont-elles diffĂ©rentes, ou sont-elles deux formes d’une mĂȘme conscience ? Explication La conscience fait face Ă  ce qui est...Perdre conscience s’évanouir, c’est cesser d’ĂȘtre prĂ©sent Ă  soi et au monde. Au contraire, revenir Ă  soi, c’est revenir au monde, c’est-Ă -dire prĂ©cisĂ©ment Ă  autre chose que soi » Paul ValĂ©ry. La conscience psychologique fait qu’un ĂȘtre n’est pas seulement dans le monde une chose parmi les choses, mais est aussi devant le monde un sujet face Ă  un objet, ou face Ă  d’autres sujets . ... et le juge au nom des valeurs. Or, parce qu’elle est l’acte par lequel l’esprit se dĂ©double et s’éloigne Ă  la fois de lui-mĂȘme et des choses », la conscience permet la reprise critique de ce qui est. Parce qu'elle oppose ce qui doit ĂȘtre la norme Ă  ce qui est le fait, la conscience est toujours morale elle juge et elle incite Ă  rectifier ce qui n'est pas fidĂšle Ă  ses valeurs. La morale consiste Ă  se savoir esprit et, Ă  ce titre, obligĂ© absolument car noblesse oblige », conclut Alain. DĂ©bat et enjeu la conscience nous rehausse et nous hisse au niveau d'un rĂ©el, Ă  une ontologie reste Ă  dĂ©finir la situation qui soit capable de rĂ©concilier les ontologies en prĂ©sence dans cette situation. Échappe-t-on Ă  la conscience morale ? La conscience peut-elle n’ĂȘtre pas morale ? Certes, les immoralistes » condamnent la morale qu’ils jugent mauvaise, mais c'est encore juger au nom d'une norme, ce qui revient Ă  opposer une morale Ă  une autre ! On ne semble donc pas Ă©chapper Ă  la dimension morale de la conscience. Kant affirme en ce sens que la conscience morale suit l'homme comme son ombre quand il pense lui Ă©chapper ». Cette voix, l'homme ne peut pas Ă©viter de l'entendre. Certes. Mais quelle morale entendre ? Comment dĂ©finir les valeurs morales ? Le surmoi social et la libertĂ© de conscience. Les prĂ©ceptes moraux dĂ©pendant largement de la culture et de l’éducation, la conscience morale n’est-elle alors qu’un surmoi social ? Non la vĂ©ritable conscience morale est une capacitĂ© de subversion, de critique, c’est une exigence et une inquiĂ©tude. On nomme bien inconscients ceux qui ne se posent aucune question Ă  eux-mĂȘmes 14 », note Alain. D’ailleurs, la conscience psychologique et morale n’est jamais aussi vive que dans les moments de crise intĂ©rieure, quand tout automatisme devient inutile et que nous hĂ©sitons, c’est-Ă -dire quand nous devons choisir notre conduite Conscience est synonyme de choix », dit Bergson, donc de libertĂ©. Nous choisissons nos ontologies. Morale et moralisme. La difficultĂ© pour la conscience morale est de ne pas verser dans le moralisme donner des leçons de morale, qui consiste toujours Ă  juger autrui plutĂŽt que soi-mĂȘme. La conscience morale ne doit valoir que pour soi-mĂȘme La Morale n’est jamais pour le voisin ». Quelle morale choisir ? Cette dĂ©cision doit ĂȘtre personnelle et se prendre solitairement, en son Ăąme et conscience.
Jepeux savoir qui je suis, mais jamais complĂštement, ni dĂ©finitivement. Se connaĂźtre soi-mĂȘme suppose de s'en donner les moyens, en commençant par la conscience de tout ce qui obscurcit la conscience. Ce travail exige la luciditĂ© quant Ă  ce qui me trompe et me ment, en commençant par les ruses entre moi et moi.
RĂ©sumĂ© du document La conscience est utilisĂ©e d'un point de vue moral mais aussi psychologique. Ainsi, la conscience dĂ©signe l'Ă©tat intĂ©rieur d'un sujet mais aussi son devoir. La conscience morale semble fiable dans la mesure oĂč le devoir est compris comme une obĂ©issance Ă  une loi universelle. Cependant, la conscience psychologique s'avĂšre, dĂšs que la notion d'inconscient apparaĂźt, nĂ©cessairement trompeuse ... Sommaire IntroductionI Les ambitions de la conscience classiqueII L'Ă©branlement de l'inconscient freudienIII Qu'est-ce que la conscience ? Extraits [...] Dissertation philosophique La conscience peut-elle nous tromper ? La conscience est utilisĂ©e d'un point de vue moral mais aussi psychologique. Ainsi, la conscience dĂ©signe l'Ă©tat intĂ©rieur d'un sujet mais aussi son devoir. La conscience morale semble fiable dans la mesure oĂč le devoir soit compris comme une obĂ©issance Ă  une loi universelle. Cependant, la conscience psychologique s'avĂšre, dĂšs que la notion d'inconscient apparait, nĂ©cessairement trompeuse. Ainsi, nous verrons tout d'abord les ambitions de la conscience classique pour ensuit Ă©voquer l'inconscient freudien. [...] [...] Ainsi, il nous arrive frĂ©quemment de prendre conscience d'idĂ©es sans que nous en comprenions l'origine. MalgrĂ© que nous essayions de la trouver et que, par chance, nous la trouvons, il reste nĂ©anmoins Ă  comprendre pourquoi telle action a eu tel effet. DĂšs lors, Descartes trouve pour cause de son attirance envers les personnes louches, son amour de jeunesse qui louchait. Mais ne fait pas part au lecteur du pourquoi son esprit Ă  retenue cette particularitĂ© et pourquoi serait-elle la consĂ©quence de cette attirance. [...] [...] DĂšs lors, l'inconscient qui pĂ©nĂštre dans la conscience risque d'ĂȘtre superficielle et surtout trompeur. C. La conscience est moindre face Ă  l'inconscient Ce qui rend la thĂšse de l'inconscient vraisemblable, c'est qu'il permet d'expliquer des phĂ©nomĂšnes dont seule la conscience est apte Ă  se rendre compte. Ainsi, Freud montre, Ă  travers la thĂ©orie des rĂȘves, que leur contenu apparent et leur sens profond sont gĂ©nĂ©ralement des choses refoulĂ©es par l'homme. De plus, les nĂ©vroses ne peuvent ĂȘtre soignĂ©es uniquement parce que nous connaissons la prĂ©sence d'un inconscient capable d'influencer leurs comportements Qu'est-ce que la conscience ? [...] [...] La conscience, un effet ? Selon Marx, la conscience ne dĂ©termine pas l'existence de l'homme mais c'est l'existence de l'homme qui dĂ©termine sa conscience. Ainsi, en pensant que la conscience dĂ©termine l'homme, celui-ci se fait beaucoup d'illusions dans la mesure oĂč le sujet est contraint Ă  penser ou agir d'une façon par son appartenance Ă  sa classe sociale. B. Une conscience aliĂ©nĂ©e Or la conscience collective, autrement dit de classe n'est pas fiable car sen fonction des diffĂ©rentes classes on assiste Ă  une classification des consciences la bourgeoisie pense ĂȘtre seule alors que celle des ouvriers est aliĂ©nĂ©e. [...] [...] Cependant, cette prise de conscience de soi ainsi que de la nature n'est pas sans consĂ©quence. En effet, elle suppose que l'homme a la possibilitĂ© de maintenir le contrĂŽle de soi et de ses rĂ©actions face au monde extĂ©rieur. C'est en se connaissant le mieux que l'homme pourra maitriser ses rĂ©actions. C. La connaissance de soi constitue le sujet Ainsi, la prise de conscience commence indĂ©niablement par le fait de prononcer le je DĂšs lors, la conscience apparait comme constante Ă  travers tous les changements qu'elle peut subir. [...]
Laliberté implique la possibilité de choisir entre le bien et le mal et, par conséquent, de croßtre dans la perfection ou de faiblir et de pécher. La liberté caractérise les actes proprement humains. Il devient une source d'éloges ou de reproches, de mérites ou de démérites. Plus une personne fait le bien, plus elle devient libre.
ï»żdĂ©libĂ©ration qui font que je ne suis pas un simple automate, et oĂč les possibles peuventse confronter. Pour exemple, on peut penser Ă  la piĂšce de Camus Les justes oĂč les protagonistes sont prĂ©cisĂ©ment face Ă  un dilemme entre la cause rĂ©volutionnaire etl'assassinat qu'ils doivent commettre au nom de cette cause. Il n'y a pas de rĂ©solutionpossible par un calcul simplement rationnel, il faut choisir et choisir implique uneresponsabilitĂ©. b Cette relation de la conscience et du doute ne peut que nous rappeler les MĂ©ditations MĂ©taphysiques de Descartes, et le doute radical auquel il soumet les donnĂ©es sensibles, mais aussi les vĂ©ritĂ©s » mathĂ©matiques. Le doutedĂ©bouche sur la certitude du cogito , je doute donc j'existe moi qui doute. Pour Descartes, je peux ĂȘtre trompĂ© sur tout ce que je crois savoir, mais non pas sur monexistence en tant que chose pensante. Le sujet ne prend plus des objets de la rĂ©flexion,mais lui-mĂȘme en tant qu'il pense. La conscience de soi en tant qu'ĂȘtre pensant ne peutĂȘtre une tromperie, elle est une certitude, la premiĂšre des certitudes que l'on peutrencontrer. Celle-ci n'a pu ĂȘtre dĂ©couverte nĂ©anmoins qu'aprĂšs une mise en suspensionde tout jugement. c Mais cette dĂ©finition de nous-mĂȘmes comme chose pensante ne semble pas rĂ©pondre Ă  ce que nous disons d'habitude de quelqu'un. Quandnous pensons Ă  ce que quelqu'un est, nous pensons Ă  son caractĂšre, Ă  ses opinions, soncomportement. Comment articuler connaissance de soi comme pensĂ©e et connaissancede soi comme personnalitĂ© ? Sartre y rĂ©pond par la mauvaise foi. Il renvoie les modesd'ĂȘtre Ă  une vie inauthentique, par exemple celui du garçon de cafĂ© Ă  une mauvaise foiqui est un mensonge Ă  soi-mĂȘme sur ce que l'on est. Le garçon de cafĂ© joue Ă  ĂȘtregarçon de cafĂ©, mais lui-mĂȘme n'est pas ce garçon de cafĂ© qu'il fait semblant d'ĂȘtre. d En outre, ma conscience ne peut me tromper que si elle est partielle. Elle ne me trompe que si elle ma cache quelque chose. Or ce qui est cachĂ©n'est pas conscient, donc ma conscience ne peut me tromper que si elle n'est pas uneconscience totale, et encore, ce n'est pas elle qui me trompe mais une autre entitĂ©. 2. L'illusion de la conscience a La conscience semble avoir le rĂŽle de rĂ©vĂ©lateur, mais en mettant Ă  jour la vĂ©ritĂ©, elle risque de prendre une vĂ©ritĂ© relative pour un absolu. Jepeux agir en Ăąme et conscience et me tromper, mais aussi je peux m'attribuer une fautede façon rĂ©trospective. Par exemple, la conscience du mal, de la faute, qui peut saisir lepĂ©cheur, peut n'ĂȘtre qu'une conception imposĂ©e du dehors. Je peux me sentirresponsable d'avoir fautĂ© alors qu'au moment oĂč j'ai agis je n'avais pas conscience de lafaute. Bien loin de se connaĂźtre, d'accĂ©der au sens vĂ©ritable de son action, nouspouvons culpabiliser pour des actions anodines en leur distillant un sens qu'elles n'ontnaturellement pas. b La conscience morale, comme la conscience religieuse, introduit une sorte de conflit entre les passions et le devoir. Je refuse d'accomplir desactions que mes passions m'inclinent Ă  faire. C'est ce devoir social et moral qui, dansune perspective freudienne, tient les dĂ©sirs inconscients en dehors de la conscience. Desorte que ce dont j'ai conscience est censurĂ©, toute une partie de moi-mĂȘme demeurecachĂ©e, enfouie dans l'inconscient. Le sens vĂ©ritable de certains actes me demeurentcachĂ©. Mais, prĂ©cisĂ©ment, il s'agit par la psychanalyse et dans une perspectivethĂ©rapeutique de faire venir Ă  la conscience des dĂ©sirs inconscients pour soulager lepatient de sa souffrance. Mais cela ne peut se faire seul, par une sorte de rĂ©flexionimmĂ©diate. Elle ne peut se faire que le long d'un processus, d'une technique qui peutprendre des annĂ©es. c NĂ©anmoins, je ne suis pas assimilable Ă  ma conscience, il n'en demeure pas moins que ce n'est pas elle qui me trompe. Mais quelque chose qui nepeut surgir tout entier dans la conscience sans anĂ©antir le Moi. Conclusion Notre conscience ne nous trompe que si elle est incomplĂšte, mais si nous ne pouvonsavoir pleinement conscience de ce que nous sommes, et si, de plus, l'Ă©tat de conscienceest un moment qui ne peut durer toute la vie soumise Ă  l'urgence de l'action, on peut sedemander si nous pouvons ne pas ĂȘtre trompĂ©s sur nous-mĂȘmes. L'illusion de laconscience qui consiste Ă  croire qu'elle peut saisir elle-mĂȘme l'ĂȘtre vĂ©ritable est unetromperie qui loin d'ĂȘtre le mouvement mĂȘme de la conscience comme repli sur soi, n'estjamais qu'un coup d'arrĂȘt.. »
Laconscience ne nous trompe jamais a) Tout d'abord, il semble que la conscience de soi, aprĂšs ce que nous avons dit, ne soit pas toujours du mĂȘme niveau. Nous avons tous plus

Revenir au programme Information ProblĂ©matique ! Au cours de cette fiche, nous poserons de nombreuses problĂ©matiques qui guideront la rĂ©flexion sur la conscience. Elles sont essentielles pour saisir tous les concepts que la notion de conscience englobe. Dans un dictionnaire français classique, la conscience peut se dĂ©finir des façons suivantes Connaissance, intuitive ou rĂ©flexive immĂ©diate, que chacun a de son existence et de celle du monde extĂ©rieur. ReprĂ©sentation mentale claire de l’existence, de la rĂ©alitĂ© de telle ou telle chose. Cependant, la rĂ©alitĂ© du concept est bien plus vaste. Au travers de philosophes, exemples et rĂ©flexions diverses, nous tenterons de dĂ©finir ce qu’est la conscience. Qui suis-je ? Que suis-je ? Notre identitĂ© nom, prĂ©nom, date et lieu de naissance ne dĂ©finit pas qui l’on est. De la mĂȘme maniĂšre, dĂ©finir biologiquement l’Homme ne suffit pas Ă  le caractĂ©riser. Chaque personne connaĂźt cependant ce qu’il est, mĂȘme si l’on peut demander si on se connaĂźt mieux que les autres ne nous connaissent. Tout sujet est sensibles aux diffĂ©rentes sentiments qu’il subit chaque jour, ces derniers le façonnant au fil du temps. Chaque individu bĂątit donc sa personne grĂące, ou Ă  cause, des sentiments qu’il a rencontrĂ© au cours de sa vie. Il est donc lĂ©gitime de se demander si ce sont les sentiments qui nous dĂ©finissent. Notre sociĂ©tĂ© nous oblige Ă  ce que nous soyons responsables, capable de penser et d’agir, ĂȘtre une personne. Mais qu’est-ce que la personnalitĂ©, l’identitĂ© personnelle ? Descartes tente de rĂ©pondre Ă  cette question. Pour conduire sa vie, il dit avoir besoin de certitude, cependant, il manque d’un point fixe, un repĂšre, une connaissance indubitable pour bĂątir son raisonnement. Afin de dĂ©finir la vĂ©ritĂ©, il va user du doute cartĂ©sien/mĂ©tabolique/hyperbolique », qui consiste Ă  douter de tout pour s’enrichir de certitudes. Il considĂšre chaque source de connaissance et s’assure de sa vĂ©racitĂ© les parents, les professeurs, les livres les thĂ©ologiens
.Enfin, il recherche en soi une capacitĂ© Ă  bĂątir ses propres certitudes grĂące Ă  ses sensations, son imagination et son entendement/sa raison. Ainsi, il ne se perd pas dans le labyrinthe des connaissances », c’est-Ă  dire un flou d’informations dont il ne peut certifier l’authenticitĂ©. Se basant sur ses capacitĂ©s internes, il reporte Les sensations [l’ouĂŻe, la vue, le toucher, l’odeur, le goĂ»t] peuvent nous tromper illusions, mirages
 et ne permettent pas d’établir des vĂ©ritĂ©s absolues. L’imagination facultĂ© de connaissance Ă  cette Ă©poque mais non-fiable puisque trompeuse par dĂ©finition. De plus, les erreurs dĂ©coulent de l’imagination. L’entendement fondement rationnel, fiable et solide. Mais Descartes pousse son raisonnement plus loin et pose les problĂšmes du malin gĂ©nie et du rĂȘve Il expose que l’on sait que nous sommes Ă©veillĂ©s lorsqu’on peut douter des choses, c’est une hypothĂšse raisonnable. Il annonce que Dieu le trompe peut-ĂȘtre en lui offrant une rĂ©alitĂ© qui le met Ă  l’épreuve, le teste. Doit-on se demander si tu tout est dubitable ou si quelque chose n’échappe pas au doute ? Hors Descartes avance qu’il doute, pense
 , [ je rĂȘve »] donc il existe forcĂ©ment pour que Dieu puisse le tromper Cogito ergo sum. » Une chose indubitable, je suis sĂ»r d’exister » donc, Ă  la question Que suis-je ? », il rĂ©pond cette chose qui pense ». Descartes dĂ©finit en suite des pensĂ©es confuses et dĂ©penser clairs, distinctes dont il est certain. Exemple je suis mon corps ; j’existe, il m’appartient. → PensĂ©e claire et distincte. Descartes Je ne suis pas dans mon corps comme un pilote dans son navire ». Ici la douleur, par exemple, permet de m’indiquer l’unitĂ© de mon corps et donc le lien insĂ©cable entre le corps et l’esprit. John Locke met en place le principe de la conscience On dĂ©finit que tous les ĂȘtres vivants sont intelligents, c’est-Ă -dire capable de produire une rĂ©ponse adĂ©quate Ă  une modification de leur environnement. Locke s’intĂ©resse aux concepts de personnes ≠ d’individu. Tout d’abord, Dieu est une personne, une cause de soi, un ĂȘtre qui peut s’engendrer lui-mĂȘme et qui peut se dĂ©terminer et faire des choix. Dieu aurait donnĂ© Ă  Adam et Eve, un libre-arbitre sachant ce qui est bien choisir de faire le mal. La conscience morale est dĂ©finie depuis trĂšs longtemps [notamment dans les Ă©crits bibliques, fondateur de la pensĂ©e chrĂ©tienne.] Elle consiste en la diffĂ©renciation du Bien et du Mal. Afin de comprendre ce qu’est la personne, l’Homme, on Ă©tablit trois de ses caractĂ©ristiques fondamentales Locke pose le problĂšme de la diffĂ©rence, ĂȘtre une personne, c’est avant tout se diffĂ©rencier. Leibniz Ă©tablit le principe des indiscernables Si deux choses sont identiques, elles sont nĂ©cessairement au mĂȘme endroit au mĂȘme moment. » Au-delĂ  de se diffĂ©rencier, on apprend Ă  s’unir Ă  ĂȘtre unifiĂ© avec soi-mĂȘme, la coordination du corps. Enfin, on acquiert une identitĂ© propre, ce qui fait qu’une personne est unique et absolument distincte d’une autre, c’est-Ă -dire l’ipsĂ©itĂ©. Ainsi, la conscience est un effort constant, elle doit se diffĂ©rencier, s’unir et se considĂ©rer soi-mĂȘme comme une mĂȘme personne. Une personne ĂȘtre et pensant et intelligent, douĂ© de raison et de rĂ©flexion, qui peut se considĂ©rer soi-mĂȘme comme soi-mĂȘme, une mĂȘme chose pensante en diffĂ©rents temps et lieux. Toute perception est consciente Leibniz s’interroge est-on conscient de toutes nos sensations ?. John Locke ajoute que la mĂ©moire est une donnĂ©e de la conscience, on est conscient aussi loin qu’on s’en souvienne. L’exemple de l’homme saoul et l’homme sobre Un homme saoul commet un crime. Au moment de son audience, il affirme qu’il n’était pas lui-mĂȘme ». Ce n’est pas la mĂȘme personne, mais c’est le mĂȘme individu selon la justice. Locke s’accorde sur deux faits C’est la mĂȘme personne. La justice ignore le vĂ©ritable Ă©tat au moment des faits, on s’accorde Ă  confondre personne et individu puisque les faits accusent cet individu. Il est possible que nous pensions des choses et que nous les ignorions ensuite. Le dernier des juges reste notre conscience, si la personne se sent ou non-coupable. La conscience en tant que concept Morale Distinction et connaissance du Bien et du Mal. Libre arbitre Sachant ce qui est Bien, pouvoir choisir le Mal. Psychologique Savoir que l’on existe, cf. le cogito » de Descartes, la premiĂšre certitude que l’on a. Le mot conscience » vient du latin conscientia connaissance partagĂ©e avec un autre. Citations et rĂ©fĂ©rences L’enfer c’est les autres »Sartre Compris Ă  tort par la majoritĂ© comme si les relations avec autrui Ă©taient infernal. Signifie que les autres sont le reflet de notre propre existence on se voit dans le regard de l’autre tel qu’on ne pourrait jamais se voir. C’est par le regard d’autrui que l’on est quelque chose, mais il faut fuir les relations qui nous pĂ©trifie dans une identitĂ© qui nous nuit L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est roseau pensant » Pascal Mise en opposition d’une grandeur la pensĂ©e et d’une faiblesse le plus faible roseau. L’homme est misĂ©rable petit, faible, mĂ©chant -> sa finitude mais il en est conscient. Par le mot penser, j’entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l’apercevons immĂ©diatement par nous-mĂȘme » Descartes Dans son raisonnement philosophique sur la remise en question de ce qui est vĂ©ritable ou non, Descartes va jusque douter de sa propre existence. Mais puisqu’il sait qu’il doute, alors il est assurĂ© qu’il existe.

DĂšslors, si la conscience est bien re-prĂ©sentation, c’est-Ă -dire rĂ©tention, mĂ©moire rĂ©miniscence selon Levinas, si elle est la libertĂ© du sujet en acte, ce rassemblement de
La conscience Fiche de revision n°1 La conscience I/ La connaissance de soi doit-elle passer par la conscience de soi? a/ La prise de conscience b/ L’attention c/ Le choix II/ La conscience est-elle une connaissance privilegie de soi? A/ La representation B/ La reflexion C/ La reflexivite III/ La conscience de soi est-elle connaissance objective de soi? I/ La connaissance de soi doit-elle passer par la conscience de soi? a/ La prise de conscience Elle a le pouvoir de conduire a un changement dans notre vie. Quand trouve t’on une prise de conscience chez SOCRATE? 1er degres de la prise de conscience L’experience de l’aporie prise de conscience passive et contrainte; par la rencontre d’un obstacle; elle met en echec la croyance illusoire engendre par l’opinion. Opinion = ignorance+ignorance qui s’ignore elle-meme 2eme degres de la prise de conscience Prendre conscience c’est se dedoubler de la pensee en se mettant a distance de ce que l’on faisait, etait, croyait, sans reflexion? Homme vieux » ou vieux moi » On se place alors au point de vue nouveau ? Homme neuf » 3eme degres de la prise de conscience Prise de distance permanente; humour forme de sagesse, elle permet de mesurer nos limites et d’en rire. b/ L’attention Elle permet non pas de changer quelque chose dans notre vie, mais notre vie en profondeur changer DE vie, changer en passant d’une vie a l’exterieur en passant a une vie qui se cree a partir de soi. La conscience n’est pas seulement prise de distance, elle s’investit aussi dans la realite, dans l’action. Par exemple lorsque je suis consciencieuse je dirige mon action vers un objectif. L’attention c’est un effort de maitrise sur un objectif pour rapporter ce que l’on sait a ce que l’on decouvre et determiner de plus en plus precisement les contours de l’inconnu. cf. texte de Socrate ou il fait preuve lui-meme d’attention. Attention volontaire? Attention spontanee Attention spontanee Les animaux par exemple en font preuve, elle correspond a l’attente du retour dans l’avenir d’un evenement passe. Attention volontaire elle n’est pas la forme la plus reflechie de l’activite de la conscience? donc l’etre conscient risque de se disperse de s’oublier lui-meme dans son activite et donc de se definir seulement par la facon dont il s’investit dans le monde exterieur. Ce qui compte en fait ce sont nos actes dans la mesure ou ils sont intentionnels et maitrise. Ce sont nos qualites et nos defauts qui font ce que nous sommes, mais c’est aussi moi qui fait mes qualites t mes defauts selon que je les ignorent ou les controlent et selon la conscience que j’en ai. Ici ce que je suis c’Est-ce que j’ai reussi a etre, le connaissance de soi devient morale. Praxis? Poesis ARISTOTE Praxis Action ou l’agent se modifie lui-meme en fonction d’un jugement sur la valeur d’un but a atteindre. Poesis Fabrication technique, savoir determiner les moyen de produire une fin on sait juger de la valeur des moyens Les vertus pour etre morales doivent etre issus de la conscience de chaque individu, il faut s’inventer dans chaque situation. Induction= du concret a l’universel, pour SOCRATE le questionnement sur chaque vertu particuliere par exemple qu’Est-ce que le courage? doit mener au questionnement sur la vertu en general, pour lui il n’y a qu’un seul bien. Qu’Est-ce que la vertu? = Connais toi toi-meme », phrase qu’il faut reinventer, SOCRATE lui donne un nouveau sens il s’agit de se realiser sois meme a partir de l’interrogation sur ce que l’on doit etre. On en arrive a une connaissance de soi sur ce que j’ai d’humain, la conscience ou connaissance de l’humanite en soi. Avec l’attention, il s’agit de devenir. La pensee de l’homme reste encore opaque, il doit encore la decouvrir. c/ Le choix Qu’Est-ce que l’etre humain a de different par apport a un etre qui ne l’est pas? Le choix est une puissance de changement, cette fois pour changer la vie, changer le sens de la vie. Que la foule en convienne ou non, quelque soit le sort qui nous est reserve, l’injustice est dans tout les cas pour celui qui la commet un mal et une honte. » Rq – On juge universellement l’intention de l’acte et pas ses consequences – C’est une affirmation universelle-meme si un seul individu est seul a la soutenir Universel? Unanime Dans cette citation on a d’un cote la conscience morale principes moraux et de l’autre la conscience collective/conscience psychologique poids des emotions, des sentiments, ici peur de mourir » D’apres la citation ce choix est un choix qui determine la vie, le sens de la vie. Il s’agit d’offrir le choix d’une autre perspective sur la vie humaine en la referant a des valeurs et a un sens de nature immortelle ou eternelle. Donc en placant au fondement de la vie humaine mortelle une vie immortelle celle de l’ame. II/La conscience est elle une connaissance privilegie de soi? / La representation La conscience rapporte l’homme a lui-meme a sa place dans le monde, mais en meme temps elle l’eloigne de lui-meme pour en faire un etre des lointains ». En effet penser, c’est etre ailleurs. Selon Hegel, l’homme a une double existence, il vit les choses, et il les pensent. Par sa conscience l’homme n’est pas seulement dans la presence, il est aussi dans la representation de lui-meme ou de tout autre objet de penser. Presenter ? Representer Presenter c’est referer a une existence dans un lieu present et dans un temps present ici et maintenant. Representer , c’est presenter une deuxieme fois par la pensee, et non plus dans l’espace et le temps. C’est presenter qqch en son absence quand il n’est plus ou pas encore la. Mais l’imagination reste dans la dependance de la perception, or toute representation ne depend pas de la perception ni de l’imagination. Imagination Capacite de representer les choses en leurs absence. –Sans doute qu’il n’y pas de pensee humaine qui ne s’accompagne pas d’image –Mais toute les pensees ne Sont-elles que des images? Perception ? Representation Le lien entre perception, imagination et entendement c’est la pensee. La pensee Ce dont nous pouvons avoir la representation dans l’esprit Pour DESCARTES il n’y a de pensee que consciente. Conscience capacite a apercevoir nos pensees, leur contenu de facon immediate. Pour DESCARTES il y une independance entre la realite pensante et la realite physique? dualisme cartesien Je ne suis pas seulement loge dans mon corps ainsi qu’un pilote en son navire, mais outre cela
je lui suis conjoint tres etroitement et tellement confondus et mele que je compose comme un seul tout avec lui. » DESCARTES Meditation Metaphysiques VI . Du point de vue ordinaire JE SUIS un corps, du point de vue reflechis J’AI un corps. / La reflexion La reflexion est le retour de l’esprit sur ses pensee en les reconnaissant pour siennes. Exemple l’emotion avec la peur, au depart c’est l’araignee qui est effrayante puis lorsque plus tard je repense a cette experience je me rend compte que c’est MOI qui est ete effrayee. Lettre cursive 2 extrait des Meditations Metaphysique de DESCARTES 1 Nous avons acces a nos id la realite exterieure que par le monde interieur de nos idees, or nous avons des idees aussi bien quand nous revons que lorsque nous percevons, donc nos idees a elles seules ne permettent pas de distinguer le reve de la realite. La realite pourrait etre un reve cf. argument baroque. Pourtant nous avons un instinct naturel qui nous permet de ressentir la realite donc Qu’Est-ce qui nous permet de remettre en doute cela? 2Selon DESCARTES sur quelles connaissances ne peut on s’appuyer et pourquoi? La perception sensible voir ex du Soleil. Autre exemple la platitude. Il y a une contradiction entre ce que nous percevons par les sens et l’explication scientifique. Et pourtant cette contradiction ne nous permet pas de nous debarrasser de cette perception illusoire car elle nous trompe et elle ne peut cesser de nous tromper. Les inclinations naturelles, spontanee elles nous disent qu’il y a une realite hors de nous, elles nous font passer de l’idee de chose reelles a l’affirmation irreflechis qu’elles existent hors de nous. Autre inclination le sentiment qu’il faut fuir la douleur et rechercher le plaisir. La connaissance rationnelle elle meme ce n’est pas habituel, de plus DESCARTES s’en sert pour demontrer sa these. Il affirme pourtant que les theories scientifiques nous les avons invente alors qu’elle sont sense dire ce qu’est la realite. On accede alors a la realite la plus concrete par ce qu’il y a de plus abstrait Les Mathematiques. Mais il y a une difference entre la perception de la lumiere par exemple et sa realite physique, les equations mathematiques ne ressemblent pas aux couleurs que nous percevons. Psychologiquement la lumiere est une QUALITE et non une QUANTITE. 3 Sur quelles connaissances s’appuie t’il au contraire, et pourquoi? ? Connaissance de l’esprit lorsque l’on a une idee, on l’a vraiment. L’expression interiorite est trompeuse, car elle renvoie par opposition a un interieur or cette interiorite ne se situe pas dans un espace. L’interiorite c’est seulement ce qui reste dans la pensee une fois que l’on a suspendu toute reference exterieur a l’esprit pensant. Elle joue un role de REPLIS par apport a tout ce qui est trompeur ou plus generalement par apport a tout ce qui est autre que nous. Elle joue egalement un role de reference point fixe par apport auquel tout le reste est en mouvement. Dans son interiorite l’homme est un concepteur d’univers. c/ La reflexivite ? Le doute cartesien je doute donc je pense donc je suis. je pense donc je suis » extrait du discours de la methode. Quelle est cette existence? ’est une existence pensante a partir du moment ou elle se pense. C’est la premiere certitude, mais c’est la plus pauvre. C4est tout de meme la certitude ultime qui subsiste lorsque tout le reste est douteux. Reflexivite capacite qu’a la conscience de se prendre elle meme et ses actions pour objet, de se dedoubler en conscience connaissante. III/ La conscience de soi est elle connaissance objective de soi? -Nous avons acces a nous meme par l’introspection. -Se rendre compte que la verite du monde exterieur depend de la verite du monde interieur -La reflexivite nous apporte la premiere certitude ere critique Notre pensee peut s’exprime aux autres avant meme que nous la saisissions nous meme. La logique de nos propres actions peut nous echapper alors que d’autres la comprendrons tres bien conduite d’echec ou amoureuse par exemple 2eme critique Nous somme obscure a nous meme, nous avons a decouvrir progressivement une realite exterieure. Nous devons distinguer le moi c’est la personnalite concrete et le je sujet conscient actif. La perception interieure a un desavantage, il lui manque l’objectivite de la perception exterieure, il lui manque l’espace. Or l’espace nous permet d’avoir plusieurs point de vue en meme temps. On ne peut pas etablir de repere objectif a partir de sa seule experience interieure. Si la conscience de soi se reduit au sentiment interieur de ses propres etats et de leurs succession alors nous ne pouvons fixer cette realite pour en faire un objet d’observation. La conscience n’est connaissance de soi qu’en empruntant des elements de description objective a l’observation du monde exterieur cad dire j’ai eprouve telle tristesse
 »
IdĂ©eclĂ© #1. Comment retrouver l'estime de soi et la confiance: 5 stratĂ©gies. 1- Ressentir le malaise. 2- Allez dans le sens du ressenti. Dire non ! Dire oui, sans aller au-delĂ  de vos limites. 3- Bien vous ancrer dans le moment prĂ©sent. IdĂ©e clĂ© #2. 4- Estime de soi et rapports avec les autres. L'analyse du professeur Dans Les confessions, Rousseau explique qu’il se souvient de certains Ă©pisodes traumatiques de son enfance qui ont fait naĂźtre en lui le sentiment de l’injustice. Cette narration que l’on retient souvent sont le nom du ruban volĂ© » ou du peigne cassĂ© » est le rĂ©cit d’une prise de conscience de soi lors de laquelle le jeune Rousseau rĂ©alise que le monde ne correspond pas nĂ©cessairement Ă  ses dĂ©sirs, et que tout action implique une responsabilitĂ© et une confrontation Ă  une altĂ©ritĂ© qui ne se plie pas nĂ©cessairement Ă  ses dĂ©sirs. Cet exemple paraĂźt nous instruire sur le fait que la conscience de soi peut rendre l’homme malheureux. Ce constat paraĂźt cependant paradoxal. Si nous dĂ©finissons en effet la conscience comme con-science, nous devons comprendre la conscience comme le fait d’avoir une connaissance, un savoir, et la conscience de soi comme l’opĂ©ration par laquelle un homme prend connaissance de lui-mĂȘme ? Cette connaissance semble alors correspondre Ă  une meilleure capacitĂ© Ă  se comprendre, et il n’apparaĂźt pas Ă©vident que cette comprĂ©hension ait immĂ©diatement pour consĂ©quence un sentiment de douleur et de tristesse, puisque la comprĂ©hension est en gĂ©nĂ©ral plutĂŽt conçue comme un auxiliaire important de la vie et de l’action, permettant Ă  l’homme d’ĂȘtre mieux prĂ©parĂ© face aux Ă©vĂšnements qui peuvent lui arriver. N’est-il en ce sens pas paradoxal de prĂ©senter la connaissance comme un malheur alors mĂȘme que la connaissance semble distinguer l’homme de l’animal et faire de lui un ĂȘtre plus intelligent et mieux Ă  mĂȘme d’agir en connaissance de cause ? Nous essaierons ainsi de montrer tout d’abord que la conscience de soi est un atout qui permet Ă  l’homme de viser un bonheur auquel il n’aurait pas accĂšs s’il ne la possĂ©dait pas. NĂ©anmoins, nous constaterons ensuite que cette visĂ©e du bonheur repose sur des incertitudes et peut entraĂźner des frustrations qui font que l’homme peut souffrir de cette disjonction entre ce qu’il pense et ce qu’il vit. Nous tenterons alors enfin de dĂ©passer cette opposition entre bonheur et malheur pour montrer que la conscience de soi ne peut rendre l’homme heureux qu’à la condition qu’il refuse de considĂ©rer la conscience de soi comme une vĂ©ritĂ© indubitable. ...

Afinde montrer que ce qui est donné dans l'apparence est réellement donné, on peut s'appuyer sur la distinction kantienne entre le phénomÚne, la chose en soi et l'apparence: le phénomÚne comme apparaßtre (et non comme apparence trompeuse) désigne la façon dont le réel se présente à nous dans les formes de l'intuition (l'espace et

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ï»żLaconscience s’exprime par la pensĂ©e qui est soit directe, si elle dĂ©signe l’objet de son expĂ©rience extĂ©rieure, soit rĂ©flĂ©chie, si elle est conscience de soi. La conscience est Ă©tymologiquement un « savoir » (du latin scientia) accompagnant (cum, « avec ») l’existence, la pensĂ©e et l’action d’un sujet.
Au programme de notre dictionnaire de philosophie la conscience Table des MatiĂšres1 La conscience en philosophie2 DĂ©finitions gĂ©nĂ©rales du concept de conscience 3 Cours sur la notion de conscience4 DĂ©finitions particuliĂšres de philosophes sur la conscience / la subjectivitĂ© Dans l'AntiquitĂ©, la conscience n'existait pas seul le “noos”, l'esprit connaissant, avait une valeur. C'est la modernitĂ© philosophique qui a donnĂ© au sujet une conscience. Descartes l'a posĂ©e comme le socle de la connaissance car la conscience a rĂ©sistĂ© au doute mĂ©thodique, elle peut donc servir de fondement sur lequel s'Ă©difierait l'ensemble du savoir cf. La MĂ©taphysique de Descartes. Kant, Hegel, ou encore Sartre reprennent Ă  leur compte cet acquis de la philosophie moderne. DĂ©finitions gĂ©nĂ©rales du concept de conscience – Du latin conscientia connaissance partagĂ©e avec un autre – Sens psychologique connaissance, intuition ou sentiment qu'un sujet possĂšde de lui-mĂȘme, de se Ă©tats et de ses actes – Sens moral capacitĂ© de formuler des jugements moraux, sur le bien et le mal Cours sur la notion de conscience Introduction Conscience » cum scientia latin. La conscience activitĂ© psychique qui fait que je pense le monde et que je me pense moi-mĂȘme. Et ce parce que la conscience est une mise Ă  distance. La conscience est mise Ă  distance De l’homme face au monde De l’homme face Ă  lui-mĂȘme La conscience ce qui fait que je ne suis pas posĂ© dans le monde comme peut l’ĂȘtre un objet mais que je me rapporte au monde, que je le vise, que je m’y projette. Etre conscient, c’est sentir, agir, penser et savoir que je sens, que je pense et que j’agis. L’homme n’est pas posĂ© dans le monde, il s’y rapporte. Par la conscience, le monde devient objet de connaissance et de rĂ©flexion. Etre conscient des actes accomplis et des pensĂ©es Ă©laborĂ©es n’en fournit pas pour autant l’intelligibilitĂ©. De plus, la conscience est une mise Ă  distance de l’homme par rapport Ă  lui-mĂȘme. Elle peut ĂȘtre ce qui lui inflige des expĂ©riences douloureuses ex la conscience morale, la culpabilitĂ©, le remords. Ex Crime et chĂątiment DostoĂŻevski avec le personnage de Raskolnikov aprĂšs le double meurtre de l’usuriĂšre et de sa sƓur. Par la conscience morale, l’homme fait l’épreuve d’actes dans lesquels il a du mal Ă  se reconnaitre. En ce sens, la conscience signifie moins l’accĂšs Ă  une identitĂ© stable, dĂ©finie qu’à une tĂąche Ă  effectuer. ProblĂ©matique En quoi la conscience fait elle la grandeur et la misĂšre de l’homme ? La conscience ce qui permet la connaissance La conscience permet Ă  l’homme de rĂ©pondre de ce qu’il est. Ceci l’élĂšve au-dessus de l’animal. Mais ce phĂ©nomĂšne est aussi ce qui le sĂ©pare de l’immĂ©diatetĂ© et de l’innocence de l’instant. La conscience est donc synonyme de dignitĂ©, elle est ce qui permet Ă  l’homme de penser le monde et de se penser lui-mĂȘme. Mais cette dignitĂ© a un prix, elle est une libĂ©ration qui impose la nĂ©cessitĂ© de devoir rĂ©pondre de ses actes et de les assumer. ParallĂšlement Ă  cela parce qu’elle permet la pensĂ©e, elle est ce qui permet le questionnement philosophique. Si la conscience est ce qui permet le raisonnement philosophique, il semble nĂ©cessaire de s’interroger sur l’origine de cette interrogation. A la question connais-toi toi-mĂȘme », Socrate rĂ©pond je sais que je ne sais rien ». NĂ©gativitĂ© de la connaissance le savoir se pose ici comme la conscience de ne rien savoir. I Descartes La conscience va aboutir comme positivitĂ© fondatrice. Les mĂ©ditations mĂ©taphysiques. Cogito ergo sum » Remise en question des perceptions, des opinions et des jugements. Le doute est un outil, il est mĂ©thodique, radical et systĂ©matique. Il a pour but d’aboutir Ă  la dĂ©couverte d’une vĂ©ritĂ© fondatrice, indubitable et certaine Ă  partir de laquelle la science et la connaissance pourraient ĂȘtre refondĂ©es. On doute du plus simple au plus complexe le plus simple douter des 5 sens plutĂŽt que de douter de chacune de mes perceptions ce qui serait infini, il faut douter de ce qui permet la perception les 5 sens. Cf texte du morceau de cire et de la tour qui semble carrĂ©e et qui en fait est ronde. Les sens sont donc trompeurs. Si les sens sont trompeurs, il est nĂ©cessaire de douter ce qui fonde mes 5 sens le corps. Descartes doute de l’existence de son propre corps. Mais si mes sens sont trompeurs, mes pensĂ©es peuvent aussi l’ĂȘtre doute quant aux vĂ©ritĂ©s mathĂ©matiques. Comme celles-ci ne procĂšdent pas de l’expĂ©rience et sont dans mon esprit, il faut bien qu’un ĂȘtre les y ait mises. Douter de ces vĂ©ritĂ©s, c’est donc nĂ©cessairement poser l’hypothĂšse de l’existence d’un Dieu qui ne cesserait de me duper. D’oĂč l’hypothĂšse de l’existence d’un malin gĂ©nie. DĂ©but de la conclusion je puis douter de toute mais pour douter il faut que je pense et pour penser il faut que je sois je pense, je suis. DĂšs que je pense et aussi longtemps que je pense, je suis. L’unique certitude qui rĂ©siste au doute je pense donc je suis ». Mais cette vĂ©ritĂ© affirme le fait que j’existe, elle ne me dit pas la nature de ce que je suis. Etre conscient d’exister ne m’informe pas sur l’identitĂ© de cet existant. La conscience peut-elle ĂȘtre objet de connaissance ? II La Conscience est une activitĂ© La conscience une activitĂ© qui accompagne mes reprĂ©sentations Kant Logique intro 1800 Contrairement Ă  Descartes qui dĂ©finit la conscience comme une chose, Kant la prĂ©sente comme une activitĂ©. La conscience est une fonction nĂ©cessaire de la pensĂ©e mais ne me donne pas la connaissance de ce je que je suis. Pour identifier ce moi, il est nĂ©cessaire que le pouvoir d’indentification soit initialement dans la conscience, pouvoir d’identification qui permet d’établir la relation entre sujet et objet. Kant distingue la reprĂ©sentation » de la connaissance », la matiĂšre » de l’ intuition », la sensibilitĂ© », la forme », l’ entendement ». Selon Kant, la connaissance procĂšde de deux sources la sensibilitĂ© et l’entendement sans la sensibilitĂ© l'entendement est vide, sans l’entendement, la sensibilitĂ© est aveugle. cf. La Critique de la Raison Pure SensibilitĂ© facultĂ© par laquelle les objets me sont donnĂ©s rĂ©ceptivitĂ©, sensation. Entendement facultĂ© intellectuellepar laquelle les objets sont pensĂ©s facultĂ© de connaitre. FacultĂ© intellectuelle qui produit les concepts Ă  partir desquels des intuitions sensibles sont reliĂ©es entre elles et ordonnĂ©es car subsumĂ©es. Subsumer » ranger une intuition sensible sous un concept, donc identifier, connaitre. Ex celui qui voit une maison pour la premiĂšre fois simple intuition. Celui qui voit une maison et qui a dĂ©jĂ  dans son entendement le concept de maison en a la reprĂ©sentation. Le je » accompagne toutes mes reprĂ©sentations et les unifie. La conscience, le je » est originaire. Il est ce qui permet cette unification et la conscience de soi procure aux reprĂ©sentations leur cohĂ©rence. Pour que les reprĂ©sentations soient unifiĂ©es, il faut admettre ce pouvoir unificateur comme ce qui permet la connaissance, donc le penser comme originaire. La conscience est donc une activitĂ©, elle est un pouvoir de synthĂšse. Le sujet ne peut prendre conscience de lui-mĂȘme qu’à travers cette activitĂ©. Comme, la conscience de soi ne peut apparaitre que lorsqu’elle se rĂ©alise, elle ne peut pas ĂȘtre une connaissance de soi car elle est ce qui permet la connaissance. La conscience, lorsqu’elle se prend elle-mĂȘme pour objet de pensĂ©e ne peut se penser Ă  vide. Elle se pense Ă  partir des contenus de pensĂ©e qui l’investissent. La conscience prĂ©sente ainsi un caractĂšre paradoxal, elle est ce qui permet la connaissance de l’objet, mais elle ne peut ĂȘtre elle-mĂȘme objet de connaissance. La conscience immĂ©diate et la conscience rĂ©flĂ©chie, la connaissance du monde, la connaissance de soi. La conscience de soi se dĂ©finit comme la possibilitĂ© pour le sujet de prendre pour objet de connaissance ses Ă©tats de conscience la conscience se retourne sur elle-mĂȘme pour penser ses contenus de pensĂ©e. La conscience participe ainsi de deux mouvements La conscience immĂ©diate elle est celle qui accompagne les actes du sujet avoir conscience de quelque chose La conscience rĂ©flĂ©chie celle dans laquelle le sujet se pense lui-mĂȘme comme conscient de quelque chose. Exemple Kant le passage de la simple conscience de soi Charles veut manger » Ă  je veux manger » la conscience de soi Kant Avant il se sentait, maintenant il se pense » Les deux mouvements fonctionnent ensemble toute conscience est toujours conscience de quelque chose et je ne peux prendre conscience de ce que je suis qu’en me regardant au travers des actes accomplis la conscience rĂ©flĂ©chie prĂ©suppose la pensĂ©e immĂ©diate. De la mĂȘme façon, le sujet ne peut avoir conscience de quelque chose que parce qu’il s’y sait prĂ©sent je n’ai conscience du monde que pace que je suis conscient d’y ĂȘtre la conscience immĂ©diate prĂ©suppose la conscience rĂ©flĂ©chie. Elles sont donc inscrites dans une activitĂ©, dans un mouvement, donc dans une temporalitĂ© qui entrelace la conscience immĂ©diate et celle rĂ©flĂ©chie sans pour autant les faire coĂŻncider. Cette absence de coĂŻncidence avec soi clairement chez Bergson. Cette non coĂŻncidence apparait avec la notion de durĂ©e. Le mouvement effectuĂ© inscrit la conscience dans la durĂ©e. La conscience Ă©tablit une relation entre le passĂ©, le prĂ©sent et l’avenir. III La conscience et la temporalitĂ© Texte de Bergson l’énergie spirituelle La conscience est conservation du passĂ©. La conscience est mouvement vers l’avenir. Donc la conscience est un lien entre le passĂ© et l’avenir car c’est le rapport Ă  la mĂ©moire et au projet qui caractĂ©rise la conscience. Bergson lie le savoir Ă  la mĂ©moire et Ă  l’anticipation. La mĂ©moire est une fonction du passĂ©. La conscience est attention portĂ©e au prĂ©sent. Elle est donc fondamentalement pratique. La conscience chez Bergson est une chose concrĂšte, c’est-Ă -dire une rĂ©alitĂ© dont nous faisons l’expĂ©rience Ă  chaque instant. Elle apparait d’autant plus clairement qu’elle se rĂ©alise Ă  chaque rapport au monde car elle accompagne chacune de nos perceptions et chacun de nos actes. La conscience se caractĂ©rise par la mĂ©moire une conscience sans mĂ©moire serait une conscience inconsciente », une conscience sans conscience d’elle-mĂȘme une conscience qui ne pourrait jamais rien identifier et serait ainsi confrontĂ©e Ă  un perpĂ©tuel inconnu. Or la conscience est le lieu dans lequel les Ă©vĂ©nements s’impriment. Elle se dĂ©finit d’abord par la perception des objets qui nous environnent et cette perception implique la mĂ©moire percevoir, c’est se souvenir » Bergson Etre conscient », signifie ĂȘtre capable d’effectuer le lien entre un Ă©vĂ©nement prĂ©sent et un Ă©vĂ©nement passĂ© afin que celui prĂ©sent puisse ĂȘtre identifiĂ©, reconnu et que je puisse agir dans le monde et donc y vivre. La conscience est aussi tension vers l’avenir, anticipation car agir dans le prĂ©sent signifie nĂ©cessairement s’engager dans ce que ce prĂ©sent va devenir. Si la conscience rapporte l’évĂ©nement prĂ©sent Ă  celui passĂ© pour pouvoir identifier celui prĂ©sent, si la conscience est relation Ă  l’évĂ©nement prĂ©sent Ă  partir de l’avenir qu’il annonce, quelle relation la conscience peut-elle avoir avec le prĂ©sent ? Si la conscience est en relation avec ce qui nest plus le passĂ©, et ce qui n’est pas encore l’avenir quelle relation a-t-elle avec ce qui est l’instant prĂ©sent ? L’instant prĂ©sent est par nature fugace, fugitif commencer Ă  percevoir l’instant prĂ©sent signifie qu’il n’est dĂ©jĂ  plus du prĂ©sent mais dĂ©jĂ  du passĂ© car la pensĂ©e s’y applique l’instant est alors dĂ©jĂ  un souvenir. De la mĂȘme façon, anticiper le prĂ©sent est impossible. L’instant n’existe pas dĂšs qu’il apparait, il n’est dĂ©jĂ  plusil est dĂ©jĂ  du passĂ©, aussi longtemps qu’il est attendu, il n’est pas c’est de l’avenir. DĂšs lors, le prĂ©sent n’est qu’une durĂ©e participĂ©e par le passĂ© immĂ©diat et l’avenir imminent. Le prĂ©sent, c’est quelque chose qui dure. LĂ  oĂč Descartes voyait la conscience comme une chose qui pense, Bergson voit une chose qui dure, qui s’écoule. Pour Bergson, la conscience est progrĂšs et son inspiration dans la durĂ©e fait que l’homme est ce qu’il fait et fait ce qu’il est. Si la conscience est happĂ©e par le passĂ© et tendue vers l’avenir, la conscience est mouvement, visĂ©e. IV Toute conscience est conscience de quelque chose » Husserl. Tout cogito porte en lui son cogitatum auquel elle se relie et dont il se distingue. La conscience est toujours relation avec autre chose qu’elle-mĂȘme. Il y a toujours une distance entre la conscience et l’objet qu’elle vise. MĂȘme lorsque la conscience prend pour objet de pensĂ©e ses contenus de pensĂ©e ex ses souvenirs 
 elle ne parvient pas Ă  les penser tels qu’ils Ă©taient au passĂ© parce qu’elle ne peut les apprĂ©hender que relativement au prĂ©sent dans lequel elle est. La conscience est projet, visĂ©e du monde, elle est intentionnalitĂ© ». IntentionnalitĂ© visĂ©e, projection vers le monde. La conscience n’est plus lue comme une intĂ©rioritĂ© close sur elle-mĂȘme, elle est visĂ©e, projection. Avant d’ĂȘtre rĂ©flexive, retour sur elle-mĂȘme, la conscience est initialement relation au monde en tant que je suis un ĂȘtre qui dĂ©sire, qui agit et qui anticipe. Parce qu’elle s’anticipe, la conscience est donc toujours dĂ©jĂ  au-delĂ  d’elle-mĂȘme, elle est visĂ©e d’un ailleurs pour orienter son agir dans le monde. La conscience est donc donatrice de sens, de signification. La signification n’est pas dans la chose, c’est la conscience qui donne leur sens aux choses qu’elle vise et qu’elle perçoit. Mais si la conscience est donatrice de sens, si elle ne se rĂšgle plus sur l’objet pour le connaĂźtre mais fournit un sens Ă  l’objet, alors la conscience ne peut plus ĂȘtre pensĂ©e comme le lieu d’une vĂ©ritĂ© unique, absolue. Il apparait alors lĂ©gitime de se poser la question suivante penser la conscience comme prĂ©valant sur la conscience, est-ce une vĂ©ritĂ© ou une simple interprĂ©tation ? V La mise ne doute de la suprĂ©matie de la conscience sur le corps. Texte de Nietzsche Aurore » 1880 La conscience n’est que le simple Ă©cho du corps qui la porte au monde. Plus que cela, ne serait-ce pas une simple interprĂ©tation que l’on aurait posĂ©e comme vĂ©ritĂ© pour des raisons morales, pratiques ? Si la conscience est donatrice de sens, penser la conscience comme supĂ©rieure au corps, n’est-ce pas une simple interprĂ©tation plutĂŽt qu’une vĂ©ritĂ©, une croyance et non un Ă©tat de fait ? Avec le cogito, Descartes avait signalĂ© la sĂ©paration de l’ñme et du corps. Cependant, Descartes, affirmant par la suite que je ne suis seulement logĂ© dans mon corps ainsi qu’un pilote en son navire », il finit par rĂ©unir l’ñme et le corps car l’expĂ©rience de la faim et de la douleur physique montre que le corps peut troubler la pensĂ©e. Et cette rĂ©union n’est pas sans consĂ©quences car elle conduit nĂ©cessairement Ă  s’interroger sur l’influence du corps sur la conscience et de la conscience sur le corps. Cette interrogation est fondamentale dans l’Ɠuvre de Nietzsche. La conscience selon Nietzsche Traditionnellement, la mĂ©taphysique et la philosophie ont toujours pensĂ© la conscience comme ontologiquement supĂ©rieure au corps. Ceci n’est qu’un postulat avancĂ© pour des raisons pratiques et morales elles servent Ă  responsabiliser l’homme quant Ă  ce qu’il est et ce qu’il fait, Ă  le rendre coupable et justifie ainsi le chĂątiment
. Avant cela, la mĂ©taphysique avait dĂ©jĂ  posĂ© tout ce qui est immatĂ©riel comme ontologiquement supĂ©rieur au sensible l’ñme, l’esprit, la conscience sont donc valorisĂ©s et le corps, le sensible dĂ©prĂ©ciĂ©. Nietzsche opĂšre un reversement de cette hiĂ©rarchie il pose la conscience comme dĂ©rivative du corps la conscience est une Ă©volution derniĂšre et tardive du systĂšme organique ». Selon Nietzsche, le corps est premier, il est pluralitĂ© de forces, de pulsions qui luttent les unes contre les autres, les unes avec les autres. Ces forces constituent ce que Nietzsche appelle la volontĂ© de puissance » force qui cherche son propre accroissement, qui est toujours en devenir
 Le Moi est donc multiple et l’individu vit une pluralitĂ© de sensations, d’identitĂ©s, de rĂŽles. RĂ©duire la conscience Ă  une unitĂ©, c’est vouloir enfermer l’homme dans une identitĂ© unique, c’est vouloir le rĂ©duire Ă  un seul rĂŽle et ce rĂŽle est dĂ©fini par la philosophie comme celui de l’ animal rationnel ». Or, selon Nietzsche Tout acte de volontĂ© comporte premiĂšrement une pluralitĂ© de sentiments ». L’unitĂ© du je pense » n’est donc qu’un prĂ©jugĂ©, une illusion de la grammaire qui laisse croire que le je » dĂ©cide de la pensĂ©e alors qu’en fait le je » n’est que la consĂ©quence d’une multitude de luttes continuelles entre les diffĂ©rentes forces qui animent le corps. L’unitĂ© de la conscience est donc une illusion pratique car face Ă  la pluralitĂ© du monde, il est rassurant de se penser comme une unitĂ© plutĂŽt que de se penser comme pris dans un devenir permanent et donc d’ĂȘtre toujours autre Ă  soi-mĂȘme. PremiĂšre illusion de la conscience la conscience se pose comme cause d’elle-mĂȘme, elle se croit substance et se pense comme Ă©tant Ă  l’origine de ses pensĂ©es. Or, la conscience n’est pas ce qui donne des ordres mais qui ne fait qu’obĂ©ir Ă  ce que le corps impose les pensĂ©es viennent Ă  moi quand elles le veulent et non quand je le dĂ©cide ». La conscience n’est que le simple Ă©cho du corps. La conscience n’a accĂšs qu’à la surface des que l’on connait les raisons qui nous font agir, c’est en fait se mĂ©prendre car ces raisons fondamentales sont en profondeur et Ă©chappent Ă  la surface. La croyance en l’ego n’est donc qu’une illusion, le Moi rationnel n’est qu’un mythe, une fiction mĂ©taphysique et la souverainetĂ© de la conscience sur le corps, un fantasme. On peut alors comprendre le sens du cogito brisĂ© » chez Ricoeur le moi n’est pas transparent Ă  lui-mĂȘme. Le Moi n’est pas une identitĂ© qui est donnĂ©e de façon dĂ©finitive au dĂ©part, une fois pour toutes ; mais une identitĂ© qui ne cesse de se construire au fur et Ă  mesure ce qu'il nomme identitĂ© narrative. La conscience se manifeste ainsi par une certaine opacitĂ© Ă  elle-mĂȘme. Conclusion La conscience se dĂ©finit, certes, par son activitĂ© quant Ă  la connaissance, mais aussi par ses lacunes, ses errances, son opacitĂ©. En approchant l’homme relativement Ă  cette opacitĂ© de la conscience, force est de constater que celle-ci n’est pas transparente Ă  elle-mĂȘme. Il y a en elle des choses qui lui Ă©chappent et qui signalent que par-delĂ  ce que la conscience affirme d’autres choses se disent. Penser la conscience signifie donc aussi penser ce qu’elle ne maĂźtrise pas au sein du psychisme et qui peut la remettre en question quant Ă  son autoritĂ©. Cette remise en question passera par Nietzsche par la volontĂ© de puissance, par Marx dans le domaine social pour aboutir au thĂšme de l’inconscient chez Freud, inconscient qui induira ce constat fatal Le Moi n’est pas maĂźtre en sa propre maison » DĂ©finitions particuliĂšres de philosophes sur la conscience / la subjectivitĂ© – Descartes “Ma propre pensĂ©e ou conscience” Discours de la mĂ©thode – Rousseau “Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et cĂ©leste voix guide assurĂ© d'un ĂȘtre ignorant et bornĂ©, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable Ă  Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralitĂ© de ses actions” Emile ou de l'Education – Kant “La conscience est une reprĂ©sentation qu'une autre reprĂ©sentation est en moi” Critique de la raison pure – Kant “La conscience est la raison pratique reprĂ©sentant Ă  l'homme son devoir pour l'acquitter ou le condamner en chacun des cas oĂč s'applique la loi” Critique de la raison pratique – Hegel “L'homme est un ĂȘtre douĂ© de conscience et qui pense, c'est-Ă -dire que, de ce qu'il est, quelle que soit sa façon d'ĂȘtre, il fait un ĂȘtre pour soi” PhĂ©nomĂ©nologie de l'Esprit – Bergson “La conscience est la puissance de choix” L'Evolution CrĂ©atrice – Alain “La conscience est le savoir revenant sur lui-mĂȘme” DĂ©finitions – Sartre “La conscience est le refus d'ĂȘtre substance” L'Etre et le NĂ©ant – Rabelais “Science sans conscience n'est que ruine de l'Ăąme” Panagruel – Dante “Pourvu que ma conscience ne me fasse pas de reproches, je suis prĂȘt Ă  subir la volontĂ© de la fortune” La Divine ComĂ©die
Laconscience de soi, c’est aussi dĂ©velopper la capacitĂ© Ă  se connaĂźtre soi-mĂȘme comme leader : Apprendre Ă  repĂ©rer ce qui se passe en nous lorsque nous
Objectif L’élĂšve sera capable de dĂ©terminer les rapports de la conscience et de l’inconscient dans le comportement de l’individu. GrĂące Ă  la conscience, l’homme parvient Ă  se dĂ©tacher du monde Ă  la diffĂ©rence de l’animal. Par elle, non seulement il entre en relation avec le monde et les autres mais encore il se saisit comme le sujet des actes qu’il pose. Ainsi, l’homme semble avoir une claire luciditĂ© de ce qu’il est et fait. Mais tous les actes que l’homme pose sont-ils toujours guidĂ©s et Ă©clairĂ©s par la conscience ? Le sujet humain est-il toujours maĂźtre et possesseur de lui-mĂȘme ? Il ne le semble pas comme l’atteste l’hypothĂšse freudienne de l’inconscient de sorte que beaucoup de choses lui Ă©chappent. Pour Freud en effet, l’essentiel de la vie psychique de l’homme est constituĂ© et dĂ©terminĂ© par l’inconscient. Cependant, si on accepte cette thĂ©orie freudienne, peut-on encore maintenir l’idĂ©e d’un sujet libre et responsable de ses actes ? I- LA CONSCIENCE 1- Qu’est-ce que la conscience ? a Conscience psychologique et conscience morale Le mot conscience vient du latin cum scientia » qui signifie accompagnĂ© de savoir ». Etre conscient en ce sens, c’est agir, sentir ou penser et savoir qu’on agit, qu’on sent ou pense. On peut alors dĂ©finir la conscience comme l’intuition c’est-Ă -dire la connaissance immĂ©diate qu’a un sujet de son activitĂ© psychique, de ses actes, du monde et de lui-mĂȘme, autrement de ce qui se passe en lui et en dehors de lui. Il s’agit lĂ  de la conscience psychologique qu’on divise en conscience spontanĂ©e et en conscience rĂ©flĂ©chie. La conscience spontanĂ©e est l’impression premiĂšre qui accompagne tous les actes du sujet et par laquelle ces actes sont simplement Ă©prouvĂ©s. Autrement, il y a conscience spontanĂ©e lorsque la conscience se porte vers l’objet auquel on fait attention Ă  un moment particulier si j’ai faim et je dis j’ai faim », cela montre que je fais attention Ă  ma sensation de faim et que j’en ai ainsi conscience. La conscience spontanĂ©e est la simple prĂ©sence du sujet Ă  lui-mĂȘme, le simple sentiment de soi ». La conscience rĂ©flĂ©chie est le retour critique du sujet sur ce qu’il pense, ce qu’il vit, sent ou fait pour l’analyser. Le sujet a ici conscience d’ĂȘtre conscient ; il porte l’attention sur l’état de conscience lui-mĂȘme, c’est-Ă -dire sur ce qui se passe en lui. Il convient par ailleurs de distinguer la conscience psychologique de la conscience morale. Celle-ci est la propriĂ©tĂ© qu’a l’esprit de porter spontanĂ©ment des jugements de valeur, c’est-Ă -dire de distinguer ce qu’il convient ou non de faire. C’est par elle que nous avons une idĂ©e du bien et du mal. La conscience morale, c’est ce qui permet Ă  l’homme d’approuver ou de rejeter une situation ou un acte ; c’est elle qui lui permet face Ă  une situation qu’il a trouvĂ©e rĂ©voltante de s’en indigner et de s’y opposer. C’est aussi elle qui explique le sentiment de faute et les remords qu’on a par exemple quand on a mauvaise conscience ; ou a contrario elle donne une haute estime de soi lorsqu’on a bonne conscience. La conscience morale, c’est cette voix intĂ©rieure qui nous dĂ©tourne de mal agir et nous incite Ă  bien agir. Elle est la condition de la libertĂ© et de la responsabilitĂ© insĂ©parables de l’action morale ; autrement, c’est parce que l’homme possĂšde la conscience qu’il peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un sujet libre et responsable de ses actes, donc comme un sujet moral. Dire de l’homme qu’il est libre suppose qu’il est capable, avant d’agir, d’opĂ©rer un choix en toute connaissance de cause, en toute conscience ; et c’est parce qu’il est capable d’un tel choix conscient qu’il peut ĂȘtre tenu pour responsable des actes qu’il pose pour celui qui en rĂ©pond, qui les assume comme siens. Alain 1868-1951 en s’appuyant sur la conception courante qu’on se fait de la conscience, va contester la distinction que nous avons faite entre conscience psychologique et conscience morale. Pour lui la conscience, opposition de soi Ă  soi, retour du savoir sur lui-mĂȘme, est toujours implicitement morale car elle est dĂ©cision de penser. Pour Alain ce qu’on appelle conscience spontanĂ©e n’est pas vĂ©ritablement une conscience humaine puisque l’animal en est aussi pourvu. La conscience humaine se reconnaĂźt plutĂŽt dans la capacitĂ© qu’a le sujet humain de revenir sur lui-mĂȘme comme c’est le cas dans la conscience rĂ©flĂ©chie. Dans la conscience rĂ©flĂ©chie, le sujet prend de la distance par rapport Ă  ce qu’il a fait pour pouvoir l’apprĂ©cier, le juger ; c’est en cela que la conscience est opposition de soi Ă  soi. Or, dans la conscience morale, le sujet revient Ă©galement sur ce qu’il a dĂ©jĂ  posĂ© comme acte pour y porter des jugements de valeur. S’il en est ainsi, toute conscience humaine se ramĂšne en dĂ©finitive Ă  la conscience morale. Ce n’est d’ailleurs qu’à partir du 17e siĂšcle avec Descartes 1596-1650 que le mot conscience auquel Ă©tait attachĂ© un sens moral comme dans le langage courant, va prendre une autre signification. b Le cogito cartĂ©sien Avec Descartes, le sujet pensant devient ce Ă  partir de quoi s’ordonne la vĂ©ritĂ© et s’organise le savoir. Cela signifie qu’aucune connaissance du monde des objets n’est possible que pour un sujet qui pense et se saisit d’abord comme pensĂ©e c’est-Ă -dire pour une conscience. Sa dĂ©marche est fondĂ©e sur le doute mĂ©thodique qui est un procĂ©dĂ© consistant Ă  remettre, par Ă©tape, en question tout ce qu’on a admis antĂ©rieurement afin d’établir la vĂ©ritĂ© sur des bases solides. Descartes va ainsi douter de tout de telle sorte que, si une chose rĂ©siste au doute, il la considĂšre comme vraie. Il dĂ©cide donc de douter des sens qui sont trompeurs, des sciences qui comportent des erreurs et de tout ce qui lui vient Ă  l’esprit. Il imagine mĂȘme un malin gĂ©nie » qui s’acharne Ă  le tromper. Mais Ă  la fin, il constate qu’il y a une chose qui rĂ©siste au doute et aux machinations du malin gĂ©nie » le fait mĂȘme de douter qu’il doute, l’évidence de la pensĂ©e en acte rĂ©vĂ©lant du mĂȘme coup son existence. C’est ce qui va lui permettre d’affirmer je pense, donc je suis ». Chez Descartes, la conscience se ramĂšne Ă  la fonction de penser que chacun peut dĂ©couvrir par sa propre rĂ©flexion. Une telle pensĂ©e Ă  l’oeuvre est toujours accompagnĂ©e du savoir de celui qui pense autrement, quand on pense, quand quelque chose se passe en soi, on en est nĂ©cessairement conscient. Cela implique que la conscience de soi est en mĂȘme temps une connaissance de soi l’individu est transparent Ă  lui-mĂȘme non seulement parce qu’il pense mais encore parce qu’il a conscience de penser. Cette certitude amĂšne Descartes Ă  faire du sujet une chose pensante » ou une substance pensante » radicalement diffĂ©rente du corps – quoique intimement unie Ă  ce dernier. Il introduit ainsi une dualitĂ© entre le corps et l’ñme c’est-Ă -dire la conscience et l’homme ne se dĂ©finit que par sa conscience, n’existe que dans la mesure oĂč il est conscient de son existence pensante. c Conscience de soi et connaissance de soi La conception cartĂ©sienne de la conscience ramĂšne celle-ci Ă  une intĂ©rioritĂ© propre Ă  l’homme. C’est grĂące Ă  une telle intĂ©rioritĂ© que je sais mieux que quiconque du moins j’en ai l’impression, ce que je pense ou ressens. C’est en cela aussi que je me reconnais comme un sujet unique et que je fais l’expĂ©rience de ma solitude radicale. En rĂ©alitĂ©, je ne prends conscience de moi qu’à partir des autres c’est grĂące Ă  eux que je me dĂ©couvre comme un sujet singulier, que j’ai conscience de moi. Mais avoir conscience de soi signifie-t-il avoir une connaissance de soi ? Si l’on en croit Malebranche 1638-1715, le sentiment intĂ©rieur que j’ai de moi-mĂȘme m’apprend seulement que je suis» ; il ne me montre pas ce que je suis. Le cogito exprime mon existence et non mon essence. D’ailleurs, le fait de vivre sur le mode de la premiĂšre personne n’implique pas selon Kant, que la conscience soit synonyme d’intĂ©rioritĂ©. La conscience de soi n’est pas possible sans les choses extĂ©rieures au moi. Elle n’est pas une entitĂ© intĂ©rieure c’est-Ă -dire une substance au sens cartĂ©sien mais ce qui permet Ă  l’homme d’unifier toutes ses reprĂ©sentations ; autrement ce qui lui permet de se distinguer du monde extĂ©rieur en rapportant tout Ă  lui-mĂȘme. Chez Kant, la conscience n’est plus une substance comme chez Descartes, mais une activitĂ© ayant une fonction unificatrice. 2- Les fonctions de la conscience a La conscience comme sĂ©lection On prend gĂ©nĂ©ralement conscience des situations qui exigent un choix. Ainsi dans une tĂąche oĂč elle est sollicitĂ©e, la conscience n’évoque que les souvenirs utiles Ă  l’accomplissement de cette tĂąche. La conscience est alors attention Ă  l’action et c’est pourquoi Henri Bergson 1859-1941 affirme que toute conscience signifie choix ». On peut donc dire que la fonction premiĂšre de la conscience est l’adaptation de notre organisme au rĂ©el. b La conscience comme synthĂšse La conscience ne se contente pas de choisir les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  l’action elle les organise par une activitĂ© de synthĂšse. On distingue ainsi – une synthĂšse temporelle par laquelle, la conscience qui n’est pas figĂ©e dans l’instant prĂ©sent, unifie le passĂ© au prĂ©sent en se tendant vers l’avenir. C’est en ce sens que Bergson dit qu’elle est un pont jetĂ© entre le passĂ© et l’avenir ; – une synthĂšse perceptive par laquelle, la conscience rassemble et organise les donnĂ©es de la perception ; – une synthĂšse personnelle par laquelle la conscience unifie tous ses Ă©tats en les rapportant au moi. C’est grĂące Ă  une telle synthĂšse que l’identitĂ© personnelle est saisie malgrĂ© les changements qui affectent le corps et mĂȘme le psychisme. Au total, dire que la conscience est synthĂšse, c’est dire qu’elle n’est pas une simple donnĂ©e intĂ©rieure mais qu’elle est une activitĂ© tournĂ©e vers l’extĂ©rieur. C’est en ce sens que la conçoit Edmund Husserl 1859-1939. c La conscience comme intentionnalitĂ© Tout comme pour Kant, pour Husserl la conscience ne se dĂ©finit pas par l’intĂ©rioritĂ©, mais par son rapport au monde. La conscience est toujours visĂ©e de quelque chose, orientation vers l’extĂ©rieur ; on ne peut ainsi penser la conscience si on lui retire son objet. C’est en ce sens que Husserl affirme que toute conscience est conscience de quelque chose ». Tout cogito sujet pensant porte en lui son cogitatum objet pensĂ© auquel il se rapporte et se distingue. Mon enfance par exemple, dont je me rappelle Ă  l’instant est bien la mienne ; elle n’est pourtant pas totalement moi qui m’y rapporte en ce moment oĂč j’y pense. Husserl dira que la conscience est intentionnalitĂ©, c’est-Ă -dire qu’il existe une distance irrĂ©ductible entre le sujet et l’objet qu’il vise, mĂȘme si cet objet est le sujet lui-mĂȘme. En d’autres termes, la conscience ne coĂŻncide jamais avec elle-mĂȘme ; elle est fondamentalement ouverture au passĂ© ou au futur. Ainsi, avant d’ĂȘtre instrument d’une connaissance, la conscience est donatrice de sens. En effet, la conscience fait exister le monde pour nous, elle impose et dĂ©veloppe tout un rĂ©seau de significations autour de nous orientant notre perception du monde. Au total, par la conscience, non seulement l’homme parvient Ă  se saisir comme sujet mais encore Ă  se rendre familier le monde qu’il transforme pour lui confĂ©rer une signification humaine. Elle apparaĂźt ainsi comme le guide qui Ă©claire les actions humaines. Mais elle n’est pas un guide infaillible car elle ne dĂ©tient pas toute la vĂ©ritĂ© sur le sens de ses actes. C’est en ce sens que Nietzsche 1844-1900 affirme que nul n’est plus que soi-mĂȘme Ă©tranger Ă  soi-mĂȘme ». C’est que selon Spinoza 1632-1677 la conscience est fortement dĂ©terminĂ©e par l’état de notre corps de sorte que sa puissance en dĂ©pend. Karl Marx 1818-1883 lui, soutiendra que la conscience humaine n’a pas de rĂ©alitĂ© en dehors de la sociĂ©tĂ©. C’est surtout Freud qui va Ă©branler la conception traditionnelle de la conscience avec sa thĂ©orie de l’inconscient. II- L’INCONSCIENT Dans la conception traditionnelle, l’homme est dĂ©fini par la pensĂ©e consciente c’est-Ă -dire par une activitĂ© psychique oĂč le sujet est censĂ© avoir un contrĂŽle absolu de sa pensĂ©e et de sa conduite. A partir de Freud, une telle conception sera remise en cause. Pour lui, la rĂ©alitĂ© profonde de l’activitĂ© psychique est ignorĂ©e du sujet car relevant de l’inconscient ; cet inconscient constitue mĂȘme l’essentiel de la vie psychique et dĂ©termine l’homme de part en part. Cependant, que deviennent la libertĂ© et la responsabilitĂ© de l’homme s’il est dĂ©terminĂ© par l’inconscient ? N’est-ce pas parce qu’il est considĂ©rĂ© comme un ĂȘtre conscient et libre qu’on peut le tenir pour responsable de ses actes ? L’inconscient n’est-il pas alors invoquĂ© pour fuir ses responsabilitĂ©s ? 1- L’inconscient avant Freud Le mot inconscient est habituellement utilisĂ© comme l’adjectif venant d’inconscience. En tant que tel il qualifie au sens psychologique, un ĂȘtre dĂ©pourvu de conscience par nature le caillou par exemple ou momentanĂ©ment sous l’effet de l’anesthĂ©sie par exemple et au sens moral, une personne non consciente des consĂ©quences de ses actes l’enfant, le fou ou qui se conduit de façon irresponsable et insouciante en s’écartant des rĂšgles Ă©tablies par la sociĂ©tĂ© un pĂšre de famille inconscient. Dans la perspective freudienne cependant, l’inconscient est gĂ©nĂ©ralement utilisĂ© comme un substantif un nom. Il dĂ©signe alors un domaine psychique particulier contenant des reprĂ©sentations pensĂ©es, images, souvenirs refoulĂ©es, c’est-Ă -dire repoussĂ©es de la conscience. Ces reprĂ©sentations sont rĂ©gies par des mĂ©canismes propres qui se caractĂ©risent par l’indiffĂ©rence Ă  la rĂ©alitĂ©. L’inconscient ignore en effet le doute, la contradiction ou l’interdiction. On peut se rendre compte de cette indiffĂ©rence Ă  la logique de la rĂ©alitĂ© dans les rĂȘves qui paraissent dĂ©cousus, incohĂ©rents ou absurdes. En tant qu’adjectif dans cette perspective, l’inconscient renvoie Ă  ce qui Ă©chappe Ă  la conscience tout en Ă©tant quelque chose que celle-ci peut connaĂźtre un dĂ©sir inconscient par exemple. MĂȘme si c’est avec Freud que l’inconscient acquiert le statut de concept, certains philosophes avant lui en eurent l’intuition. Ainsi, alors que Descartes, identifiant conscience et pensĂ©e, ne reconnaissait pas l’existence de l’inconscient psychique, Leibniz 1646-1716 admettait l’existence de petites perceptions inconscientes, c’est-Ă -dire des changements de l’ñme dont nous ne nous apercevons pas ». De mĂȘme Bergson, identifiait l’inconscient Ă  l’oubli par lequel les perceptions et les souvenirs qui ne sont pas utiles Ă  l’action sont chassĂ©es de la conscience. Dans tous les cas pour ces philosophes, la conscience demeure l’instance privilĂ©giĂ©e, l’inconscient n’est considĂ©rĂ© que comme ce qui n’est pas encore conscient ou ce qui ne l’est plus. Seul Nietzsche 1844-1900 soutiendra l’existence d’une pensĂ©e inconsciente mettant en question la prĂ©tention du sujet Ă  maĂźtriser grĂące Ă  la conscience, ses pensĂ©es et ses sentiments. Une pensĂ©e, Ă©crit-il Ă  ce sujet, ne vient que quand elle veut, et non quand c’est moi qui veux ». 2- Le psychisme humain selon Freud a Les deux topiques Dans une premiĂšre Ă©laboration de la thĂ©orie de l’inconscient dite premiĂšre topique, Freud propose de comprendre le psychisme comme la coexistence de trois instances fonctionnelles – le conscient situĂ© Ă  la pĂ©riphĂ©rie du psychisme qui reçoit les informations du monde intĂ©rieur et extĂ©rieur pour les organiser dans l’intĂ©rĂȘt du sujet ; – le prĂ©conscient dont les reprĂ©sentations ne sont pas en permanence dans la conscience mais ont toujours la possibilitĂ© d’y entrer ; le prĂ©conscient est situĂ© entre le conscient et l’inconscient ; – l’inconscient qui est constituĂ© de pulsions qui sont des forces anarchiques orientant l’organisme vers la rĂ©duction d’une tension faim, agressivitĂ©, libido. De lui-mĂȘme, l’inconscient est incapable de revenir Ă  la conscience parce qu’une rĂ©sistance s’y oppose. La rĂ©sistance est due Ă  la censure qui interdit aux dĂ©sirs jugĂ©s inacceptables par la conscience morale de se manifester. La censure provoque ainsi un refoulement qui est une opĂ©ration repoussant et maintenant hors de la conscience les reprĂ©sentations liĂ©es Ă  une pulsion dont la satisfaction n’est pas compatible avec les exigences morales reçues de l’éducation. Dans une seconde topique, Freud prĂ©sentera le psychisme comme le lieu d’un conflit permanent et constituĂ© de trois instances – Le Ça, totalement inconscient, est le rĂ©servoir des pulsions et des dĂ©sirs. Il est rĂ©gi par le principe de plaisir qui pousse le sujet Ă  satisfaire ses pulsions et Ă  supprimer toute excitation pĂ©nible ; – Le Moi qui inclut la conscience, cherche Ă  satisfaire les pulsions du Ça tout en tenant compte des conditions imposĂ©es par le monde extĂ©rieur. Il est rĂ©gi par le principe de rĂ©alitĂ© qui le pousse en raison des dangers qu’entraĂźnerait la satisfaction des pulsions et au regard de la rĂ©alitĂ© extĂ©rieure, Ă  rĂ©soudre les conflits qui l’opposent au Ça et au Surmoi ; – Le Surmoi qui est formĂ© par l’intĂ©riorisation des exigences sociales est la conscience morale, le juge du Moi. En somme, chez Freud, l’inconscient n’est pas simplement le non conscient ; il dĂ©signe une rĂ©alitĂ© positive et dynamique. C’est d’ailleurs parce que l’inconscient est dynamique, c’est-Ă -dire qu’il produit des effets qui se manifestent, que Freud a Ă©tĂ© conduit Ă  en construire l’hypothĂšse. Cette hypothĂšse s’est avĂ©rĂ©e fĂ©conde car sans elle, les donnĂ©es de la conscience qui sont extrĂȘmement lacunaires, demeureraient incomprĂ©hensibles. b Les manifestations de l’inconscient Il se passe en nous dans la vie quotidienne, des choses dont la signification nous Ă©chappe nous amenant Ă  dire souvent ça me dĂ©passe, c’est plus fort que moi ». Ce sont lĂ  des symptĂŽmes de l’inconscient qui ne se manifeste qu’en se dĂ©guisant. Si l’inconscient se manifeste ainsi tout en se voilant, c’est parce qu’il est de nature conflictuelle. Ces manifestations sont essentiellement les rĂȘves, les actes manquĂ©s et les conduites nĂ©vro-psychotiques. – Le rĂȘve Le rĂȘve est, selon Freud, la voie royale qui mĂšne Ă  la connaissance de l’inconscient dans la vie psychique ». Le rĂȘve rĂ©sulte en effet d’un travail d’élaboration au terme duquel les dĂ©sirs refoulĂ©s parviennent Ă  s’exprimer mais tout en se dĂ©guisant pour dĂ©jouer la censure morale et pour ĂȘtre acceptĂ©s par la conscience. En d’autres termes, le rĂȘve est la satisfaction inconsciente et dĂ©guisĂ©e d’un dĂ©sir refoulĂ© ». Le rĂȘve possĂšde ainsi un contenu latent c’est-Ă -dire cachĂ©, qui est la source du rĂȘve et un contenu manifeste exprimant de maniĂšre symbolique c’est-Ă -dire plus ou moins voilĂ©e le contenu latent. En interprĂ©tant le rĂȘve on peut retrouver les pulsions qui en sont la cause. – Les actes manquĂ©s Ce sont des actes dans lesquels le rĂ©sultat visĂ© consciemment n’est pas atteint et se trouve remplacĂ© par un autre de façon inattendue. On y distingue les lapsus de parole dire un mot pour un autre, les ratĂ©s de mĂ©moire oublier un nom ou un rendez-vous, les maladresses de l’action renverser un objet. Ce sont des conduites qu’on rĂ©ussit habituellement et dont l’échec semble dĂ» Ă  l’inattention ou au hasard. Mais Freud montre que ces actes ne sont ni insignifiants ni nĂ©gligeables. En rĂ©alitĂ©, l’inconscient profite d’une circonstance favorable pour se manifester en contournant le barrage que fait habituellement la censure. Par exemple le PrĂ©sident d’une AssemblĂ©e ouvrant la sĂ©ance du jour en dĂ©clarant je dĂ©clare la sĂ©ance close » manifeste ainsi son ennui inconscient. – Les conduites nĂ©vro-psychotiques Alors que le rĂȘve et les actes manquĂ©s sont pour la plupart des symptĂŽmes bĂ©nins, il existe d’autres manifestations de l’inconscient qui sont de vĂ©ritables maladies psychiques la nĂ©vrose et la psychose. La nĂ©vrose est une maladie psychique chronique n’impliquant ni infection, ni lĂ©sion organique, ni dĂ©sorganisation de la personnalitĂ© et qui s’accompagne pour le sujet d’une conscience douloureuse de son Ă©tat. Elle s’explique par la situation conflictuelle entre les mĂ©canismes de dĂ©fense du Moi et les dĂ©sirs inconscients. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle est une dĂ©fense du sujet malade contre des souvenirs intolĂ©rables liĂ©s Ă  un traumatisme gĂ©nĂ©ralement sexuel subi dans l’enfance. La psychose elle, implique une rupture entre le Moi et la rĂ©alitĂ© puis une reconstruction dĂ©lirante de cette rĂ©alitĂ© en fonction des exigences de l’inconscient. Le psychotique est dĂ©lirant ou autistique mais n’a pas conscience de son anomalie. 3- Critique de la thĂ©orie freudienne La thĂ©orie freudienne du psychisme est appelĂ©e psychanalyse. Celle-ci est une mĂ©thode d’investigation et d’interprĂ©tation dĂ©voilant le sens inconscient des actions, des pensĂ©es et des rĂȘves d’un sujet. Elle aboutit Ă  un traitement mĂ©dical consistant Ă  transformer l’inconscient pathologique suivant le principe que le retour Ă  la conscience de l’inconscient guĂ©rit les troubles mentaux. Freud considĂ©rait la psychanalyse comme la troisiĂšme rĂ©volution majeure aprĂšs celles de GalilĂ©e et de Darwin Ă©branlant fortement l’idĂ©e que l’homme se fait de lui-mĂȘme dans le monde. La thĂ©orie freudienne apprend en effet aux hommes que malgrĂ© leur sentiment de libertĂ©, ils ne disposent pas toujours d’eux-mĂȘmes. Mais c’est justement au nom de la libertĂ© essentielle Ă  l’homme que Jean-Paul Sartre 1905-1980 va rejeter la thĂ©orie de Freud. Pour Sartre, l’homme est un sujet libre parce que conscient et totalement transparent Ă  lui-mĂȘme. Toutefois sa conscience qui est libertĂ©, est capable de nier sa propre transparence pour s’installer dans la mauvaise foi. Celle-ci consiste pour le sujet humain Ă  se masquer la vĂ©ritĂ© dont il est nĂ©cessairement conscient, Ă  chercher des excuses Ă  ses actes. C’est ce qui se passe avec l’inconscient tel que l’entend Freud, qui n’est selon Sartre qu’un processus de mauvaise foi. Celle-ci sert gĂ©nĂ©ralement d’échappatoire devant la difficultĂ© d’assumer la libertĂ© et apparaĂźt ainsi immorale ; elle est immorale puisqu’elle nie la libertĂ© et du mĂȘme coup la responsabilitĂ© devant nos actes. Freud aurait pu rĂ©torquer Ă  Sartre que ce dernier n’accepte pas sa nouvelle image d’homme et son refus de l’inconscient serait mĂȘme une preuve de l’existence de celui-ci. Par ailleurs, la thĂ©orie freudienne connaĂźt les assauts d’une critique Ă©pistĂ©mologique c’est-Ă -dire au plan scientifique de la part de Karl Popper 1902-1994. Car Freud considĂšre la psychanalyse comme une thĂ©orie scientifique parce qu’elle a Ă©tĂ© confirmĂ©e par une multitude d’observations. Or, pour Popper, le critĂšre de la scientificitĂ© d’une thĂ©orie rĂ©side plutĂŽt dans la possibilitĂ© qu’on a de la falsifier c’est-Ă -dire de la rĂ©futer. S’il en est ainsi, un tel critĂšre n’est pas applicable Ă  la psychanalyse parce qu’elle fait tout pour ne pas ĂȘtre infirmĂ©e, c’est-Ă -dire tout le contraire d’une attitude scientifique. Si on Ă©tudie de prĂšs la psychanalyse, on peut se rendre compte qu’elle a rĂ©ponse Ă  tout sur les actes humains qu’elle interprĂšte pour leur assigner un sens. Voulant tout expliquer, elle finit par ĂȘtre une sorte de fourre-tout servant Ă  expliquer n’importe quoi. A cela on peut ajouter qu’elle est fortement tributaire de l’époque et de la culture de son fondateur alors qu’une thĂ©orie vraiment scientifique doit valoir dans tous les temps et tous les lieux. Au regard des critiques Ă©thique de Sartre et Ă©pistĂ©mologique de Popper, la thĂ©orie freudienne semble ne plus payer de mine. Mais est-il juste de dire que la psychanalyse vise Ă  nier la libertĂ© de l’homme ? Et d’ailleurs, le fait qu’elle ne soit pas une science, en fait-il une discipline moins importante dans la culture humaine ? En rĂ©alitĂ© l’objectif de Freud n’est nullement de nier la libertĂ© mais de montrer les limites de la conscience qui se prĂ©tend totalement libre. D’ailleurs, la psychanalyse est avant tout une thĂ©rapie visant Ă  guĂ©rir certaines maladies pour permettre au patient de reconquĂ©rir sa santĂ© et son autonomie, autrement l’exercice plein de sa libertĂ©. Comme l’écrit Paul Ricoeur, la psychanalyse est une guĂ©rison par l’esprit, le vĂ©ritable analyste n’est pas le despote de la conscience malade, mais le serviteur d’une libertĂ© Ă  restaurer. En quoi la cure, pour n’ĂȘtre pas une Ă©thique, n’en est pas moins la condition d’une Ă©thique retrouvĂ©e lĂ  oĂč la volontĂ© succombe au terrible ». Que la psychanalyse ait des limites sur le plan thĂ©rapeutique, c’est Ă  la mĂ©dicine d’en juger, elle n’en reste pas moins une rĂ©volution au sein des sciences humaines par la conception nouvelle qu’elle donne de l’homme. DĂ©sormais, pour comprendre l’homme, cet inconnu », il faut compter avec cette thĂ©orie inaugurĂ©e par Freud. Si elle a suscitĂ© des critiques, c’est surtout parce qu’elle a portĂ© atteinte Ă  des vĂ©ritĂ©s sur l’homme longtemps tenues pour indĂ©passables. L’inconscient n’en demeure pas moins le propre de l’homme tout autant que la conscience.
tifiéepar une théorie de la conscience que par une métaphysique de la substance. Dans ce chapitre est forgé le concept de « conscience de soi » (self -consciousness). Ayant ainsi refondé sa théorie, Locke a profité de la 2e édition de Y Essai pour introduire dans ses analyses précédentes des références à la conscience qui, d
Bonjour, je dois traiter le sujet "La conscience peut-elle nous tromper?" J'ai rĂ©digĂ© un plan dĂ©pourvu d'intro et de conclusion, et aimerais avoir votre avis. Le champ sĂ©mantique du mot conscience » permet d'ouvrir la voie Ă  un plan analytique. IConscience comme sens moral le plus Ă©vident Ă  traiter - constitue le droit naturel ce que la conscience reconnaĂźt comme moralement fondĂ©, lui mĂȘme traduit dans le droit positif un ensemble de rĂšgles en vigueur dans une sociĂ©tĂ© - le droit naturel peut aller Ă  l'encontre *de la raison, en tant qu'elle Ă©chappe aux motivations purement psychologiques ex, la politique de Machiavel ? sacrifier un homme pour en sauver dix. *de l'ordre du coeur l'objet de l'amour est un interdit social eg l'inceste. * d'autres suggestions? Ainsi la conscience morale tromperait le sujet puisqu'elle tairait son affectivitĂ© et limiterait l'intrusion de la raison pure dans le jugement. Mais globalement, le sens moral, acquis culturel, nous met Ă  distance d'une nature humaine peu flatteuse l'agressivitĂ© du ça Freud On pourrait certes y opposer la thĂšse de Rousseau, pour qui l'homme est naturellement bon, et son sens de la justice innĂ© ». IIConscience comme prĂ©sence au monde ProblĂ©matique soulevĂ©e par la volontĂ© de penser notre ĂȘtre au monde » - Duperie dans le rapport de la conscience Ă  elle mĂȘme? le cogito cartĂ©sien? - Duperie dans le rapport de la conscience aux choses intentionalitĂ©? - La conscience, duperie puisque dĂ©terminĂ©e? * La conscience ne peut guĂšre nous tromper quelle originalitĂ©! a Le cogito la conscience est la seule certitude qui Ă©chappe au doute. b L'intersubjectivitĂ© Husserl rĂ©tablit l'objectivitĂ© Ma perspective est une participation Ă  une intercorporeitĂ© accessible Ă  Autrui, qui par la subjectivitĂ© qu'il pose, ouvre la voie de l'objectivitĂ©. c L'inconscient psychique se heurte Ă  la logique pure pour Alain, dĂ©sir inconscient, donc inconnu, donc non susceptible d'ĂȘtre refoulĂ© * La conscience peut nous tromper a Virulente attaque NietzschĂ©enne du cogito - Je pense, je suis » prĂ©suppose le langage comme valeur commune, or pourquoi ce dernier ne tomberait-il pas sous le coup du mauvais gĂ©nie »? - Je pense » Rien ne prouve la relation du sujet et de l'action de penser. D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, toute conscience est comĂ©die, tromperie, et le sujet est condamnĂ© Ă  n'ĂȘtre ce qu'il n'est pas L'homme est un ĂȘtre pour soi », la conscience humaine est prĂ©sence Ă  soi reprĂ©sentation impossible, le soi ne pouvant Ă©chapper au soi, intervient la subjectivitĂ© et donc la tromperie et ne peut jamais coĂŻncider avec elle mĂȘme. Conception Sartrienne. Enfin, une pensĂ©e quelque peu marginale mais trĂšs utile, celle de l'empirisme Le moi n'est en dĂ©finitive qu'une illusion, un flux chaotique d'impressions rendues par nos sens et organisĂ© par une succession opĂ©rations psychiques originales. b Notre perception est phĂ©nomĂ©nale Kant, le monde en soi noumĂšne Ă©chappe Ă  toute reprĂ©sentation; N'est accessible que le monde pensĂ© » tel qu'il est construit par le sujet, et c'est lĂ  le sens de l'expression Rien ne m'est donnĂ©, tout est construit », de Bachelard. On peut donc dire que la perception, en tant que altĂ©ritĂ© et donc mode de la conscience de soi le moi se rĂ©vĂšle dans l'effort pour Maine de Biran, ou dans la lutte ? dialectique Hegelienne et d'autrui, est par essence tronquĂ©e Elle est d'une part limitĂ©e par nos organes des sens, et s'avĂšre d'autre part une expĂ©rience tout Ă  fait subjective dĂ©terminĂ©e entre autre par l'enracinement du corps dans le monde PhĂ©nomĂ©nologie Husserlienne de la perception. c Comment expliquer les actes manquĂ©s, les lapsus? Le Moi n'est pas maĂźtre dans sa propre maison Freud. De mĂȘme pour Spinoza l'idĂ©e du libre arbitre [tirĂ© de la conscience] n'est que l'ignorance des causes qui nous font agir ». On peut entendre par cause nombres de facteurs comme par exemple l'Ă©ducation, l'inconscient collectif voire mĂȘme les psychotropes. Merci !
Cemoyen nĂ©gatif, oĂč l'opĂ©ration formatrice, est en mĂȘme temps la singularitĂ© ou le pur ĂȘtre-pour-soi de la conscience. Cet ĂȘtre-pour-soi, dans le travail, s'extĂ©riorise lui-mĂȘme et passe dans l'Ă©lĂ©ment de la permanence la conscience travaillante en vient ainsi Ă  l'intuition de l'ĂȘtre indĂ©pendant, comme intuition de soi-mĂȘme.

La perception est-elle trompeuse ? Le soleil se couche », la terre est immobile », une Ă©toile est minuscule » ce type de jugement correspond, croyons-nous, Ă  la maniĂšre dont nous percevons les phĂ©nomĂšnes ou le monde extĂ©rieur. MĂȘme si la science a pu dĂ©mentir ces affirmations, si nous nous fions Ă  nos sens, nous pouvons continuer de dire que "cette Ă©toile est minuscule" - dans la mesure oĂč nous la percevons comme alors considĂ©rer comme fondamentalement trompeuse la perception et construire la connaissance en rupture par rapport Ă  celle-ci ? Ou bien doit-on lui attribuer un autre rĂŽle, permettant de l’inclure dans le domaine de la connaissance ? Ne tĂ©moigne-t-elle pas en effet de notre prĂ©sence dans le monde, et de notre maniĂšre de l'habiter ?1. Perception et Ă©vidence sensibleSi je vois par exemple un autobus s’arrĂȘter au feu rouge, je peux difficilement douter de la rĂ©alitĂ© de ma perception. Ce n’est pas un rĂȘve, ni une simple impression subjective et d’ailleurs, si une personne m’accompagne dans la rue Ă  ce moment-lĂ , elle constatera Ă©galement le mĂȘme fait. Autrement dit la perception qui se rapporte dans cet exemple Ă  la vision, me donne accĂšs Ă  la rĂ©alitĂ© sensible extĂ©rieure, c’est-Ă -dire au monde. En ce sens, elle est primordiale et source de vĂ©ritĂ©. Quand quelqu’un dit ça saute aux yeux ! » ou encore qu’ il faut le voir pour y croire ! », il atteste d’ailleurs que la perception est gage de vĂ©ritĂ©. Dans le dialogue intitulĂ© ThéétĂšte, Platon envisage la perception en fonction de sa "valeur de vĂ©ritĂ©" et se demande si, aux objets que nous percevons, peut correspondre une connaissance "Nous ne concĂ©dons pas que l'homme soit la mesure de toutes choses, Ă  moins qu'il ne soit intelligent. Nous ne lui concĂ©dons pas non plus que la sensation soit la science 183 c. Car ce n'est pas, dans les impressions que rĂ©side la science, mais dans le raisonnement sur les impressions ; car c'est par cette voie que l'on peut atteindre l'essence et la vĂ©ritĂ©, tandis qu'on ne le peut pas par l'autre voie 186 d." Pourtant chacun de nous a dĂ©jĂ  fait l’expĂ©rience de se tromper, par exemple en jugeant qu'un bĂąton plongĂ© dans l'eau semble brisĂ©, donc en se basant uniquement sur la perception qu'il a du phĂ©nomĂšne. Le tĂ©moignage de nos sens peut donc ĂȘtre trompeur. 2. Perception et illusionSi l’on se fie Ă  nos sens, une mĂȘme chose dans la rĂ©alitĂ© apparaĂźt changeante et multiple, Ă  moins de considĂ©rer que la vĂ©ritĂ© sur un mĂȘme objet peut changer d’un instant Ă  l’autre, il est nĂ©cessaire de se mĂ©fier de la perception , dans la mesure oĂč elle peut nous induire en erreur. La perception est, d’une part, subjective on perçoit nĂ©cessairement Ă  partir d’un point de vue - mais ce point de vue ne peut rendre compte de la totalitĂ© d’un phĂ©nomĂšne. D’autre part, elle ne nous donne accĂšs qu’à ce qui apparaĂźt de la chose et non Ă  ce que cette chose est du point de vue de sa totalitĂ©. C’est parce que la perception est en rapport avec les apparences changeantes et multiples et non avec la vĂ©ritĂ© une et immuable qu’elle doit ĂȘtre dĂ©passĂ©e. Gaston Bachelard 1884-1962 montre que l’esprit scientifique doit progresser Ă  partir d’une rupture Ă©pistĂ©mologique avec la perception et l’expĂ©rience ordinaire. La perception devient un obstacle Ă  la dĂ©marche rationnelle 
 une marche vers l’objet n’est pas initialement objective. Il faut donc accepter une vĂ©ritable rupture entre la connaissance sensible et la connaissance scientifique. 
 En particulier, l’adhĂ©sion immĂ©diate Ă  un objet concret, saisi comme un bien, utilisĂ© comme une valeur, engage trop fortement l’ĂȘtre sensible ; c’est la satisfaction intime. Ce n’est pas l’évidence rationnelle. » La formation de l’esprit scientifique, 1938. Il est donc nĂ©cessaire, pour parvenir Ă  se dĂ©faire de ce que la perception a de trompeur, d’opĂ©rer un revirement » pour employer l’expression de Platon - revirement qui consiste Ă  ne plus regarder avec les yeux du corps » mais avec les yeux de l’esprit », autrement dit avec la raison La RĂ©publique, Livre VI. Platon a recours Ă  une analogie pour montrer que les choses sensibles sont perçues avec les yeux du corps ainsi en est-il de la lumiĂšre que diffuse le soleil, tandis que les choses intelligibles les IdĂ©es » sont perçues avec les yeux de l’intelligence Ce qu’est le Bien dans le lieu intelligible par rapport Ă  l’intellect et aux intelligibles, le soleil l’est dans le lieu visible par rapport Ă  la vue et aux choses visibles ». 508 b-c La raison est seule capable de parvenir Ă  restituer Ă  la rĂ©alitĂ© sa cohĂ©rence et son unitĂ© en envisageant cette rĂ©alitĂ© non plus dans sa particularitĂ© comme c’est le cas avec la perception mais dans son universalitĂ©. 3. Innocence de la perceptionDescartes 1596-1650, Ă  partir de l’exemple du morceau de cire, Seconde mĂ©ditation, MĂ©ditations mĂ©taphysiques, montre que n’appartient pas vĂ©ritablement Ă  l’objet tout ce qui, en lui, est soumis Ă  une infinitĂ© de changements ». Un morceau de cire, tout fraĂźchement tirĂ© de la ruche », prĂ©sente certaines qualitĂ©s. Mais si on l’approche du feu, sa couleur se change, sa figure se perd, sa grandeur augmente, il devient liquide, il s’échauffe, Ă  peine peut-on le manier, et quoique l’on frappe dessus il ne rendra plus aucun son. Il serait toutefois hĂątif de penser que Descartesbannit la perception du registre de la connaissance il y aurait, aprĂšs tout, deux maniĂšres de savoir ce qu’est, en lui-mĂȘme, le morceau de cire. Bien sĂ»r, lorsque nous contemplons, d’une fenĂȘtre, le spectacle de la rue, nous savons bien que les manteaux et les chapeaux » auxquels se rĂ©sume notre perception ne sont pas des spectres ou des hommes feints ». Nous jugeons que ce sont de vrais hommes. Par cet autre exemple de la Seconde mĂ©ditation, Descartes montre que la perception a besoin du jugement. NĂ©anmoins, le jugement ne peut se passer complĂštement de la perception ; celle-ci ne se rĂ©duit pas Ă  une illusion. Nous pouvons en effet imaginer » qu’il y a deux morceaux de cire diffĂ©rents - mĂȘme si Ă©videmment il ne s’agit de la mĂȘme cire, qui a changĂ© d’ Leibniz et les petites perceptions »La lecture dualiste » de la perception Platon, Descartes, lecture selon laquelle s’opposent les sensations et les perceptions, d’une part, et la raison et l’entendement, d’autre part, est remise en cause par Leibniz 1646-1716. Dans l’un de ses textes les plus cĂ©lĂšbres, qu’on a pris l’habitude d’intituler Les petites perceptions », Nouveaux essais sur l’entendement humain, 1765, il explique que nous ne percevons pas tout ce que nous croyons percevoir. Ainsi, lorsque nous percevons le bruit de la mer, ce n’est pas le bruit de la mer que nous percevons rĂ©ellement, mais beaucoup de petits bruits ensemble que nous prenons pour un seul bruit Pour entendre le bruit de la mer, il faut bien qu’on entende le bruit qui compose ce tout, c’est-Ă -dire le bruit de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse connaĂźtre que dans l’assemblage confus de tous les autres ensemble, et qu’il ne se remarquerait pas si cette vague qui le fait Ă©tait seule. Si nous ne sommes pas conscients de tout ce que nous percevons par l’intermĂ©diaire des sens, nous ne sommes donc pas conscients de tout, de la mĂȘme maniĂšre, du point de vue de la pensĂ©e. Pour Leibniz, avant d’ĂȘtre une maniĂšre de connaĂźtre les choses, la perception est une activitĂ© vitale ; elle est une modalitĂ© d’ĂȘtre du corps. L’ñme, elle, ne perçoit » pas ; elle permet de porter des jugements, ou de raisonner sur ce que notre corps perçoit ; sans les perceptions du corps, l’esprit ne pourrait pas penser ». L’ñme et le corps doivent donc ĂȘtre compris sous l’angle d’une complĂ©mentaritĂ©, et non sous celui d’un dualisme ou d’une opposition En un mot, c'est une grande source d'erreurs de croire qu'il n'y a aucune perception dans l'Ăąme que celles dont on s'aperçoit. 5. Le corps est au centre de la perception Merleau-PontyPercevoir, comme l’avait pressenti Leibniz, c’est en quelque sorte penser avec le corps ; la perception s’apparente, selon l’expression de Merleau Ponty1908-1961, Ă  un accouplement de notre corps avec les choses ». Le corps est ainsi le mĂ©diateur entre un sujet qui perçoit et un objet le monde perçu par ce sujet. Il n’existe donc pas d’un cĂŽtĂ© le sujet, et de l’autre l’objet, mais principalement une interaction entre les deux. C’est ce que signifie le concept d’intentionnalitĂ©, terme initialement utilisĂ© par Husserl1859-1938 pour dĂ©signer le mouvement, ou l’action, par lequel la conscience d’un sujet se rapporte Ă  l’objet qu’elle perçoit. La conscience, dit Husserl, est toujours conscience de quelque chose. Comme le prĂ©cise encore Merleau-Ponty dans L’Ɠil et l’esprit 1961, persiste l’indivision du sentant et du senti ». La notion de perception » se trouve donc au centre de la rĂ©flexion de Merleau-Ponty PhĂ©nomĂ©nologie de la perception, 1945.Si l’évidence sensible, qui nous semble Ă  premiĂšre vue procĂ©der de la perception, ne peut correspondre Ă  une source indubitable de connaissance, elle demeure, en tant que rapport originaire au monde, ce qui nous permet de prendre connaissance de l’existence de la rĂ©alitĂ© extĂ©rieure. Le fait que l’esprit ne puisse prendre pour vraies les perceptions sans discernement ne signifie pas qu’elles soient Ă  exclure du processus de connaissance. Au contraire, les sensations doivent ĂȘtre utilisĂ©es et rĂ©flĂ©chies par la raison. En rĂ©sumĂ©, la perception est une source de connaissance Ă  la condition que la raison explique ce que les sensations ont d’intelligible.

Maispour Spinoza, la prise de conscience dont il est question n’est pas seulement individuelle, elle est une prise de conscience universelle de la nature au travers d’une de ses individualisations. L’homme, dit-il, n’est pas comme un empire dans un empire. L’homme n’est qu’une partie de la nature mĂȘme si en tant que partie il implique la totalitĂ© de la

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Faceaux effets pervers de la démocratie, la plus belle promesse à faire aux peuples qui se révoltent contre l'oppression est la liberté.
Qu'entend-on primitivement par conscience ? Le fait mĂȘme de penser la pensĂ©e, soit le fait de penser ce qui devient, dans la mesure du moins oĂč cette pensĂ©e qui est pensĂ©e lors du temps de la conscience, c'est aussi le corps qui se sent lui-mĂȘme traversĂ© par des intensitĂ©s, et car intensitĂ©s signifie diffĂ©rences dans la grandeur, dans la rĂ©alitĂ©, dans la relation et dans la maniĂšre de la puissance qui est rendue prĂ©sente par la pensĂ©e, c'est-Ă -dire sentiment de la transition continue, de la transformation, de la variation, du "de-venir". Mais nous pouvons le dire autrement, de façon plus explicite la conscience est saisie du devenir, au sens oĂč la clartĂ© qui est sentie en elle devient toujours plus clarifiĂ©e. Quoiqu'il en soit, il est certain que la conscience ne peut recevoir ce qui ne devient pas. Cela serait possible s'il n'y avait pas d'intensitĂ©s, ou si intensitĂ© voulait dire invariabilitĂ© quantitative, qualitative, relative et modale de la puissance qui apparaĂźt au cours de la pensĂ©e. Mais tel n'est pas le conscience contient ce qui devient. Mais devient-elle elle-mĂȘme, en elle-mĂȘme ? Est-elle ce qui varie ou bien ce qui ne varie jamais, se confond-elle ou non avec son contenu ? La rĂ©ponse est simple nous l'avons dit, la conscience est une pensĂ©e qui pense la pensĂ©e, un fait qui se reflĂšte lui-mĂȘme. Cette pensĂ©e qu'est la conscience, par dĂ©finition, est elle-mĂȘme la pensĂ©e qu'elle pense, elle est comprise dans ce qu'elle pense. Disons-le, nĂ©cessairement, la conscience devient, puisqu'elle n'est pas autre chose que ce qui se pense en elle. Certes, s'il y avait deux pensĂ©es s'Ă©coulant simultanĂ©ment, il serait possible de dire que l'une, pensĂ©e par l'autre, devient, alors que l'autre, pensant la premiĂšre, ne devient pas. La conscience pourrait se tenir dans l'invariabilitĂ© d'un Ă©tat figĂ©, tandis que son contenu, extĂ©rieur Ă  elle, serait soumis Ă  la diffĂ©rence et Ă  la transformation. Mais il n'y a certainement pas deux pensĂ©es ; seulement cette seule pensĂ©e, incertaine en son conscience est une certaine attention accordĂ©e Ă  la maniĂšre dont le corps est affectĂ©. Cette maniĂšre dont le corps est affectĂ© est elle-mĂȘme une attention Ă  elle-mĂȘme, une façon de se sentir soi. Et cette attention Ă  soi est une attention Ă  une certaine attention, puisque le soi est ce qui est attentif. La conscience est une attention accordĂ©e Ă  une attention accordĂ©e Ă  une attention, etc. Ă  l'infini. La question de la conscience, de l'attention, nous mĂšnerait tout droit en une rĂ©gression Ă  l'infini. C'est ainsi qu'elle renvoie apparemment Ă  un trou sans fond, ou Ă  un envol privĂ© de sol, c'est-Ă -dire au malaise liĂ© Ă  la privation de consistance et de direction. Mais cette façon de prĂ©senter les choses n'est peut-ĂȘtre pas la seule possible. On pourrait tout aussi bien dire il y a pensĂ©e, il y a conscience. Ou encore l'idĂ©e est, indexe d'elle-mĂȘme Spinoza. Point final. Dans ce cas, la rĂ©alitĂ© de la conscience ne ferait plus aucun doute, dans la mesure oĂč celle-ci serait bien localisĂ©e bien sĂ»r, dirait-on, c'est cela la conscience, ce qui arrive, cette ouverture unique sur la diffĂ©rence, cette seule multiplicitĂ© ! Nous la sentirions bien on est tentĂ©, Ă©ventuellement Ă  tort, de considĂ©rer la conscience comme un mode "parmi d'autres" de la pensĂ©e. Dans cette mesure, il y aurait des Ă©tats conscients et des Ă©tats non-conscients, simultanĂ©s ou successifs, qui se distingueraient les uns des autres pour former des rĂ©alitĂ©s sĂ©parĂ©es. Examinons les deux options 1 Supposons d'abord que conscience et non-conscience sont simultanĂ©ment disjointes. Par exemple, supposons qu'il y a d'un cĂŽtĂ© la pensĂ©e qui pense la pensĂ©e, soit l'Ă©tat conscient proprement dit, et, hors de cette sphĂšre, d'un autre cĂŽtĂ©, mais dans le mĂȘme temps, la pensĂ©e qui est pensĂ©e par cette pensĂ©e, soit l'Ă©tat non-conscient. Il y aurait celle qui sent, jamais sentie, et celle qui est sentie, incapable de sentir, Ă  l'intĂ©rieur d'un seul instant. La conscience serait une rĂ©alitĂ© partielle, contredite par une autre rĂ©alitĂ© partageant sa prĂ©sence. Mais cela serait absurde nous l'avons dit, la conscience est le fait de se sentir soi-mĂȘme, dans ce seul temps qui devient ; elle est l'identitĂ© actuelle du sentant et du senti, la tautĂ©gorie, la sensation de la sensation, cette seule sensation ; s'il y a conscience, actuellement, lors d'un Ă©coulement donnĂ©, il ne peut y avoir vraisemblablement que la conscience, Ă  l'exclusion de toute autre maniĂšre de penser. La conscience, sans doute, ne cohabite pas avec son contraire, puisque son inscription dans la pensĂ©e doit bien impliquer sa totale coĂŻncidence avec toute pensĂ©e possible, avec tout ĂȘtre possible. Une pensĂ©e actuellement attentive est, normalement, absolument attentive, jamais partiellement inattentive. Rejetons ainsi en toute lĂ©gitimitĂ© apparente cette hypothĂšse qu'envelopperait telle premiĂšre Supposons maintenant que conscience et non-conscience sont successivement disjointes. On admettrait alors que ce genre d'Ă©tat qu'est la conscience n'est pas la seule possibilitĂ© de la pensĂ©e en tant qu'elle est conçue comme discontinuitĂ© dans le temps. Il y aurait, parfois, des Ă©tats de conscience, puis, parfois, des Ă©tats de non-conscience. Par exemple, il y aurait d'un cĂŽtĂ© l'endormi qui ne rĂȘve pas, non-conscient, et de l'autre l'Ă©veillĂ© qui se pense lui-mĂȘme, conscient. L'absurditĂ© de cette option est beaucoup plus difficile Ă  dĂ©voiler, bien qu'elle soit certaine. Certes, d'un cĂŽtĂ©, n'importe qui peut admettre qu'il a "vĂ©cu" des instants oĂč il ne se sentait plus lui-mĂȘme celui qui a Ă©tĂ© ivre, celui qui Ă©prouvĂ© la transe, celui qui est sorti du coma, etc. Mais en mĂȘme temps, d'un autre cĂŽtĂ©, nous ne pouvons raisonnablement nous fier Ă  des tĂ©moignages aussi douteux. Car peut-on vraiment "vivre" un temps oĂč s'impose l'absence de toute sensation de soi, c'est-a-dire de toute sensation tout court, l'absence de toute pensĂ©e ? Peut-on faire l'expĂ©rience de ce qui ne contient jamais ce qui rend possible toute expĂ©rience ? De tels moments existent-ils vraiment ? Sont-ils rĂ©els ? De prime abord, absolument pas. DĂšs que cesse la conscience, la pensĂ©e qui se pense, alors la pensĂ©e en elle-mĂȘme, tout ĂȘtre, doivent bien cesser. Contredire la conscience dans la succession temporelle est bel et bien une chose visiblement impossible toute non-conscience ainsi entendue ne saurait ĂȘtre dite ; elle ne saurait ĂȘtre dĂ©voilĂ©e par le dit, en tant qu'elle ne saurait se dĂ©voiler elle-mĂȘme ; comment pourrait-elle contredire quoi que ce soit ?3 En rĂ©sumĂ©, une illusion serait ici entendue, en ce qu'elle s'attacherait Ă  l'idĂ©e maintenant explicitement impensable que la conscience est une rĂ©alitĂ© seulement partielle de la pensĂ©e, laquelle idĂ©e reposerait sur deux prĂ©jugĂ©s, sur deux croyances bien enracinĂ©es mais certainement non fondĂ©es la premiĂšre poserait une non-conscience rĂ©elle extĂ©rieure spatialement Ă  la conscience ; la seconde en poserait une, tout aussi rĂ©elle, qui est extĂ©rieure temporellement Ă  la la mesure oĂč il n'y a que la pensĂ©e, il faut dire qu'il n'y a que la conscience. En cela seulement, la non-conscience ne serait pas un mode de la pensĂ©e, ou de l'ĂȘtre, mais elle dĂ©signerait bien plutĂŽt l'absence de toute pensĂ©e, de tout ĂȘtre, l'absence de vie. Certaines expressions du quotidien sont Ă©loquentes Ă  ce sujet par exemple, on considĂšre parfois que tel est "ivre-mort" ; ou encore, on dit d'un droguĂ© en transe qu'il "n'est plus avec nous" ; etc. Dans nos esprits est bien prĂ©sente la sage idĂ©e que tout corps qui ne se sent plus lui-mĂȘme a cessĂ© d'ĂȘtre un corps proprement dit, est un corps qui s'est absentĂ©. MalgrĂ© tout, le doute persiste en un sens, tout de mĂȘme, la non-conscience semble bien possĂ©der un certain ĂȘtre, une certaine consistance aprĂšs tout, si elle se laisse penser ici-mĂȘme, c'est qu'elle doit bien se poser d'une certaine maniĂšre.... Ce doute renvoie Ă  une certaine prise en compte du regard, de la pensĂ©e, de la conscience d'autrui, tels qu'ils affectent d'une certaine maniĂšre notre regard, pensĂ©e, conscience. PrĂ©sentons ce doute, et le quelque prĂ©visible rejet de sa teneur 1 Prenons un premier exemple pour illustrer cette situation dĂ©routante d'un doute un homme qui a Ă©tĂ© ivre apprend le lendemain par ses amis qu'il a quittĂ© sa conscience, qu'il a cessĂ© d'ĂȘtre, Ă  un certain moment de son ivresse. Lors de cette rĂ©vĂ©lation, il est bel et bien conscient, il est, il vit. Et c'est ainsi que la certitude d'avoir Ă©prouvĂ© la non-conscience devient elle-mĂȘme sentie, consciente pour lui. Autrui a vĂ©cu pour lui sa non-conscience, et il finit par la lui faire vivre, grĂące Ă  la transmission d'un tel vĂ©cu. Pour tout dire, par autrui, la non-conscience semble devoir perdre un peu de son inconsistance. Cela est vrai pour la non-conscience temporellement sĂ©parĂ©e ivresse, rĂȘve oubliĂ©, mort, etc. mais aussi pour la non-conscience spatialement sĂ©parĂ©e en effet, un mĂ©decin peut bien nous apprendre la prĂ©sence d'une maladie sans que nous ayons senti cette prĂ©sence avant une telle annonce ; il a pu dĂ©celer par exemple l'existence de certaines substances toxiques dans notre sang lesquelles restaient alors invisibles et encore indolores pour nous, c'est-Ă -dire non aptes Ă  engendrer leur sentiment, leur conscience, et ce pour nous rĂ©vĂ©ler, a posteriori, cette existence. La maladie Ă©tait une non-conscience, un non-ĂȘtre, cohabitant apparemment, de façon simultanĂ©e, avec l'ĂȘtre, qu'autrui, le mĂ©decin, a pu vivre pour nous et ainsi nous dĂ©voiler. Ici encore, c'est bien autrui qui fait l'expĂ©rience de notre non-conscience et nous la transmet, comme pour compenser un manque. Ici encore, autrui semble devoir rendre manifeste une singuliĂšre teneur de la Bien sĂ»r, cette objection, ce doute, n'est pas nĂ©gligeable ; il faut bien reconnaĂźtre que le fait de dire "il n'y a que cette pensĂ©e, cette pensĂ©e consciente, et toute non-conscience n'est pas", peut bien nous conduire vers cette autre dangereuse proposition "il n'y a que ma pensĂ©e, la pensĂ©e d'autrui ne compte pas, n'a pas d'ĂȘtre rĂ©el". Pourtant, notre inquiĂ©tude, notre manque d'assurance, ne seraient pas vraiment justifiĂ©s. Et c'est ce qu'il s'agit de bien montrer maintenant. RĂ©flĂ©chissons qu'est-ce qui serait si choquant, au fond, dans le fait d'admettre que finalement, inĂ©vitablement, s'il y a bien toujours un "il y a", c'est qu'il y a encore ma pensĂ©e et seulement ma pensĂ©e, soit dans le fait de nier la non-conscience ? Ce qui nous choquerait, c'est la violence apparente d'une solitude radicale, fatale, indĂ©passable. Ce qui nous choquerait, c'est la dĂ©couverte d'une situation d'enfermement absolu, de clĂŽture totale. Ce qui nous choquerait, c'est l'affirmation d'une distance infinie qui nous sĂ©pare d'autrui, lequel semble pourtant tellement proche, presque fusionnĂ©, tel qu'il prĂ©sente son visage, son expressivitĂ©, sa significativitĂ©, sa voix, sa parole. En un mot, ce qui nous choquerait, c'est de devoir constater une perception consciente d'autrui en tant qu'elle ne peut jamais renvoyer qu'Ă  une auto-affection, impudiquement repliĂ©e sur elle-mĂȘme. Mais il n'y aurait lĂ  peut-ĂȘtre qu'une prĂ©sentation bien dramatique et bien peu juste de considĂ©rer la chose. Nous n'aurions pas tant de raisons d'ĂȘtre ainsi choquĂ©s. Dire que seule compte ma pensĂ©e, Ă  l'exclusion de toute autre pensĂ©e extĂ©rieure, nier la non-conscience, cela pourrait aussi vouloir signifier la quiĂ©tude d'un lien extrĂȘme me connectant Ă  autrui. En effet, contrairement aux apparences, celui qui croirait connaĂźtre une consistance rĂ©elle de la conscience d'autrui telle qu'elle serait extĂ©rieure, serait celui qui doit sentir le plus son absence, son Ă©vaporation angoissante dans le plus lointain, dans la mesure oĂč cette reconnaissance ne pourrait avoir effectivement lieu. Seul celui qui accepterait l'Ă©vidence selon laquelle autrui comme instance sĂ©parĂ©e n'est pas rĂ©el pour soi pourrait se mettre vĂ©ritablement en quĂȘte d'autrui, en tant qu'il aurait dĂ©cidĂ© de se conformer Ă  la seule maniĂšre d'accĂ©der Ă  autrui, courageusement, mais poursuivant aussi ses intĂ©rĂȘts les plus profonds, Ă  savoir sa joie d'ĂȘtre conscient d'autrui, avec autrui. Certes, si nous avions fait l'expĂ©rience, dans une autre vie passĂ©e, d'une conscience rĂ©elle d'autrui pleinement accessible, laquelle nous serait devenue inaccessible au sein de cette vie actuelle ontologiquement solitaire, nous aurions de bonnes raisons de gĂ©mir, de nous plaindre, d'ĂȘtre choquĂ©s, car nous sentirions effectivement une privation, un manque, une mutilation. Mais nous n'avons encore jamais su si une telle expĂ©rience a eu lieu, ce qui veut dire que, pour l'instant, elle n'a certainement pas eu lieu. Oui, par-delĂ  pessimisme et optimisme, il faut bien dire autrui ne pourrait ĂȘtre ni plus proche ni plus loin, ni plus ouvert ni plus fermĂ©, pour l' Nous rendrions donc les armes, une bonne fois pour toutes, en dĂ©clarant "Avouons-le, au moment de la non-conscience, pour le non-conscient, qui est toujours ce seul non-conscient, soit dans l'absolu, il n'y a rien, aucune vie, aucun il y a, cela est indubitable. Autrui, dĂ©ployant sa conscience distincte, insondable, peut bien la considĂ©rer dans tous les sens, de la façon la plus lucide et la plus prĂ©cise possible, cela, tant que cette non-situation durera, ne pourra rien changer Ă  l'affaire. Certes, plus tard, celui qui "fut" non-conscient, ayant retrouvĂ© l'ĂȘtre, la sensation de la sensation, pourra rencontrer cet autre en question qui a Ă©prouvĂ© son non-corps ; la qualitĂ© du regard passĂ© de cet autre, et une certaine aptitude Ă  la communiquer clairement, seront alors cette fois-ci, dans ce contexte nouveau, bien peu indiffĂ©rentes pour celui qui fuyait furtivement hors de la pensĂ©e ; elles rendront mĂȘme peut-ĂȘtre possible une maniĂšre positive de comprendre, d'intĂ©grer Ă  l'ĂȘtre, un nĂ©ant, une faille apparente dans le temps. Mais cette expĂ©rience tardive de la non-conscience n'est jamais la possibilitĂ© d'une consistance rĂ©elle de la non-conscience mĂȘme si la non-vie est racontĂ©e plus tard par des tĂ©moins extĂ©rieurs, elle ne saurait ĂȘtre ressuscitĂ©e en cela ; peut-ĂȘtre, le souvenir qui appartient au soi, Ă  la rigueur, est une forme de rĂ©surrection, car il est la rĂ©pĂ©tition, attĂ©nuĂ©e mais fidĂšle, d'un certain devenir ancien de ce seul corps qui se laisse sentir ; mais le souvenir du non-corps provenant d'une pensĂ©e autre ne peut opĂ©rer nul retour de la vie, puisque le remĂ©morĂ© n'a lui-mĂȘme jamais Ă©tĂ© inscrit dans cette vie. Toutefois, et c'est le bon cĂŽtĂ© de la chose, la nĂ©cessitĂ© d'autrui, de son rĂ©cit, ne s'affirme pas moins pour autant. En effet, sans autrui, sans cette conscience singuliĂšre qu'il pĂ©nĂštre, la saisie de l'inconsistance du nĂ©ant, de la non-conscience, serait impossible ; car seule l'infidĂ©litĂ© criante de son tĂ©moignage, son inadĂ©quation, rend Ă©vidente cette inconsistance, laquelle inconsistance n'aurait pu ĂȘtre soupçonnĂ©e en l'absence totale de tĂ©moignage adĂ©quat ou inadĂ©quat, puisqu'elle aurait alors concernĂ© un non-corps dĂ©nuĂ© de toute attention, mĂȘme a posteriori, mĂȘme vaine. Oui, sans autrui, ce qui est nĂ©cessaire pour la vie, consciente, ne se poserait pas, Ă  savoir la certitude de l'irrĂ©alitĂ© de sa nĂ©gation, la certitude de la pleine lĂ©gitimitĂ© de son affirmation, la certitude d'elle-mĂȘme. L'autre, qui narre le rien sous son masque trompeur, aprĂšs coup et hors du coup, est ma conscience absolument lucide, dĂ©s que j'accepte de jouer dans les rĂšgles. En ce qu'il est reconnu comme non sĂ©parĂ©, rĂ©el pour moi en tant qu'irrĂ©el hors de moi, nous fusionnons proprement dans une pensĂ©e claire comme le jour, qui a retrouvĂ© le site qu'elle n'avait jamais quittĂ©. Il n'y a que la pensĂ©e, il n'y a que la conscience pleine et assurĂ©e, il n'y a qu'autrui, juste en tant que non ajustĂ©, confirmant le non-ĂȘtre du non-ĂȘtre, de la non-conscience ".ConclusionNous avons pu Ă©tablir assez prĂ©cisĂ©ment les raisons qui font que l'on peut ĂȘtre sĂ©duit par le projet d'isoler deux modes distincts de la pensĂ©e, Ă  savoir le mode conscient et le mode non-conscient, mais aussi dĂ©celer les Ă©cueils envisageables de la soumission Ă  cette tentation perte probable d'autrui et de soi. Pour ainsi dire, il est maintenant Ă©vident que c'est l'Ă©garement assurĂ©ment inquiet et plaintif d'une volontĂ© de reconnaĂźtre autrui par l'autonomisation-rĂ©ification de sa pensĂ©e en ce qu'elle serait pensĂ©e du dehors, qui fonde les deux prĂ©jugĂ©s constituant l'illusion visible d'une non-conscience consistante oui, c'est elle, cette pensĂ©e d'autrui sans doute mal reconnue, sans doute mal perçue, semblant sĂ©parĂ©e, qui serait extĂ©rieure spatialement et temporellement ; c'est elle l'autre pensĂ©e, le deuxiĂšme genre de pensĂ©e. Ajoutons que ces deux prĂ©jugĂ©s en formeraient, fondamentalement, un seul en effet, l'exemple du malade qui s'ignore, puis parvient a posteriori Ă  la conscience de son Ă©tat, grĂące Ă  l'annonce inadĂ©quate du mĂ©decin, nous a bien montrĂ© que l'affirmation d'une dualitĂ© spatiale, simultanĂ©e, de la pensĂ©e, est au fond l'affirmation de sa dualitĂ© temporelle, soit d'une dualitĂ© ancrĂ©e dans l'ordre de la succession, de mĂȘme que l'exemple d'une ivresse passĂ©e reconnue a posteriori en la personne d'autrui nous aurait indiquĂ© que tout redoublement de la succession ne serait qu'une intuition inscrite dans une simultanĂ©itĂ© spatiale. Posons-le en ces termes la non-conscience renverrait Ă  l'entente rĂ©trospective et non ajustĂ©e d'une expĂ©rience immĂ©diate du non-corps qui n'a pas Ă©tĂ© Ă©prouvĂ©e en elle-mĂȘme. Cette non-conscience qui nous hante serait un rĂ©cit prĂ©sentement insondable qui vient toujours trop tard.
Laconscience de soi est d’une totale transparence Ă  soi. Selon Sartre : La conscience est forcĂ©ment une conscience d’ĂȘtre. Elle ne peut pas ĂȘtre sans ĂȘtre conscience d’ĂȘtre ; elle
Épreuve tant redoutĂ©e, qui lance les Ă©preuves du Bac. Voici les corrigĂ©s de philosophie, premiĂšre Ă©preuve passĂ©e ce lundi par les candidats des sĂ©ries gĂ©nĂ©rales et technologiques au Bac 2018.=> Consultez ici les sujets du Bac Philo 2018=> Retrouvez aussi notre Facebook Live spĂ©cial corrigĂ© "Bac Philo 2018"Examen du lundi 18 juin 2018 de 8h Ă  12hDurĂ©e de l'Ă©preuve de philosophie 4hCorrigĂ©s SĂ©ries L - CorrigĂ© des SĂ©ries ES - CorrigĂ© des SĂ©ries S - CorrigĂ© des SĂ©ries TechnoLes propositions qui suivent ne constituent pas une correction dĂ©finitive mais des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion. Il est important que les candidats se rappellent que les attentes, en ce qui concerne l'Ă©preuve de philosophie, sont avant tout l'exercice rĂ©flĂ©chi du jugement et le tĂ©moignage d'une culture philosophique du Bac Philo SĂ©rie L LittĂ©raire Coef. 7CorrigĂ© Sujet 1 La culture nous rend-elle plus humain ?Le sujet est assez classique dans sa premiĂšre chose Ă  faire ici est de se demander, de façon un peu innocente pourquoi, alors que la culture est par essence humaine, elle ne nous rendrait pas humain et mĂȘme plus humain ? Le rĂŽle de la culture n’est-il pas de nous dĂ©tacher de l’animalitĂ©, par exemple ?Le sujet sous-entend deux Ă©lĂ©ments 1 la distinction nature/culture si la culture nous rend plus humain, nous sort-elle alors de plus en plus de la nature ?,2 la notion de progrĂšs qu’implique le plus » plus humain que quoi ? Cependant, ce plus » sous-entend que nous sommes dĂ©jĂ  quelque peu humains avant l’apparition de la culture, ou mĂȘme sans reformulĂ©e, la question peut donner Le passage de la nature Ă  la culture nous amĂ©liore-t-il dans notre humanitĂ© ?La difficultĂ© du sujet rĂ©side notamment dans les dĂ©finitions ainsi que l’analyse des concepts de culture », d’ humain », sans nĂ©gliger le verbe rendre ».Le mot culture » est prioritairement Ă  prendre au sens de civilisation », sociĂ©tĂ© », tel qu’il a dĂ» ĂȘtre dĂ©fini en tant que tĂȘte de chapitre du programme La culture ». TrĂšs secondairement, on pouvait, Ă  un moment donnĂ©, parler de culture au sens du savoir, au mĂȘme titre que les notions du programme qui composent l’analyse de la notion de culture l’histoire, le langage, l’art, etc..Question fondamentale Ă  se poser qu’est-ce qu’ĂȘtre humain ? Mot dĂ©finissable par distinction culture/nature mais aussi en soi la culture comme ensemble d’activitĂ©s que l’ĂȘtre humain convenait aussi de s’interroger sur le verbe nous rend-elle » qui suppose une progression du l’humanitĂ© de l’ĂȘtre humain, en quelque sorte, un mouvement, une notions du programme en jeu dans le sujet sont la culture » et possiblement les notions qui composent cette tĂȘte de chapitre, autrui », mais aussi ce qui peut tantĂŽt ĂȘtre questionnĂ© comme Ă©tant le propre de l’homme la raison », la conscience » ou encore des interrogations proprement humaines sur la libertĂ© » la culture nous rend-elle plus humain en nous rendant plus libres ? ; des notions du programme pouvaient aussi ĂȘtre vues comme moyens ou conditions de notre humanitĂ© ou au contraire de notre inhumanitĂ© par exemple la technique ».Quelques auteurs possibles Descartes, TraitĂ© de l’ Discours sur l’origine est les fondements de l’inĂ©galitĂ© parmi les hommes et Contrat social, livre 1Nietzsche, Humain trop La question de la Ă©tait possible de raisonner selon le plan suivant I - La culture nous rend, par dĂ©finition, plus humains Ă  l’égard de nous-mĂȘmes par elle nous nous dĂ©tachons de plus en plus la nature et de l’ - La culture nous rend plus humain sans pour autant nous dĂ©tacher de la nature et de l’animalitĂ©, Ă  l’égard desquelles nous conservons un intĂ©rĂȘt - La culture est au contraire ce qui produit les moyens d’une inhumanitĂ© Ă  l’égard de nous-mĂȘme comme Ă  l’égard des autres on pouvait terminer par un problĂšme actuel, par exemple, le transhumanisme, en se demandant si ce progrĂšs de la culture ne nous transformerait pas en Sujet 2 Peut-on renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ?Le sujet est assez classique dans sa il faut s’étonner d’une telle question pourquoi, alors que nous tenons tant, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, Ă  la vĂ©ritĂ©, pourrions-nous y renoncer ?La question Peut-on renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ? » implique qu’il y aurait quelque chose, finalement, de nĂ©gatif dans la vĂ©ritĂ©, de trois points de vue. D’abord du point de vue de la connaissance bien qu’attachĂ© Ă  la vĂ©ritĂ©, on envisage ici la possibilitĂ© de renoncer Ă  la connaissance vraie alors pourquoi ?. Ensuite d’un point de vue moral possĂ©dant une vĂ©ritĂ©, ai-je le droit d’y renoncer ? Enfin, d’un point de vue psychologique puis-je renoncer Ă  une vĂ©ritĂ© douloureuse ?Une difficultĂ© un piĂšge » se trouve dans l’énoncĂ© il s’agit de renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© » et non Ă  la recherche de la vĂ©ritĂ©. Ce qui veut dire j’ai une vĂ©ritĂ© et j’y renonce et non je cherche la vĂ©ritĂ©, je ne la trouve pas, et je renonce Ă  cette recherche.La mot vĂ©ritĂ© » a Ă  ĂȘtre pris dans diffĂ©rents sens, afin d’ouvrir la question et les possibilitĂ©s de plan. Par exemple, la vĂ©ritĂ© comme adĂ©quation entre la pensĂ©e ou la parole d’une part, et le rĂ©el d’autre part. Dans ce cas, pouvoir renoncer Ă  la vĂ©ritĂ©, c’est pouvoir renoncer Ă  dire ce qui s’est passĂ©, ou Ă  y penser Ă©videmment, en prĂ©cisant pourquoi nous serions amenĂ©s Ă  un tel renoncement, et si, moralement, nous le pouvons.Le verbe peut-on » se questionne donc d’un point de vue moral avons-nous le droit ? mais aussi d’un point de vue psychologique est-il possible de se dĂ©tacher d’une vĂ©ritĂ© dont nous aurions au fond besoin ? Sans oublier le point de vue de la connaissance elle-mĂȘme si un savoir est vrai, ne s’impose-t-il pas Ă  nous ?Il faut aussi considĂ©rer le la » de la vĂ©ritĂ© » la question n’est pas Peut-on renoncer Ă  une vĂ©ritĂ© ? », en particulier, mais Ă  la vĂ©ritĂ© en gĂ©nĂ©ral. Il faut se demander s’il existe une vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale, voire faut ĂȘtre concret et analyser les consĂ©quences possibles de ce renoncement le mensonge, l’oubli, par notions du programme en jeu dans le sujet sont la vĂ©ritĂ©, la raison et le rĂ©el, la conscience, la libertĂ© suis-je libre de renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ? Ă©tait possible de raisonner selon le plan suivant I - On ne peut renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© car cette derniĂšre s’impose Ă  nous, par exemple - On ne peut moralement renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© car cette derniĂšre relĂšve du devoir de vĂ©ritĂ©, de mĂ©moire.III - On peut renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© quand celle-ci s’avĂšre possibles Sextus Empiricus, Hypotyposes MĂ©ditation mĂ©taphysique, Le gai mettre en lien avec la notion de bonheur par exemple renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© rend-il heureux ?CorrigĂ© Sujet 3 explication de texte Texte de SchopenhauerLe sujet 3 est difficile dans son approche et son traitement car son concept central n’est pas contenu directement dans le programme des notions ce qui est tout Ă  fait possible et prĂ©vu puisque les sujets de philosophie ne sont pas des questions de cours, mais de vĂ©ritables sujets de rĂ©flexion sur un problĂšme qu’une interrogation ou qu’un texte soulĂšveIl ne fallait donc pas chercher Ă  plaquer mĂ©caniquement sur le texte de Schopenhauer des connaissances apprises par notion centrale du texte est la peur. Il faut avoir fait plusieurs lectures attentives du texte, jusqu’au bout, pour voir ce concept. Ce dernier est prĂ©sentĂ© en fin de texte comme la rĂ©capitulation d’une dit Schopenhauer sur la peur la thĂšse du texte ? la peur qui peut nous retenir d’agir est plus ou moins consciente car nous cachons ce sentiment un peu honteux par une cause plus noble », des raisons purement morales ».Cette notion de peur est analysĂ©e dans le 2nd paragraphe. Le rĂŽle du 1e paragraphe est d’amener et de faire comprendre a contrario la peur, par son contraire donc, Ă  savoir le dĂ©sir encore et toujours de façon plus ou moins consciente de voir quelque chose arriver, mais qu’on peut se cacher Ă  argumentation est assez concrĂšte comment, en nous, la peur se forme-t-elle ? Il ne s’agit pas de la peur brutale qui nous saisit face Ă  un monstre par exemple, mais du sentiment diffus, plus ou moins conscient, qui s’installe en nous dĂšs que nos avons une dĂ©cision importante Ă  prendre ou une action cruciale Ă  peur peut ĂȘtre ici comprise comme la peur de perdre, la peur d’affronter des situations incertaines ou de devoir prendre des au fond un texte Ă  dimension morale philosophie de l’action et psychologique philosophie des sentiments sur les motifs » encore une fois, plus ou moins conscients qui nous retiennent ou nous poussent.Notions du programme en jeu la vĂ©ritĂ©, la conscience et l’inconscient, la morale, le dĂ©sir, le du Bac Philo SĂ©rie ES Economique et sociale Coef. 4CorrigĂ© Sujet 1 Toute vĂ©ritĂ© est-elle dĂ©finitive ?Le premier sujet de la sĂ©rie ES est assez classique puisqu'il confronte la notion de vĂ©ritĂ© avec son caractĂšre temporel et relatif. Le sujet est trĂšs large et n'a donc pas de plan type. Il faut d'abord que le candidat se consacre Ă  une dĂ©finition des notions. La vĂ©ritĂ© se dĂ©finit traditionnellement comme l'adĂ©quation entre nos pensĂ©es et le rĂ©el. Le rĂ©el existe, il est prĂ©sent mais pouvons-nous le connaĂźtre dĂ©finitivement pour autant ? C'est lĂ  l'enjeu de la question. Les candidats doivent s'attarder sur la notion "dĂ©finitive". Ce qui est dĂ©finitif est considĂ©rĂ© comme achevĂ©, certain, irrĂ©vocable. Enfin il fallait noter que le sujet demande si "toute" vĂ©ritĂ© est dĂ©finitive, ce qui sous-entend la possibilitĂ© de distinguer plusieurs formes de premiĂšre hypothĂšse que les candidats pouvaient envisager est tout simplement de constater que la vĂ©ritĂ©, peu importe le domaine dans lequel nous nous inscrivons, semble connaĂźtre des Ă©volutions. De façon privilĂ©giĂ©e, ce que nous dit la science Ă  propos du rĂ©el subit des transformations, voire des rĂ©volutions, au cours du pour autant, cette Ă©volution remet-elle en cause la notion de vĂ©ritĂ© ou, au contraire, notre capacitĂ© Ă  y parvenir ? Il faut alors dĂ©gager une mĂ©thode d'accĂšs Ă  la vĂ©ritĂ©. La dĂ©monstration est le moyen privilĂ©giĂ© pour rĂ©aliser cet objectif. Cette mĂ©thode possĂšde nĂ©anmoins le risque de s'Ă©loigner du rĂ©el Ă  cause de son caractĂšre trop formel, ce qui nous Ă©loignera Ă©galement de la vĂ©ritĂ© entendue comme adĂ©quation au faut-il donc distinguer au sein mĂȘme de la vĂ©ritĂ© plusieurs formes possibles. Il y aurait des vĂ©ritĂ©s dĂ©finitives comme celles du cogito cartĂ©sien ou certaines vĂ©ritĂ©s de la science et d'autres qui sont vouĂ©es Ă  Ă©voluer au cours du temps comme les vĂ©ritĂ©s qui reposent sur une auteurs pour un tel sujet sont nombreux. Les candidats pouvaient faire rĂ©fĂ©rence au dĂ©bat entre Platon et Protagoras en ce qui concerne la relativitĂ© de la vĂ©ritĂ© ou encore Ă  l'allĂ©gorie de la caverne. Le cogito cartĂ©sien apparaĂźt comme une rĂ©fĂ©rence importante. L'opposition entre phĂ©nomĂšnes et noumĂšnes rĂ©alitĂ© intelligible, opposĂ©e au phĂ©nomĂšne sensible, NDLR proposĂ©e par Kant peut ĂȘtre utile. Sinon, ils pouvaient aller chercher des auteurs en Ă©pistĂ©mologie comme Popper, Duhem...CorrigĂ© Sujet 2 Peut-on ĂȘtre insensible Ă  l'art ?Le deuxiĂšme sujet est intĂ©ressant puisqu'il repose sur un paradoxe. A premiĂšre vue, il semble difficile d'ĂȘtre insensible Ă  l'art puisque l'essence mĂȘme de l'art est d'interpeller notre sensibilitĂ©. L'art n'a pas seulement pour fonction de toucher notre sensibilitĂ©, il a Ă©galement une fonction intellectuelle, mais il y parvient normalement en passant par nos faut donc, dans un premier temps, travailler ce paradoxe en insistant sur le fait que l'art est le propre de l'homme. Il tĂ©moigne de notre appartenance Ă  une culture et donc Ă  l'humanitĂ©. L'art est donc essentiel Ă  l'homme et il apparaĂźt difficile d'y ĂȘtre il arrive que nous ne soyons pas touchĂ©s par certaines formes d'art. Il faut alors faire subir au sujet une lĂ©gĂšre inflexion. S'il semble difficile qu'un individu soit insensible Ă  tout art, il peut l'ĂȘtre Ă  certaines manifestations de l'art. C'est un phĂ©nomĂšne que l'on retrouve par exemple avec l'insensibilitĂ© qu'une partie du public peut Ă©prouver Ă  l'Ă©gard de l'art faut alors rechercher la cause de cette insensibilitĂ© et on voit assez vite qu'elle repose souvent sur une certaine incomprĂ©hension, ce qui permet de renverser le rapport traditionnel que l'on attribue entre sensibilitĂ© et intellection. Il est peut-ĂȘtre nĂ©cessaire de comprendre une oeuvre pour y ĂȘtre sensible et non l' candidats pouvaient faire rĂ©fĂ©rence aux travaux de Hume sur la sensibilitĂ©, Ă  ceux de Kant sur la maniĂšre de distinguer l'agrĂ©able du beau. Ils pouvaient Ă©galement utiliser des auteurs plus contemporains comme Danto ou Goodman sur la relation du public Ă  l'art contemporain. Il Ă©tait Ă©galement possible de solliciter Hegel pour insister sur l'importance de l'intellect en Sujet 3 explication de texte Durkheim, Les formes Ă©lĂ©mentaires de la vie religieuseLe texte proposĂ© aux Ă©lĂšves de ES est assez simple dans sa formulation mais peut avoir un caractĂšre dĂ©routant pour les candidats car il ne renvoie pas clairement Ă  une notion du objet concerne le rapport Ă  autrui et, plus particuliĂšrement, l'influence que peut avoir autrui sur nous du fait de son problĂšme que se pose ici Durkheim est de savoir comment certains individus exercent-ils une influence sur les autres ? Comment le rapport d'autoritĂ© se manifeste-t-il ?Il dĂ©fend la thĂšse selon laquelle l'autoritĂ© provient d'une reconnaissance en une "Ă©nergie psychique" particuliĂšre qui limite la volontĂ© de celui qui obĂ©it. L'enjeu du texte est donc de travailler ce rapport si particulier qui existe entre ceux qui commandent et ceux qui texte est divisĂ© en deux parties. Dans un premier temps, l'auteur s'attache Ă  travailler le rapport d'autoritĂ© avant de l'appliquer au cas particulier du commandement dans une deuxiĂšme candidats devaient d'abord dĂ©finir les notions d'obĂ©issance, d'autoritĂ© morale, d'Ă©nergie psychique. Il est bon d'insister sur le caractĂšre Ă©tonnant de cette notion d'Ă©nergie psychique. Le rapport entre notre volontĂ© et celle de celui qui impose le respect doit ĂȘtre traitĂ©. Les notions de prescription et de commandement sont importantes. Il faut Ă©galement rĂ©flĂ©chir Ă  la notion d'intensitĂ©. Le texte n'est pas forcĂ©ment complexe mais demande une attention particuliĂšre. Le risque pour les candidats est de faire une longue paraphrase du texte au lieu de rĂ©aliser un travail patient d' Retrouvez les corrections du Bac Philo 2018 en Facebook Live CorrigĂ©s Bac Philo 2018 l'Ă©preuve de philo est terminĂ©e, voici les corrigĂ©s en Live! Posez-nous vos questions en commentaires - En partenariat avec Nomad Education - applis de rĂ©visions pour le bac by Le Parisien Etudiant on Monday, June 18, 2018CorrigĂ© du Bac Philo SĂ©rie S Scientifique Coef. 3CorrigĂ© Sujet 1 Le dĂ©sir est-il la marque de notre imperfection ?Sujet assez classique le dĂ©sir, formulation assez inĂ©dite. Assez difficile Ă  cause de la notion d’imperfection qu’il faut bien analyser. ReformulĂ©e, la question donne Le dĂ©sir est-il notre noblesse possible ou notre misĂšre rĂ©elle ? ProgrĂšs ou dĂ©cadence ?Il faut prĂ©ciser le sens de marque » qui est une mĂ©taphore, qui signifie la preuve, ou encore l’indice, ou le signe de reconnaissance de notre fallait voir les diffĂ©rentes dĂ©finitions, acceptions et conception du dĂ©sir afin de trouver des pistes diffĂ©rentes. Par exemples - Le dĂ©sir comme manque, souffrance, dĂ©sespoir, frustration. Dans ce cas, le dĂ©sir est la marque de notre Le dĂ©sir opposĂ© au besoin, comme tendance noble vers quelque chose de bon dans ce cas, le dĂ©sir peut, dans son mouvement et dans sa rĂ©alisation, tendre vers la perfection est Ă©galement intĂ©ressant de bien creuser les implications du mot imperfection » - le contraire de la perfection se demander si nous pouvons ĂȘtre parfaits ;- la possibilitĂ© d’un perfectionnement, d’une amĂ©lioration devenons-nous meilleurs moralement par exemple si nous renonçons au dĂ©sir ou Ă  certains dĂ©sirs ?Les notions du programme en jeu dans le sujet sont le dĂ©sir, la morale, la culture, la conscience, la auteurs possibles Épicure, Lettre Ă  Le monde comme volontĂ© et comme Ă©tait possible de raisonner selon le plan suivant I - Le dĂ©sir est la marque de notre - Le dĂ©sir n’est la marque que d’une certaine imperfection, tout dĂ©pend du dĂ©sir dont on - Le dĂ©sir est la marque, non de notre perfection nul n’est parfait, mais le moyen de notre perfectionnement, et donc la marque de notre on pouvait ouvrir sur la question fondamentale de notre libertĂ© face Ă  nos Sujet 2 Eprouver l’injustice, est-ce nĂ©cessaire pour savoir ce qui est juste ?Le sujet est assez difficile dans sa formulation, et assez inĂ©dit en problĂšme de cette question repose sur deux distinctions, entre injustice » et juste », entre Ă©prouver » et savoir ».La premiĂšre distinction nĂ©cessite de bien reprendre des dĂ©finitions de la justice vues en cours, puis de dĂ©finir a contrario ce qu’est l’injustice peut-on comprendre l’injuste par son contraire ?La seconde distinction repose sur la dualitĂ© sentiment/ raison, Ă©prouver » affectivement VS savoir » rationnellement. Il faut se demander si un sentiment d’injustice peut reposer sur une idĂ©e de justice. Eprouver l’injustice est-il naturel ou nĂ©cessite-il un savoir, moral, juridique, ou encore politique ?ReformulĂ©e, la question donne Faut-il possĂ©der une idĂ©e rationnelle de la justice pour ressentir l’injustice ? La connaissance du juste est-elle une condition prĂ©alable Ă  tout sentiment d’injustice ?Il faut donc bien se demander en quoi consiste le problĂšme, car habituellement nous pensons que le sentiment d’injustice est premier l’exemple du jeune enfant qui ressent de l’injustice sans forcĂ©ment connaĂźtre l’idĂ©e de justice et que l’idĂ©e de justice est le fruit d’une rationalisation faut prĂ©ciser Ă©galement nĂ©cessaire » ici, une condition impĂ©rativement notions du programme en jeu dans le sujet sont la justice, le droit, le sujet, la conscience, la Ă©tait possible de raisonner selon le plan suivant I - Eprouver l’injustice est une condition prĂ©alable et nĂ©cessaire Ă  la connaissance du justeII - Il faut avoir une idĂ©e du juste pour ressentir authentiquement l’injusticeIII - On Ă©prouve d’abord l’injustice de laquelle on se forge une idĂ©e du juste, idĂ©e qui sert alors Ă  juger rationnellement l’injusticeAuteurs possibles Platon, RĂ©publique mythe de GygĂšs.Aristote, Ethique Ă  Discours sur l’origine et les fondements de l’inĂ©galitĂ© parmi les ThĂ©orie de la s’interroger sur les liens entre justice, injustice et Sujet 3 Texte de MillLe sujet est trĂšs difficile dans son approche et son texte porte sur la question du possible lien de causalitĂ© entre les lois et les phĂ©nomĂšnes de la nature d’une part, les autres phĂ©nomĂšnes, humains et sociaux d’autres problĂšme peut ĂȘtre posĂ© ainsi habituellement, les lois et les phĂ©nomĂšne humains et sociaux se comprennent indĂ©pendamment des lois et phĂ©nomĂšnes de la prend le contre-pied de cette idĂ©e et Ă©nonce la thĂšse suivante tous les phĂ©nomĂšnes humains sont en mĂȘme temps des phĂ©nomĂšnes de la nature. Pourquoi ? Car les lois qui rĂ©gissent la nature et la sociĂ©tĂ© sont les mĂȘmes. Or, la nature Ă©tant antĂ©rieure Ă  la sociĂ©tĂ©, la premiĂšre dĂ©termine la doit ĂȘtre prĂ©cisĂ©e ainsi tout au long de l’analyse les lois sont toujours les mĂȘmes, ce sont les circonstances dans lesquelles les lois s’appliquent qui changent circonstance naturelles VS circonstances sociales.Il Ă©tait bon de donner quelques exemples, finalement simples la loi physique de la pesanteur qui s’applique dans la nature, s’applique aussi Ă  dans sociĂ©tĂ© humaine mais pas sur les mĂȘmes rĂ©alitĂ©s et pas dans les mĂȘmes circonstancesNotions du programme en jeu la raison et le rĂ©el, la dĂ©monstration, la du Bac Philo SĂ©ries Technologique sauf STHR Coef. 2Les propositions qui suivent ne constituent pas une correction dĂ©finitive mais des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion. Il est important que les candidats se rappellent que les attentes, en ce qui concerne l'Ă©preuve de philosophie, sont avant tout l'exercice rĂ©flĂ©chi du jugement et le tĂ©moignage d'une culture philosophique Sujet 1 L'expĂ©rience peut-elle ĂȘtre trompeuse ?Le premier sujet proposĂ© aux sĂ©ries technologiques est classique mais peut apparaĂźtre complexe aux faut d'abord dĂ©finir les notions du sujet. La notion d'expĂ©rience est assez large puisqu'elle traverse l'ensemble de notre existence. Il est possible de la dĂ©finir comme une certaine Ă©preuve conduisant Ă  une connaissance ou Ă  une maĂźtrise. On la retrouve dans notre quotidien mais aussi plus particuliĂšrement dans le domaine scientifique. Le caractĂšre trompeur d'une chose signifie que celle-ci nous fait croire qu'elle nous donne accĂšs Ă  la vĂ©ritĂ© alors qu'elle nous induit en de tromperie est particuliĂšrement importante pour la notion d'expĂ©rience puisqu'elle se donne comme le moyen d'engranger des savoirs ou de maĂźtriser des techniques. Il apparaĂźt donc, Ă  premiĂšre vue, que l'expĂ©rience n'est pas le temps fait que nous nous rendons parfois compte qu'une expĂ©rience nous a trompĂ© et que ce que nous pensions ĂȘtre vrai s'est rĂ©vĂ©lĂ© qu'est-ce qui nous a permis de prendre conscience de cette tromperie ? L'expĂ©rience elle-mĂȘme. C'est lĂ  le paradoxe de l'expĂ©rience. MĂȘme si elle peut parfois ĂȘtre trompeuse, elle est le seul moyen que nous avons pour la corriger. C'est donc l'expĂ©rience qui permet de corriger l' candidats pouvaient utiliser les oeuvres d'Aristote ou de Locke pour montrer que l'expĂ©rience constitue notre premier mode d'accĂšs Ă  la vĂ©ritĂ©. Il Ă©tait bon d'utiliser Descartes et le doute systĂ©mique qu'il utilise pour montrer que nos expĂ©riences sont parfois trompeuses. Enfin, les candidats pouvaient utiliser un auteur comme Bachelard pour dĂ©fendre l'idĂ©e selon laquelle l'expĂ©rience scientifique vient corriger notre expĂ©rience Sujet 2 Peut-on maĂźtriser le dĂ©veloppement technique ?Le deuxiĂšme sujet est assez classique Ă©galement mais possĂšde certains Ă©chos avec l'actualitĂ© et les craintes que peut provoquer le dĂ©veloppement notion de technique se dĂ©finit comme l'ensemble des moyens utilisĂ©s par l'homme pour transformer son milieu. La technique est une caractĂ©ristique qui accompagne l'humanitĂ© depuis ses dĂ©buts et qui a permis Ă  l'homme d'Ă©riger une culture. Elle est donc une aide fondamentale pour l'homme si bien qu'il peut difficilement s'en la technique a connu un dĂ©veloppement tel qu'il semble de plus en plus difficile d'en maĂźtriser les effets. La question apparaĂźt alors de savoir si nous restons les maĂźtres de nos crĂ©ations ou si elles finissent par nous faut donc rĂ©flĂ©chir aux moyens de maĂźtriser notre dĂ©veloppement technique. Une premiĂšre rĂ©ponse consiste Ă  dire que ceux qui contribuent au dĂ©veloppement technique, les ingĂ©nieurs, sont les mieux placĂ©s pour limiter leurs propres inventions. Une autre rĂ©ponse possible consiste Ă  dire que cette maĂźtrise doit venir d'une volontĂ© politique, celle des dirigeants ou celle des citoyens. Dans les deux cas, il semble difficile d'envisager une maĂźtrise du dĂ©veloppement car la concurrence est telle que la course au progrĂšs ne semble pas prĂȘte de connaĂźtre un ce sujet, les candidats pouvaient faire rĂ©fĂ©rence Ă  Bergson et sa dĂ©finition de l'homme comme homo faber. Descartes semble une rĂ©fĂ©rence incontournable pour ce sujet. Il est celui qui dĂ©fend l'idĂ©e d'une maĂźtrise de la nature grĂące Ă  la technique. Jonas est aussi une rĂ©fĂ©rence importante pour ce sujet puisqu'il met en garde contre les dangers du dĂ©veloppement technique et de sa difficile Sujet 3 Montesquieu, De l'esprit des lois1/Le texte de Montesquieu proposĂ© aux candidats des sĂ©ries technologiques est intĂ©ressant puisqu'il va contre certaines idĂ©es reçues concernant ce qu'il faut entendre par libertĂ© dans une principale du texte de Montesquieu est de dĂ©finir ce qu'est la libertĂ© politique, Ă  savoir le fait de pouvoir faire ce que les lois nous autorisent et l'importance de l'adhĂ©sion Ă  ces lois par les citoyens. Il dĂ©veloppe son argumentation en deux temps. Il insiste d'abord sur l'erreur de jugement qui peut ĂȘtre attribuĂ© aux dĂ©mocraties. Elles ne sont pas des rĂ©gimes oĂč chacun fait ce qu'il veut. Au contraire, elles sont encadrĂ©es par des lois nĂ©cessaires au bon fonctionnement de la sociĂ©tĂ©. Montesquieu montre ensuite le risque que pourrait courir la dĂ©mocratie si chacun use de sa libertĂ© en fonction de sa seule volontĂ© et non selon le respect des phrase "dans les dĂ©mocraties, le peuple paraĂźt faire ce qu'il veut" insiste sur l'image que peut renvoyer la dĂ©mocratie, Ă  savoir celle d'un rĂ©gime au sein duquel chaque citoyen peut suivre sa volontĂ© et ses dĂ©sirs sans devoir rendre de compte Ă  la loi. Il s'agit lĂ  Ă©videmment d'une apparence car en dĂ©mocratie, comme dans tout rĂ©gime, la loi organise la sociĂ©tĂ© et donc encadre les volontĂ©s phrase "la libertĂ© ne peut consister qu'Ă  pouvoir faire ce que l'on doit vouloir" insiste sur le rapport que le citoyen doit entretenir Ă  l'Ă©gard des lois. Le respect des lois doit constituer un devoir supĂ©rieur au respect de sa volontĂ© individuelle. Cela signifie que le citoyen doit comprendre tout l'intĂ©rĂȘt qu'il a de respecter la propose de distinguer indĂ©pendance et libertĂ©. L'indĂ©pendance est la capacitĂ© de l'individu de vivre seul, ce qui lui permet de ne suivre que sa volontĂ©. Or, du fait mĂȘme de son appartenance Ă  la sociĂ©tĂ© cette indĂ©pendance doit ĂȘtre inscrite dans le projet plus gĂ©nĂ©ral de la sociĂ©tĂ©. Si le citoyen souhaite ne suivre que son indĂ©pendance, il risque d'en faire les frais puisque les autres feront de mĂȘme, ce qui mettra en danger la sociĂ©tĂ© dans son libertĂ© se dĂ©finit en apparence comme la capacitĂ© pour un individu de faire ce qu'il veut, c'est-Ă -dire de suivre sa volontĂ© et ses dĂ©sirs. Pourtant, si tous les individus ne font que suivre leurs dĂ©sirs, ils risquent de tomber dans une forme de guerre gĂ©nĂ©ralisĂ©e que Hobbes appelle â€œĂ©tat de nature”. Il faut alors contraindre les volontĂ©s individuelles par la loi, ce qui permet aux citoyens d'augmenter leur libertĂ©. Les lois apparaissent ainsi nĂ©cessaires Ă  la ce sujet, les candidats peuvent faire rĂ©fĂ©rence Ă  Hobbes et Ă  la dĂ©finition qu'il propose de l'Ă©tat de nature. Il est possible Ă©videmment de reprendre le texte de Montesquieu. Rousseau appraĂźt Ă©galement comme un auteur important pour ce aussi →SpĂ©cial BAC 2018 les sujets et conseils de prĂ©paration...→ Dates du Bac Ă©preuve par Ă©preuve→ CorrigĂ©s du bac Les Ă©preuves corrigĂ©es par nos profs sĂ©lectionnĂ©s→ Les sujets probables du Bac ciblez vos rĂ©visions...→ Conseils de rĂ©visions Ă  quelques jours ou heures des examens→ Quiz de rĂ©visions du Bac testez votre niveau matiĂšre par matiĂšre...→ Les alertes rĂ©sultats du Bac officiels et gratuits, en direct des acadĂ©mies...→ Bac de Philo derriĂšre l'Ă©paule d'un correcteur→ Bac pourquoi la philo ouvre le bal des Ă©preuves ?Alerte Mail CorrigĂ©s du Bac Laconscience de soi est-elle immĂ©diate ? A. La conscience de soi paraĂźtre ĂȘtre immĂ©diate. Le mot conscience a eu pendant longtemps une signification morale. La conscience est en ce sens un conseiller qui nous avertit de ce que nous devons faire, et c’est aussi un juge qui se prononce sur ce que nous avons fait. Tel est le sens de l’expression «

Introduction Pourrais-je avoir la certitude de mon existence et de mon identitĂ© si j'Ă©tais entiĂšrement seul ? Cette question invite Ă  interroger le rĂŽle de la prĂ©sence d'autrui dans la constitution de la conscience et plus prĂ©cisĂ©ment de la conscience de soi. On croit communĂ©ment que ce sont des donnĂ©es originaires, que la conscience est notre modalitĂ© d'ĂȘtre spontanĂ©e et que chacun a la connaissance immĂ©diate de son identitĂ© c'est-Ă -dire de ce qu'il a de commun avec les autres hommes identitĂ© humaine et de distinct d'eux identitĂ© personnelle. L'Ă©noncĂ© suggĂšre implicitement qu'il y a peut-ĂȘtre lĂ , une naĂŻvetĂ©, car l'expression prendre conscience de soi » connote l'idĂ©e d'un processus. La question est de savoir ce qui le rend possible. Faut-il suivre Descartes et croire que la dĂ©marche conduisant un sujet au savoir de son existence et de son identitĂ© ne passe pas par les autres, qu'elle s'effectue dans la solitude d'une mĂ©ditation et mĂȘme dans une expĂ©rience proprement solipsiste? ThĂšse La conscience que le sujet prend de lui-mĂȘme est une expĂ©rience solitaire. Car renversement dialectique est-il lĂ©gitime de croire que la conscience et la subjectivitĂ© soient des donnĂ©es originaires ? Il est douteux que l'enfant sauvage ait une conscience de lui-mĂȘme et du monde, dĂ©veloppĂ©e. Il faut pour cela les apprentissages linguistiques par lesquels on peut se mettre Ă  distance du monde et de soi-mĂȘme pour signifier et se reprĂ©senter or un milieu de paroles est un milieu oĂč l'autre est omniprĂ©sent. Il faut la prĂ©sence de l'autre pour qu'un Je », une identitĂ© se saisisse par rapport Ă  un tu » ou une altĂ©ritĂ©. Il faut le miroir de la raison des autres pour se dĂ©couvrir soi-mĂȘme comme participant d'une dimension commune. Il faut aussi la lutte Ă  mort des consciences pour se dĂ©couvrir dĂ©sir de reconnaissance et de libertĂ©. Et plus intimement encore, l'idĂ©e qu'un homme se fait de lui-mĂȘme est largement tributaire de la confiance, de l'amour ou du mĂ©pris dont il se sent l'objet. Tout porte Ă  croire que la subjectivitĂ© n'est pas une citadelle, extĂ©rieure au rĂ©seau de relations dans lesquelles elle se construit et se reprĂ©sente Ă  elle-mĂȘme. Autrui est toujours dĂ©jĂ  prĂ©sent Ă  la conscience de soi passe par lui. AntithĂšse l'intersubjectivitĂ© est la condition de la subjectivitĂ©. NĂ©anmoins DĂ©passement qu'autrui soit un mĂ©diateur entre soi et soi-mĂȘme ne signifie pas que la prise de conscience de soi exclue le retour solitaire sur soi. Le sujet peut se saisir aussi rĂ©flexivement or la rĂ©flexion n'est jamais aussi fĂ©conde que lorsqu'elle n'est pas aveuglĂ©e par les puissances trompeuses, d'ordinaire si efficientes dans la vie sociale l'amour propre par exemple ou la mauvaise foi. L'effort de luciditĂ© exige parfois, de se retirer du commerce des hommes pour faire la lumiĂšre sur un objet, ici sur soi-mĂȘme, mais cette solitude lĂ  n'est pas une expĂ©rience solipsiste. Elle est toute bruissante de la prĂ©sence des autres mĂȘme dans leur absence. On peut ainsi se demander si ce qui fait la fĂ©conditĂ© de la retraite cartĂ©sienne n'est pas prĂ©cisĂ©ment cette maniĂšre de ne pas ĂȘtre seul, de porter l'autre en soi, d'une maniĂšre si absolue que cet autrui intĂ©rieur, Descartes l'appelle Dieu. Descartes n'est pas au milieu des autres lorsqu'il affronte la question Qu'est-ce que je peux tenir pour certain ? ». Il s'est retirĂ© dans son poĂȘle, dans le silence et la solitude propices Ă  la mĂ©ditation. Celle-ci est un exercice spirituel dans lequel le sujet fait retour sur lui-mĂȘme pour se pĂ©nĂ©trer d'une vĂ©ritĂ©. C'est une conscience seule avec elle-mĂȘme qui va faire l'expĂ©rience de l'Ă©vidence de son existence et de son essence. Descartes est mĂȘme si seul qu'il a perdu le monde. La rĂ©futation des certitudes sensibles l'a anĂ©anti et avec lui, l'existence des autres. Or c'est prĂ©cisĂ©ment au moment oĂč il a fait le vide qu'il dĂ©couvre qu'il peut douter de tout sauf du sujet qui doute. Je pense donc je suis ». A l'instant oĂč je pense, mĂȘme si ce que je pense est douteux, il y a quelque chose qui rĂ©siste au doute. C'est le sujet de ce doute. Je suis certain de mon existence et je suis certain que cette existence est celle d'une substance pensante. La prise de conscience de soi est bien chez Descartes une opĂ©ration solitaire et mĂȘme solipsiste. Car si la conscience peut s'assurer d'elle-mĂȘme dans la mesure oĂč elle a un rapport d'intĂ©rioritĂ© avec elle-mĂȘme, elle ne peut ĂȘtre certaine de l'existence d'une autre conscience puisque pour avoir cette certitude il faudrait ĂȘtre cette autre conscience. La conscience de soi se dĂ©couvre coupĂ©e de toute autre certitude que la certitude d'elle-mĂȘme. Elle ne peut pas ĂȘtre sĂ»re que les images des choses extĂ©rieures soient autre chose que les images d'un rĂȘve. ProblĂ©matisation transition. Ce qui fait problĂšme Ă  plus d'un titre car y a-t-il sens Ă  vider la conscience de tout objet intentionnel ? Toute conscience est conscience de quelque chose » affirme Husserl. La phĂ©nomĂ©nologie tire de cette observation l'idĂ©e que l'anĂ©antissement de l'objet est aussi l'anĂ©antissement du sujet qui se projette vers lui. A vouloir saisir un ĂȘtre lĂ  oĂč il n'y a qu'un acte ou un mouvement on trahit l'expĂ©rience rĂ©elle de la conscience. Le solipsisme, de mĂȘme, est problĂ©matique car l'existence d'autrui est pour chacun de nous une Ă©vidence prĂ© rĂ©flexive et on ne voit pas comment un sujet pourrait advenir Ă  la conscience, Ă  la subjectivitĂ©, au sentiment de son identitĂ© s'il Ă©tait privĂ© de la prĂ©sence des autres. Le sujet cartĂ©sien n'est pas un sujet originaire. Il est le rĂ©sultat d'une formation, d'un milieu culturel c'est-Ă -dire d'un contexte oĂč les autres sont omniprĂ©sents. Ainsi s'il peut s'assurer de leur existence par un raisonnement par analogie, son tort est d'oublier qu'avant d'ĂȘtre capable de raisonner et simplement de pouvoir dire Je, le commerce des autres est nĂ©cessaire. Il est nĂ©cessaire pour dĂ©velopper les aptitudes proprement humaines la bipĂ©die, la propretĂ©, la parole, la pensĂ©e, la normativitĂ© de la conduite etc. Hors d'un milieu social le soumettant aux apprentissages requis, soit par mimĂ©tisme soit par transmission Ă©ducative, le petit de l'homme, comme le montre l'exemple de l'enfant sauvage, n'actualise pas les virtualitĂ©s de la nature humaine. Celle-ci est tout autant le produit d'un contexte culturel qu'elle en est la condition de possibilitĂ©. Ainsi comment serait-il possible d'advenir Ă  la dimension de la subjectivitĂ©, Ă  la conscience de son identitĂ© si l'on ne se construisait pas dans un milieu de parole et dans un contexte intersubjectif ? L'opĂ©ration par laquelle une conscience se constitue comme pouvoir de sĂ©paration, de division d'avec soi et d'avec le monde est en effet le langage. C'est lui qui mĂ©diatise notre rapport Ă  nous-mĂȘmes et notre rapport au monde. En deçà de l'expĂ©rience linguistique il n'y a pas de scission sujet-objet, pas de visĂ©e de soi-mĂȘme comme un ĂȘtre distinct du monde des choses et des autres. DĂšs lors ne peut-on pas se demander, avec la linguistique, ce que le sentiment de notre identitĂ© personnelle doit Ă  la capacitĂ© de disposer linguistiquement du Je, du tu et aussi de porter un nom? Il ne s'agit pas de dire que le moi est un simple produit de la grammaire ce serait oublier que les langues sont des crĂ©ations de l'esprit humain, mais de ne pas mĂ©connaĂźtre qu'on construit le rĂ©el Ă  travers les catĂ©gories d'une langue, ce qui n'est pas sans incidence sur la construction de sa propre identitĂ©. Benveniste, par exemple, insiste sur le fait que le sujet ne prĂ©existe pas aux actes d'Ă©nonciation mais est au contraire instituĂ© par eux. La personnalitĂ©, la subjectivitĂ© au sens psychologique et moral se constitue Ă  l'intĂ©rieur du langage. Nous tenons que cette subjectivitĂ© » ...n'est que l'Ă©mergence dans l'ĂȘtre d'une propriĂ©tĂ© fondamentale du langage. Est ego » qui dit ego ». Nous trouvons lĂ , le fondement de la subjectivitĂ© » qui se dĂ©termine par le statut linguistique de la personne ». La conscience de soi n'est possible que si elle s'Ă©prouve par contraste. Je n'emploie je qu'en s'adressant Ă  quelqu'un qui dans son allocution sera un tu. C'est cette condition du dialogue qui est constitutive de la personne, car elle implique en rĂ©ciprocitĂ© que je deviens tu dans l'allocution de celui qui se dĂ©signe Ă  son tour par je » Emile Benveniste. ProblĂšme de linguistique gĂ©nĂ©rale. 1956. Autrui est aussi le mĂ©diateur entre soi et soi-mĂȘme parce que la prĂ©sence d'autrui donne une distance sur soi-mĂȘme sans laquelle la conscience reste engluĂ©e dans le vĂ©cu. Celle-ci ne peut dĂ©ployer ses ressources qu'en prenant sur elle-mĂȘme le point de vue de l'extĂ©rioritĂ©. Or par sa fonction objectivante le regard de l'autre assigne Ă  un tel regard sur soi-mĂȘme. D'oĂč l'expĂ©rience rĂ©currente de la honte. Dans certaines situations on se serait bien passĂ© de se voir comme une conscience peut se voir ! VoilĂ  pourquoi Sartre affirme que la honte dans sa structure premiĂšre est honte devant quelqu'un » et que Pour obtenir une vĂ©ritĂ© quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre. L'autre est indispensable Ă  mon existence, aussi bien d'ailleurs qu'Ă  la connaissance que j'ai de moi-mĂȘme.» Sartre. Il ne s'ensuit pas que la conscience personnelle soit sous la totale dĂ©pendance de l'autre, par oĂč il faudrait parler d'aliĂ©nation Cf. L'enfer c'est les autres » mais que pour rompre l'intimitĂ© de soi avec soi et dĂ©velopper ses capacitĂ©s personnelles de jugement, la prĂ©sence d'autrui est nĂ©cessaire. Elle l'est aussi parce que le jugement doit obĂ©ir Ă  une norme de vĂ©ritĂ© et d'objectivitĂ©. Or comment cette exigence pourrait-elle se faire jour si l'on ne frottait pas sa cervelle Ă  celle d'autrui ? Seul le dialogue avec l'autre permet de prendre la mesure de l'Ă©troitesse d'un point de vue reçu sans examen. Seul l'effort de penser en se mettant Ă  la place de tout autre » Kant, peut Ă©largir la pensĂ©e Ă  la dimension de l'universel, ce qui est l'enjeu de l'activitĂ© pensante. Le rapport dialogique dramatise l'essence mĂȘme de la pensĂ©e et tout se passe comme s'il Ă©tait la condition de possibilitĂ© de la pensĂ©e vĂ©ritable au sens oĂč elle est le dialogue de l'Ăąme avec elle-mĂȘme » Platon. Il s'ensuit que si l'impĂ©ratif delphique Connais-toi toi-mĂȘme » invite Ă  la connaissance de l'universel en soi la raison, seule la raison de l'autre peut ĂȘtre le miroir de la sienne. C'est ce qu'explique Platon dans Alcibiade, en comparant l'intellection Ă  la vision. L'Ɠil sert Ă  voir mais il ne peut se voir lui-mĂȘme qu'en se rĂ©flĂ©chissant dans la pupille d'un autre Ɠil. Ainsi en est-il de la raison humaine. Elle sert Ă  connaĂźtre mais pour se connaĂźtre elle-mĂȘme, elle a besoin du miroir de la raison de l'autre. Dans l'Ă©change dialogique chacun dĂ©couvre que la mesure du vrai n'est ni l'un ni l'autre mais une facultĂ© commune, celle Ă  laquelle il faut s'Ă©lever pour accomplir son humanitĂ©. Cf. Texte. Enfin si par soi-mĂȘme on entend le sujet affectif, sensible, il va de soi que son rapport Ă  lui-mĂȘme est par dĂ©finition tributaire de son rapport aux autres. Freud a montrĂ© que la personnalitĂ© psychique se construit dans une histoire infantile dans laquelle les relations affectives sont dĂ©terminantes. Chacun intĂ©riorise consciemment ou inconsciemment l'image que les autres lui renvoient, chacun rĂ©pond aux demandes adressĂ©es par les autres et s'il arrive que ce soit pour le meilleur, c'est aussi souvent pour le pire. Le regard, les jugements des autres ne sont pas inoffensifs. Ils induisent des effets rĂ©els dans la conscience qu'un sujet prend de lui-mĂȘme. III DĂ©passement. La subjectivitĂ© est toute pĂ©nĂ©trĂ©e d'intersubjectivitĂ©, soit. Cela ne signifie pas qu'une intĂ©rioritĂ© puisse mieux se saisir que dans un mouvement rĂ©flexif. Or la rĂ©flexion est par dĂ©finition une opĂ©ration ne mettant en jeu qu'un sujet essayant de clarifier sa prĂ©sence Ă  lui-mĂȘme. Par exemple, mĂȘme s'il est vrai qu'une identitĂ© ne prend conscience de sa singularitĂ© que par la mĂ©diation d'une altĂ©ritĂ©, ce ressaisissement de soi-mĂȘme ne s'effectue que dans la solitude d'un effort personnel. Par exemple encore, j'ai dĂ©veloppĂ© mes ressources en pensĂ©e par la frĂ©quentation des grands penseurs mais c'est solitairement que je peux prendre conscience de ce que penser veut dire et surtout de ce que la pensĂ©e m'assigne comme essence » Hegel. J'ai pris conscience d'ĂȘtre une libertĂ© dans la confrontation parfois violente avec d'autres libertĂ©s mais cette prise de conscience, nul ne peut l'opĂ©rer Ă  ma place. J'ai eu besoin du regard des autres, de la prĂ©sence d'autres consciences en dehors de moi pour prendre de la distance avec moi et devenir capable de me juger comme une autre conscience peut le faire. Mais si la prĂ©sence de l'autre est un catalyseur, elle ne saurait me dispenser de juger par moi-mĂȘme. Et l'on sait combien les passions oeuvrant dans les rapports humains sont de puissants motifs d'aveuglement. Notre propre intĂ©rĂȘt, disait Pascal, est un merveilleux instrument pour nous crever les yeux agrĂ©ablement ». La solitude dĂ©livre du dĂ©sir de paraĂźtre, de jouer des rĂŽles convenus, de s'abandonner aux facilitĂ©s de la mauvaise foi ou de l'amour propre. On s'avoue dans le face Ă  face solitaire avec soi ce que l'on n'avoue que rarement aux autres. La solitude est nĂ©cessaire Ă  une certaine sincĂ©ritĂ© il faut relativiser car il n'est pas rare que les hommes se mentent Ă  eux-mĂȘmes, mĂȘme dans la solitude et mĂȘme s'ils ne sont pas tout Ă  fait dupes de leurs mensonges, mais si elle est une condition propice, elle ne saurait se passer du commerce avec les autres car sa fĂ©conditĂ© tient au fait qu'elle est ressaisissement de ce qui s'est construit et approfondi dans une expĂ©rience intersubjective. Conclusion Seul peut prendre conscience de soi celui qui est advenu Ă  la conscience et Ă  la capacitĂ© de synthĂ©tiser la multiplicitĂ© et la diversitĂ© de ses Ă©tats dans l'unitĂ© et l'identitĂ© d'un Je. L'ĂȘtre coupĂ© de tout rapport humain est inapte Ă  ces opĂ©rations. Il est condamnĂ© par l'isolement Ă  l'hĂ©bĂ©tude d'une condition sauvage. Le sauvage est un animal stupide et bornĂ© » disait Rousseau. Reste que si l'intersubjectivitĂ© est une condition de la subjectivitĂ©, celle-ci ne s'Ă©claircit jamais mieux que dans la solitude d'un effort personnel. Solitude si peuplĂ©e de la prĂ©sence des autres que le champion du solipsisme lui-mĂȘme, atteste de l'ĂȘtre relationnel de l'homme. Descartes n'est pas seul. Il a besoin du dieu trompeur pour s'assurer de lui-mĂȘme et si la certitude de Dieu est quasi contemporaine de la certitude de lui-mĂȘme, c'est que Dieu est peut-ĂȘtre l'autre absolutisĂ©. Partager MarqueursaltĂ©ritĂ©, autrui, conscience, identitĂ©, intersubjectivitĂ©, langage, pensĂ©e, solipsisme, solitude, subjectivitĂ©

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